Françoise se tenait sur la ligne de fond du court de tennis couvert; elle se sentait malheureuse. Elle ne jouait pas bien. Elle n'appréciait guère la façon de jouer de son adversaire: celle-ci gagnait avec des balles courtes sournoises et des amortis impossibles à reprendre.
Le ressentiment s'installait peu à peu. Françoise regrettait l'amie avec laquelle elle jouait d'habitude. « Nous faisons toujours des parties sympas, bougonnait Françoise en elle-même, jamais de coups tordus. » Sa partenaire d'aujourd'hui avait accepté de remplacer cette amie au dernier moment; Françoise et elle ne s'étaient jamais rencontrées auparavant.
C'était à Françoise de servir; elle tenta un smash et se tordit le bras. « Il ne manquait plus que ça », se dit-elle en grimaçant de douleur.