En étudiant la Science Chrétienne et en la mettant en pratique, nous constatons qu’en accordant la priorité à notre amour pour l’Amour divin, Dieu, nous exprimons les richesses spirituelles des qualités chrétiennes. Nous sommes notamment animés d’une plus grande tendresse que nous apportons comme un cadeau dans toutes nos relations : avec nos amis, avec les membres de l’église, notre famille, ou même ceux en qui nous voyons des ennemis et que nous nous efforçons d’aimer, comme Jésus nous l’a enseigné.
Exprimer la tendresse c’est aussi un cadeau que l’on s’offre à soi-même. Décrivant les fruits d’une pensée spiritualisée par la Science Chrétienne, Mary Baker Eddy écrit : « Un peu plus de grâce, un mobile purifié, quelques vérités tendrement énoncées, un cœur adouci, un caractère maîtrisé, une vie consacrée rétabliraient l’action normale du mécanisme mental, et rendraient manifeste le mouvement du corps et de l’âme en harmonie avec Dieu. » (Ecrits divers 1883–1896, p. 354)
Etre « en harmonie avec Dieu », c’est l’être avec notre Père-Mère, qui est toute harmonie, toute joie et tout amour, sans être séparé ni du pouvoir souverain du Principe ni de la compassion et de l’affection curatives de l’Amour. Oui, Dieu est tout-puissant. Cependant, les Ecritures font souvent référence à la tendresse de Dieu. Par exemple, les Psaumes louent la compassion de Dieu (voir psaumes 116:5). Et dans son ouvrage principal sur la Science Chrétienne, Science et Santé avec la Clef des Ecritures, Mary Baker Eddy met en évidence le lien existant entre ces deux belles qualités : « La tendresse accompagne toute la puissance accordée par l’Esprit. » (p. 514)
Le mot « toute », dans cette dernière phrase, nous indique que la tendresse et l’autorité sont éternellement présentes en Dieu. Ce fait est illustré par la vie et l’œuvre de Jésus, lui qui était la plus haute expression humaine de la nature spirituelle et infinie de Dieu. Dans une situation tendue où les scribes et les pharisiens le pressaient de questions pour savoir s’il approuverait la lapidation d’une femme accusée d’avoir eu un comportement immoral, la sainteté que Jésus exprimait si puissamment a écarté les accusateurs moralisateurs tout en réconfortant tendrement la femme à qui il indiqua une meilleure voie (voir Jean 8:1-11).
Jésus nous montrait ce pouvoir de guérison plein d’amour et revêtu d’autorité, qui est inné en chacun de nous. Lorsque les cœurs sont touchés par l’autorité divine du Christ, la vraie idée de Dieu et de notre identité en tant que Son reflet, alors chacun ressent la tendresse de l’amour que Dieu nous porte. On en a un aperçu dans une guérison que Mary Baker Eddy a eue quand elle était toute jeune après avoir été atteinte d’une forte fièvre causée en réaction à la doctrine calviniste qui la troublait profondément, doctrine selon laquelle seuls quelques élus seraient sauvés et tous les autres voués à la damnation des pécheurs.
Au cours de cet épisode, les tendres encouragements spirituels de sa mère avaient eu un effet transformateur. Mary Baker Eddy écrit : « Ma mère, pendant qu’elle baignait mes tempes brûlantes, me conseilla de m’appuyer sur l’amour de Dieu, ce qui me donnerait le repos, si j’allais à Lui en prière, comme j’avais l’habitude de le faire, cherchant à être guidée par Lui. Je priai ; et la douce lueur d’une joie ineffable m’envahit. La fièvre m’avait quittée, je me levai et m’habillai dans un état de santé normal. [...] Le médecin en fut émerveillé ; et “l’horrible décret” de la prédestination – ainsi que Jean Calvin appelait avec raison son propre dogme – perdit pour toujours son empire sur moi. » (Rétrospection et introspection, p. 13–14)
A la lumière de cette expérience, dans laquelle l’amour d’une mère inspira un changement de pensée qui apporta la guérison au corps, nous pouvons voir que la pureté et la tendresse de l’Amour, Dieu, ne sont pas une faiblesse, mais un pouvoir. L’Amour divin, vécu et exprimé, révèle l’autorité de la Vérité divine, Dieu, sur tout ce qui semble contredire l’Amour. L’expression de ce pouvoir de guérison peut parfois manquer de tendresse à la pensée qui s’accroche fermement à une erreur réprouvée par le Christ. Mais le renoncement final à cette erreur met en lumière le tendre mobile à la base de la ferme réprimande.
Dans un grand nombre de cultures et de confessions religieuses, on attribue la force aux hommes, et la tendresse aux femmes. Pourtant, en tant que l’image spirituelle de Dieu, nous possédons tous ces deux qualités. Ainsi, tout homme, comme chaque femme, reflète le « patient, tendre et vrai, “le Tout-aimable” » (Science et Santé, p. 3). Et toute femme, comme chaque homme, « manifeste les attributs et la puissance de Dieu, de même que l’image humaine projetée sur le miroir reproduit la couleur, la forme et l’action de la personne devant le miroir » (Science et Santé, p. 300-301).
Pour accepter tous les bienfaits qui découlent de notre identité en tant que l’image de Dieu et pour agir en conséquence, ce conseil de la Bible est utile : « Prenez-nous les renards, les petits renards qui ravagent les vignes. » (Cantique des Cantiques 2:15) Les « petits renards » désignent toute attitude immodérée comme par exemple, la timidité ou l’arrogance, une compassion excessive ou une froide indifférence. Tout ce qui délaisse la tendresse ou la force de Dieu, l’Amour, détourne nos pensées de notre vraie nature en tant qu’expression spirituelle de Dieu et masque les bienfaits que nous recevons en tant que Son véritable reflet, et que les autres reçoivent aussi.
De tels détours de la pensée et du comportement disparaissent lorsque nous écoutons et suivons le Christ, qui nous communique le message de Dieu selon lequel chacun de nous reflète toutes Ses qualités sacrées, curatives et aimantes, qui constituent notre identité spirituelle, unie à Dieu. Ainsi, lorsque nous voyons un pouvoir sans tendresse, nous pouvons rejeter et, dans la prière, nier cette perception non spirituelle, en reconnaissant son irréalité. Avec l’autorité du Christ, la Vérité, nous pouvons affirmer que le pouvoir et la tendresse du Dieu tout-puissant sont tous deux présents, et s’incluent mutuellement. Et si nous voyons une manifestation de tendresse se heurter à l’agressivité, nous pouvons nous élever dans la force de l’Esprit pour affirmer qu’il est impossible que les attributs de Dieu soient en concurrence les uns avec les autres mais qu’ils se complètent mutuellement. Si la tendresse accompagne toute la puissance de l’Esprit, alors la puissance de l’Esprit accompagne et soutient forcément toute manifestation spirituelle de tendresse.
La tendresse et la puissance du Christ sont aujourd’hui plus que jamais nécessaires pour rétablir l’harmonie dans les relations individuelles et internationales. Partout où des personnes se heurtent à des difficultés, tant personnelles qu’à une échelle collective, et qu’il ne semble pas y avoir de porte de sortie, il est possible d’offrir le repos et la résolution de ces difficultés en manifestant la puissante tendresse et la tendre puissance de l’autorité aimante de Dieu.
Tony Lobl
Rédacteur en chef adjoint
