La tradition judéo-chrétienne débute dans le beau récit de la création spirituelle que l’on trouve dans le premier chapitre de la Genèse. Selon cette narration, Dieu, Elohim, « le Tout-puissant », crée l’homme (l’homme et la femme) à l’image et à la ressemblance divines. Tout ce que Dieu a créé est parfait (voir Deutéronome 32:4). Puis Dieu bénit Sa création, donnant à l’homme la domination sur toute Son œuvre.
Le début du deuxième chapitre de la Genèse nous apporte la confirmation que la création de Dieu est achevée. Pourtant, cette conclusion est contredite, quelques versets plus loin, lorsque le chapitre aborde l’histoire d’Adam et Eve. Cette allégorie présente une création matérielle – imparfaite, répréhensible et maudite – façonnée par un Dieu semblable à un être humain nommé Jéhovah. Selon ce récit, l’homme serait doté d’un esprit et d’une volonté qui lui seraient propres.
Les religions ont longtemps cherché à concilier ces deux récits, faisant de Dieu l’auteur d’une création à la fois parfaite et imparfaite. Mais c’est impossible car ces deux exposés sont diamétralement opposés ! Comment Dieu, l’Esprit, omnipotent et omniscient, qui ne crée que ce qui est bon et dont « les yeux sont trop purs pour voir le mal » (Habacuc 1:13), pourrait-Il engendrer une race pécheresse et perdre Son empire sur Sa création ? Tenter de concilier le bien et le mal, c’est comme vouloir réunir les ténèbres et la lumière. Alors pourquoi inclure dans la Bible deux récits contradictoires, dont l’un n’est qu’une allégorie ?
Depuis des siècles, les fables, les contes de fées et les allégories nous apprennent à faire la distinction entre la vérité et l’erreur, le bien et le mal, le bon et le mauvais. Dans de nombreuses fables avec une morale, un serpent doué de parole incarne le mal, et ses arguments sont des mensonges si subtils qu’il séduit les humains en leur faisant croire que le mal pourrait être bon. Les méthodes du serpent hypnotisent les humains et les plongent dans le sommeil, l’apathie, la tolérance du mal, ou bien les terrorise jusqu’à les contraindre à se soumettre à ses insinuations. Les chapitres 2 et 3 de la Genèse illustrent à la perfection une telle leçon de morale.
Ce récit commence par une vapeur qui recouvre tout, puis l’homme est créé à partir de la poussière, et la femme par une opération chirurgicale. La vapeur est un phénomène qui atténue, assombrit et obscurcit la vue. Une vue matérielle de la création repose sur les cinq sens physiques, lesquels sont si facilement sujets à la manipulation mentale. « L’entendement mortel voit ce qu’il croit aussi certainement qu’il croit ce qu’il voit. Il ressent, entend et voit ses propres pensées. » écrit Mary Baker Eddy, la découvreuse de la Science Chrétienne (Science et Santé avec la Clef des Ecritures, p. 86).
L’Eternel Dieu dit à Adam qu’il peut manger le fruit de tous les arbres du jardin, à l’exception de celui de « l’arbre de la connaissance du bien et du mal » (Genèse 2:17). Newton stipule dans sa troisième loi du mouvement que toute action dans la nature entraîne une réaction égale et opposée. Le raisonnement fallacieux selon lequel la connaissance du mal est aussi réelle que celle du bien conduit à croire à la fois à la santé et à la maladie, au plaisir et à la douleur, à la vie et à la mort, et à l’hypothèse selon laquelle la vie pourrait présenter des dysfonctionnements, se détériorer ou être détruite. Cela enfreint le Premier Commandement, qui proclame l’existence d’un seul Dieu, l’Esprit, l’unique pouvoir, le seul créateur, entièrement bon.
Le troisième chapitre de la Genèse développe la morale de cette allégorie. Il commence par un serpent qui parle !
Le serpent représente à la fois les sens corporels et le sens personnel, qui véhiculent la crainte du mal, le culte de la matière et l’adoration de soi. Ce récit des ruses du serpent montre comment un raisonnement matériel peut nous détourner du chemin droit et resserré désigné par Christ Jésus comme le seul menant à la vie (voir Matthieu 7:14). Examinons plus précisément les arguments qui pourraient nous induire en erreur si nous les écoutions.
Premièrement, le serpent remet en cause la Parole ou loi de Dieu : « Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? » (Genèse 3:1). On ne devrait jamais douter de Dieu ni de Sa loi. « L’Entendement infini et omnipotent fit tout et embrasse tout. Cet Entendement ne commet pas d’erreurs et n’a donc pas à les corriger ensuite. » (Science et Santé, p. 206) Nous pouvons avoir confiance en Sa sagesse et tout simplement obéir. Parce que nous sommes les reflets de Dieu, nous obéissons en toute conscience ; parce que nous comprenons, nous savons pourquoi nous n’avons pas besoin de douter. Quand on sait que Dieu est vraiment l’unique Entendement, on comprend combien il est absurde de Le questionner, de Lui donner des conseils ou de tenter de Le remettre en question.
Deuxièmement, le serpent déforme délibérément l’ordre donné par Dieu : « Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? » Dieu avait en effet averti : « Tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Genèse 2:17)
A moins d’entendre le message précis de Dieu, et non une version dénaturée, nous n’écoutons pas la vérité. Dans le Sermon sur la montagne Jésus enseigna : « Tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. » (Matthieu 5:18)
Troisièmement, le serpent nie catégoriquement la parole de Dieu en disant : « Vous ne mourrez point. » (Genèse 3:4) C’est une contradiction criante. La Vérité a condamné à la mort et à la destruction tout péché, toute croyance au mal ou à un pouvoir en dehors de Dieu, ainsi que le culte de soi, car il s’agit d’un mensonge au sujet de la création de Dieu. Cette condamnation du péché ne constitue pas une attaque contre des personnes, car, en réalité, nous sommes tous les enfants de Dieu. Mais c’est dans la nature même de la lumière de dissiper les ténèbres. Cependant, tous ceux qui s’attachent à ces fausses croyances seront hypnotisés au point de penser qu’ils risquent de souffrir ou de mourir, alors que le royaume de Dieu ne comprend ni douleur, ni maladie, ni mort.
Enfin, la logique du serpent pervertit et détourne le message divin au point de devenir l’antithèse même de ce que Dieu a réellement dit, en affirmant ceci : « Dieu sait que, le jour où vous ... mangerez [le fruit défendu], vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » (Genèse 3:5) Les sens corporels et le raisonnement humain attribuent à Dieu le mensonge selon lequel la connaissance à la fois du bien et du mal, de l’Esprit et de la matière, ferait de nous « des dieux », violant ainsi Sa propre loi !
Science et Santé apporte cette explication : « Ce mythe représente l’erreur affirmant toujours sa supériorité sur la vérité, donnant le démenti à la Science divine, et disant par l’intermédiaire des sens matériels : “Je puis vous ouvrir les yeux. Je puis faire ce que Dieu n’a pas fait pour vous. Prosternez-vous devant moi et ayez un autre dieu. Admettez seulement que je suis réel, que le péché et les sens sont plus agréables à la vue que la Vie spirituelle, plus désirables que la Vérité, et je vous connaîtrai, et vous m’appartiendrez.” Ainsi l’Esprit et la chair se font la guerre. » (p. 530)
« Le mal affirme toujours qu’il est entendement et déclare qu’il y a plus d’une intelligence ou Dieu. » (ibid, p. 307)
Au lieu d’ouvrir les yeux à la nature divine de l’homme, Adam et Eve se voient nus, honteux et maudits. Pourtant, comme il est dit dans le premier chapitre de la Genèse (verset 28), Dieu a béni l’homme, lui donnant la capacité de prospérer, de se multiplier c'est-à-dire de manifester Son pouvoir.
En conclusion de cette allégorie, le serpent, ainsi que ses serviteurs, sens personnel, arrogance et propre justification, est maudit et condamné à manger la poussière tous les jours de sa vie (voir Genèse 3:14).
Que nous enseigne cette histoire ?
Quand on écoute les suggestions « du serpent » selon lesquelles nous possédons un entendement personnel et le droit de choisir nous-mêmes ce que nous croyons, sans tenir compte de la loi et des directives de Dieu, nous finissons par prendre de mauvaises décisions. On croit alors être à la merci du hasard, de la corruption, de la malhonnêteté et de la maladie, et on est tenté de rejeter sur les autres la responsabilité de ses souffrances. Cependant, la Bible nous rappelle ceci : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Eternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. » (Esaïe 55:8, 9)
Il y a bien des années, j’étais déterminée à servir Dieu et je priais pour me consacrer à plein temps à la pratique de la guérison spirituelle. C’est à ce moment-là que le serpent – la pensée du monde et l’hostilité à l’égard de la spiritualité – a semblé particulièrement agressif et subtil dans ses attaques dans mes pensées.
A cette époque, je priais aussi pour un projet qui, à mes yeux, serait d’un grand soutien dans mon ministère de guérison. Mais Dieu m’a parlé avec une grande force : « Arrête ! Ce n’est pas le bon chemin, même si tu ne comprends pas encore pourquoi. Fais-Moi confiance ! »
J’ai réagi en tentant d’amener Dieu à mon point de vue, arguant que, puisque je m’engageais dans le ministère de guérison, je serais capable de corriger toute attitude ou tout comportement incorrect. Mais Dieu ne me demandait pas mon avis. Il me demandait de m’arrêter, de L’écouter et de Lui obéir. Ce n’était pas Son dessein me concernant, et, de toute façon, je n’étais pas prête à faire face à ces difficultés.
Mais je me suis obstinée à suivre ma volonté tout en priant pour que Dieu me guide. Quelle ironie d’avoir cru pouvoir choisir une voie contraire à la volonté divine, puis de prier pour surmonter les problèmes qui en résultaient ! Tout à coup, je me suis retrouvée prise au piège dans une situation infernale.
Il est merveilleux de voir que l’Amour divin est toujours présent pour venir à notre secours et nous purifier lorsque nous sommes prêts à admettre que nous avons été trompés par le serpent et que nous sommes prêts à nous repentir. J’ai été délivrée de cette situation cauchemardesque et j’ai même eu des guérisons merveilleuses au cours de ce cheminement. Mais si c’était à refaire, je choisirais sans hésiter de suivre le chemin que Dieu m’indique.
Les suggestions insidieuses du serpent, ce sens corporel ou personnel, tentent de nous tromper en faisant appel à l’orgueil, à la propre justification ou à la volonté personnelle. Mais quand nous aimerons Dieu plus que nous-mêmes, nous réaliserons que ces pensées ne sont pas les nôtres et qu’elles n’ont pas le pouvoir de nous influencer ou de nous dominer. Les livres de la loi de Dieu, que sont la Bible et Science et Santé, nous apprennent à faire la distinction entre un sens personnel du bien et la volonté divine. L’humble obéissance à l’Entendement divin s’avère être une protection complète pour éviter d’être trompé. Nous découvrons alors la joie, la paix et la satisfaction inégalées que procure l’obéissance à Dieu seul.
