Le Héraut, et ses publications sœurs, The Christian Science Journal et le Christian Science Sentinel, contiennent des articles comme celui-ci, écrits spécialement pour corriger des idées fausses au sujet de la Science Chrétienne, qui nous empêcheraient d’obtenir les résultats que nous désirons en tant que praticiens de la guérison spirituelle.
Au début de mon étude de la Science Chrétienne, j’ai appelé un praticien de la Science Chrétienne pour un traitement métaphysique à propos d’un problème physique. Le lendemain, certains symptômes s'étaient quelque peu atténués. J’ai appelé le praticien pour lui faire part de la bonne nouvelle, mais il m’a répondu qu’il ne fallait jamais baser nos conclusions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, sur une évidence matérielle.
J’ai été très surprise, car avant de devenir scientiste chrétienne, je m’en remettais à la médecine matérielle et j’avais donc l’habitude de prêter attention aux manifestations physiques d’un problème. Or, l’atténuation des symptômes de la maladie me redonnait de l’espoir et m’encourageait. Mais, en réfléchissant à ce que le praticien m’avait dit, je me suis aperçue que je me fiais à mes sensations physiques pour déterminer comment je me sentais. Autrement dit, j’évaluais ma santé, mon bien-être, ma sécurité et mon bonheur en fonction des informations fournies par les cinq sens.
Agir ainsi n’est pas étonnant ! On croit généralement que pour être en bonne santé et ressentir un certain bien-être, il faut se concentrer sur son corps. Prêter une attention particulière aux évidences matérielles est considéré comme essentiel pour rester en bonne santé et en sécurité. Il me semblait donc difficile, à l’époque, et même radical, de ne pas avoir de marqueur physique permettant de savoir si mon état s’aggravait ou s’améliorait.
En même temps, une part de moi se rebellait contre la croyance que l’identité soit définie par la matière, et que celle-ci détermine nos chances de vivre en bonne santé et en sécurité. La notion que chacun de nous soit purement biologique ne rend absolument pas compte des intuitions les plus profondes de l’humanité, selon lesquelles notre existence dépasse de loin la définition physiologique de nous-mêmes.
Christ Jésus n’était certainement pas influencé par l’évidence matérielle. Par exemple, on lit dans la Bible qu’un lépreux vint à lui, et « se jetant à genoux, il lui dit d’un ton suppliant : Si tu le veux, tu peux me rendre pur. Jésus, ému de compassion, étendit la main, le toucha, et dit : Je le veux, sois pur. Aussitôt la lèpre le quitta, et il fut purifié. » (Marc 1:40-42)
Le fait qu’il ait tendu la main et touché le lépreux montre que Jésus a totalement ignoré les convictions culturelles de l’époque selon lesquelles cet homme était impur sur le plan religieux. Comment Jésus pouvait-il agir ainsi en défiant les normes en vigueur à son époque ? Mary Baker Eddy, la fondatrice de la Science Chrétienne, explique : « C’est le caractère naturel parfait de la Vérité dans l’entendement de Jésus qui rendait ses guérisons faciles et instantanées. Jésus considérait le bien comme l’état normal de l’homme, et le mal comme l’état anormal ; la sainteté, la vie et la santé comme meilleurs représentants de Dieu que le péché, la maladie et la mort. Le maître Métaphysicien comprenait que l’omnipotence est Tout pouvoir ; parce que l’Esprit était pour lui Tout-en-tout, la matière était manifestement une erreur de prémisse et de conclusion, alors que Dieu était la seule substance, la seule Vie et la seule intelligence de l’homme. » (Ecrits divers 1883-1896, p. 200)
Dans ma propre expérience, mon hésitation initiale à renoncer à la confiance que j’avais dans l’évidence matérielle a été progressivement surmontée en plaçant davantage ma confiance en l’Esprit, Dieu, plutôt qu’en la matière. Je ne me sentais toujours pas complètement rétablie et je peinais à répondre aux besoins d’une famille active. Un jour, alors que je faisais le ménage et que je souhaitais vraiment me sentir mieux, ces mots me sont venus à l’esprit : « Si tu acceptais simplement tout ce que tu as lu, tu te sentirais mieux. » J’avais lu et étudié la Bible et les écrits de Mary Baker Eddy. Pourquoi ne pas accepter les vérités que j’avais lues et apprises ? J’ai décidé de mettre de côté mes craintes et j’ai continué à faire le ménage le cœur inspiré par cette idée. Une fois le ménage terminé, la maladie s’est rapidement dissipée et n’est pas revenue.
Ne plus considérer l’évidence matérielle comme un facteur dans la guérison favorise la croissance spirituelle, c’est-à-dire rééduquer la pensée concernant les réalités spirituelles de l’être. Cette rééducation est nécessaire car le concept courant selon lequel l’évidence matérielle est un facteur déterminant de la santé semble prévaloir. Pourtant le fait qu’un faux concept soit répandu ne suffit pas à faire de ce concept une vérité.
Si nous n’étions réellement que des êtres physiques, il n’y aurait aucune exception à l’action des prétendues lois matérielles. Mais il existe effectivement des exceptions. Il arrive que des personnes obtiennent des guérisons qui ne relèvent pas des normes habituelles. La Bible en regorge. Les périodiques de la Science Chrétienne contiennent plus d’un siècle de récits de telles guérisons. Partout dans le monde, dans toutes sortes de circonstances, des personnes passent de la maladie à la santé d’une manière inexplicable du point de vue matériel.
Quelques années après la guérison décrite ci-dessus, j’ai vécu une expérience qui confirme que nous pouvons sortir des ténèbres où nous dépendons des évidences matérielles, pour accéder à la lumière de la compréhension spirituelle que nous sommes les enfants bien-aimés et protégés de Dieu. Mon mari, mon jeune fils et moi faisions un voyage, très attendu, dans une grande ville que nous avions prévu d’explorer de part en part. Nous sommes arrivés le matin et nous avons passé une agréable journée à flâner dans les rues. Le soir, cependant, j’ai remarqué que les nouvelles chaussures que j’avais achetées m’avaient écorché le petit orteil. Je l’ai bandé pour pouvoir porter confortablement mes chaussures. Mais le lendemain soir, la douleur était si vive que je n’ai même pas pu conduire sur le chemin du retour.
En me préparant à me coucher ce soir-là, j’ai remarqué des symptômes d’une infection sur mon pied. Mais j’étais si profondément inspirée par ce que j’apprenais sur Dieu et sur ma nature à Son image et à Sa ressemblance que je n’étais absolument pas inquiète. Je ne me concentrais pas sur l’évidence physique. Le lendemain matin, mon pied était parfaitement normal. Tous les symptômes de la veille avaient complètement disparu.
Dans son ouvrage Science et Santé avec la Clef des Ecritures, Mary Baker Eddy explique : « L’homme se rend maître de la matière dans la mesure où celle-ci perd pour le sens humain toute entité en tant qu’homme. Il pénètre dans un sens plus divin des faits et comprend la théologie de Jésus telle qu’il l’a démontrée en guérissant les malades, en ressuscitant les morts et en marchant sur les flots. Toutes ces œuvres manifestaient l’empire de Jésus sur la croyance que la matière est substance, qu’elle peut être l’arbitre de la vie ou construire une forme d’existence quelconque. » (p. 369)
Ce qui est perçu par les cinq sens physiques ne peut jamais modifier ou détruire ce que Dieu a créé. En travaillant à détruire notre confiance dans l’évidence matérielle, nous verrons plus clairement cette vérité et nous vivrons dans la santé et l’harmonie que Dieu a établies et qu’Il préserve.
