Dans le monde actuel, l’une des plus grandes preuves de force c’est être calme. Il est bien trop facile de s’emporter dès que l’on entend parler d’une chose déplaisante et provoquante. Choisir au contraire la paix et la sérénité fondées sur la conscience de la présence de Dieu maintenant même a un effet guérisseur.
Irritation sourde ou éclat bref et violent, la colère ralentit sensiblement les progrès et la réconciliation. Serrer les dents et compter mentalement jusqu’à dix c’est mieux que rien, mais cela a peu de chances d’instaurer la paix véritable dont on a tellement besoin. Il est de beaucoup préférable et bien plus efficace de demeurer pleinement conscient de l’autorité et de la bonté de Dieu.
La qualité de nos pensées a toujours son importance. Quand j’étais enfant, mon père m’a appris à faire un feu de camp. Après avoir construit un petit foyer avec des pierres, il nous fallait ensuite choisir des brindilles et du petit bois très secs. Nous utilisions des feuilles mortes, des lambeaux d’écorce de bouleau et de l’herbe sèche pour enflammer les brindilles. Une fois allumé, le feu avalait de plus gros morceaux de bois jusqu’à ce que les flammes se mettent à danser pour de bon.
Au cours de la journée, nos pensées ressemblent-elles parfois à ces herbes sèches, prêtes à s’embraser dès qu’elles entrent en contact avec la moindre étincelle provoquée par une offense ? Ou bien la qualité de nos pensées est-elle comparable à celle des pierres du foyer qui ne se consument pas et empêchent les flammes de se propager ?
« Faute de bois, le feu s’éteint ; et quand il n’y a pas de rapporteur, la querelle s’apaise », lit-on dans la Bible (Proverbes 26:20). En effet, lorsque l’on commence chaque journée sans emporter avec soi le « bois » représentant une sensibilité prête à s’enflammer, mais qu’on laisse ses pensées venir du Roc, ou Dieu, qui nous entoure, on ressent l’autorité et la maturité qui viennent de Dieu. Dans Science et Santé avec la Clef des Ecritures, Mary Baker Eddy, la Découvreuse et Fondatrice de la Science Chrétienne, définit le « roc » d’un point de vue métaphysique en écrivant notamment qu’il est « fondement spirituel ; Vérité » (p. 593).
Il est alors de plus en plus naturel de s’appuyer sur le Roc de la Vérité et de parler et d’agir de manière à apporter aide et guérison.
C’est à la fois encourageant et réconfortant de voir que Christ Jésus se tenait mentalement sur le Roc, le fondement spirituel, c’est-à-dire Dieu, la Vérité divine, lorsqu’un puissant gouverneur romain (Ponce Pilate), qui servait sous le règne de l’empereur Tibère, le menaça injustement de mort. On perçoit la fidélité inébranlable de Jésus à la Vérité lorsqu’il lui répondit posément : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut. » (Jean 19:11) Et quelques jours plus tard, la résurrection de Jésus en fut la preuve.
A l’exemple de Jésus, il nous est possible de choisir d’être fidèle à ce même fondement spirituel en cultivant et en approfondissant notre compréhension de la totalité de Dieu. Nous serons alors prêts, quelles que soient les tentations, à ne pas nous laisser emporter face aux mensonges, aux insultes et aux offenses qui renvoient à la croyance opposée en une autre présence ou puissance. Nous reconnaîtrons que c’est la nature de Dieu qui mérite et exige notre attention, et non la fureur du monde.
La Bible dit à propos de Dieu : « A celui qui est ferme dans ses sentiments tu assures la paix, la paix, parce qu’il se confie en toi. » (Esaïe 26:3) Remarquez que nous n’avons en nous aucun petit bois sec prêt à s’enflammer lorsque nous ressentons la paix que procurent des pensées fermement orientées vers ce que Dieu fait et ce qu’Il est.
Il est important de savoir qu’il n’y a pas lieu de se décourager si l’on ressent malgré tout de l’irritation. On peut sur-le-champ prendre la résolution de renouveler et renforcer ses efforts. Chaque heure de la journée est un nouveau départ, et plus on met cela en pratique, plus il devient naturel de s’élever au-dessus de la colère, de se tenir calmement sur le Roc de la Vérité, et de parler et d’agir de manière à aider et à guérir autrui.
Plus qu’une simple discipline de pensée humaine, il s’agit là de répondre à la grâce qui provient du Christ, la Vérité. On constate ainsi que Dieu gouverne Sa création spirituelle, qui est la seule réalité. Quelle joie de recevoir le Christ et de se laisser toucher par le Christ, au lieu de se laisser emporter par l’intensité et le ressentiment aveuglants qui découlent d’une vision des choses propre au monde ! Mary Baker Eddy écrit : « A travers toutes les générations, tant avant qu’après l’ère chrétienne, le Christ, l’idée spirituelle – le reflet de Dieu – est venu avec quelque mesure de puissance et de grâce à tous ceux qui étaient prêts à recevoir le Christ, la Vérité. » (Science et Santé, p. 333)
Bien que l’humanité semble progresser vers le salut par à-coups, l’influence curative de Dieu transperce toujours l’arrogance et l’indifférence. Attendre que le genre humain trouve les solutions dont il a besoin, indépendamment de Dieu, peut générer des impatiences explosives. Mais l’injustice ne bénéficie d’aucun soutien divin, et la confiance sereine dans des progrès impulsés par Dieu est une prière qui finalement fait avancer les choses de façon plus harmonieuse. A l’instar de David, déclarons : « Oui, c’est en Dieu que mon âme se confie ; de lui vient mon salut. » (psaume 62:2)
Chaque fois que l’on choisit en priant de ressentir le calme puissant de la présence, de la bonté et de l’affection de Dieu, au lieu de se laisser emporter par le feu des pensées du monde, on accomplit quelque chose de merveilleux : on glorifie Dieu et on contribue au progrès humain de la manière la plus puissante qui soit.
Mark Swinney
Invité de la rédaction
