Christ Jésus évoqua un jour la nécessité de se rendre dans « les bourgades voisines ». Il était entré chez Simon et André, deux de ses disciples, et on lui avait dit que la belle-mère de Simon souffrait d’une forte fièvre. Jésus s’approcha d’elle, lui prit la main, la fit lever, et elle fut guérie (voir Marc 1:29-31). Sa démonstration du pouvoir et de l’amour de l’Esprit, Dieu, pour répondre à tous les besoins ne s’arrêta pas là. La compassion de Jésus était sans limite et désintéressée. Il était non seulement capable d’aider la belle-mère de Simon, mais également désireux d’aider ceux qui se trouvaient bien au-delà de son entourage. Plus tard, il leur dit : « Allons ailleurs, dans les bourgades voisines, afin que j’y prêche aussi ; car c’est pour cela que je suis sorti. » (Marc 1:38)
Les guérisons accomplies par Jésus, tant avant qu’après cette déclaration, constituaient aussi des enseignements, qui laissaient entendre plus largement que le christianisme n’est ni statique ni limité à un lieu précis. Il en va de même pour la pratique de la guérison et la réforme chrétiennes enseignées par Jésus, et que la Science Chrétienne explique plus en détail.
Si on se met à la place des premiers chrétiens, cette question mérite d’être posée : Quand on est témoin de manifestations remarquables du pouvoir de Dieu, s’engage-t-on volontiers dans une voie similaire, en étant au service du plus grand nombre ? Ou bien cède-t-on à la tentation de rester sur place, au lieu de sortir de son cadre familier et de s’aventurer dans d’autres localités, situations et expériences nouvelles ?
Selon l’exemple de Jésus, nos progrès spirituels impliquent que notre amour pour Dieu et pour nos semblables ne cesse de grandir. On apprend à mieux comprendre l’idée que chaque personne est l’enfant de Dieu, et ce que signifie être la ressemblance, l’expression, de l’Amour infini. On réfléchit davantage au sujet de l’Esprit infini et tout-aimant, la Vie divine, qui est la source de notre vie, de la vie de chacun. Comme les enseignements de la Science Chrétienne le mettent en lumière, l’Amour et la Vie sont infinis et synonymes.
Dans la vie de Jésus nous voyons ce dont l’homme est capable lorsque ses pensées et ses aspirations s’orientent vers l’Esprit et se développent. Avoir l’Entendement du Christ, c’est se détourner naturellement des limites de l’égocentrisme et de l’indifférence, pour chercher, avec sincérité et compassion, à comprendre les besoins d’autrui et à y répondre grâce à la prière. C’est se dépouiller du matérialisme, avec ses limites, ses souffrances et ses maux, et accepter le sens plus élevé et plus vrai de la vie et de la nature de l’homme comme étant entièrement spirituelles et bonnes.
En faisant cela, cette conscience spiritualisée devient pour nous plus naturelle et plus constante, et se manifeste par la capacité et le désir accrus d’aider et de guérir les autres. Mary Baker Eddy, la découvreuse de la Science Chrétienne, en a fait elle-même l’expérience, car son amour pour Dieu et son étude de la Bible lui ont permis de quitter une vie d’invalide pour mener une vie saine et active, accomplissant des guérisons et apprenant aux autres à guérir. Elle explique ceci dans le livre d’étude de la Science Chrétienne : « Il faut que les mortels gravitent vers Dieu, que leurs affections et leurs desseins se spiritualisent – il faut qu’ils abordent les interprétations plus larges de l’être et qu’ils gagnent un sens plus juste de l’infini – afin de se dépouiller du péché et de la mortalité. » (Science et Santé avec la Clef des Ecritures, p. 265)
L’une des « interprétations plus larges de l’être » mise en lumière par la Science Chrétienne, c’est la totalité de Dieu, de l’Amour. Comprendre cela c’est avoir le potentiel extraordinaire d’élargir sans les limiter, notre vie et notre capacité à apporter guérison et renouveau à une plus grande partie de l’humanité.
On constate alors combien il est naturel de se dépouiller des péchés que sont la volonté personnelle, la propre justification et l’indifférence. L’inertie et la tendance à éviter les interactions avec les autres tendent à étouffer la vie plutôt qu’à l’épanouir ; c’est pourquoi nous reconnaissons que la vigilance est nécessaire afin de résister à de telles tentations qui limiteraient, si on y cédait, le bien que l’on peut accomplir. Ces formes subtiles de résistance aux progrès spirituels n’ont rien à voir avec notre être véritable, alors que l’humilité, le désintéressement, l’affection, la bonté, la tendre attention accordée aux autres, et le fait de n’exclure personne expriment l’Amour, et démontrent de manière plus expansive notre véritable nature.
Jésus incita ses disciples à laisser briller leur lumière, au lieu de la cacher, déclarant à tous : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ; et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 5:14-16)
Jésus exemplifia ce que signifie être un avec la vie et l’amour présents dans l’Esprit qui n’a pas de limite. Sachant que Dieu est Amour, Jésus agit en partant de la base que notre nature et ce que nous manifestons, étant à la ressemblance de Dieu, consistent à aimer notre prochain sans réserve. Jésus savait que c’était là sa mission, et donc celle de ses disciples.
Aimer sans réserve, avoir le désir de comprendre, d’aider et de guérir nos semblables nous donne une perception du royaume des cieux dont Jésus dit qu’il est en nous. Et peu à peu nous voyons la présence de l’Amour ici même et partout, avec nous et les autres, d’un endroit à un autre.
Russ Gerber
Invité de la rédaction
