Ma femme et moi promenions notre chien dans le quartier, un endroit très fréquenté par ceux qui promènent leurs chiens. Nous le tenions toujours en laisse, et la plupart de nos voisins faisaient de même avec leurs chiens. Mais ce jour-là, une personne ne l’a pas fait.
Nous n’étions pas très loin de chez nous lorsque nous sommes passés devant une maison dont la porte d’entrée était ouverte. Au même moment, un gros chien, à peu près de la même taille que le nôtre, s’est précipité dehors en aboyant férocement et s’est dirigé droit vers notre chien. Et sans que ce dernier l’ait provoqué, l’autre chien l’a attaqué.
Quelques instants plus tard, une femme est sortie de la maison en appelant son chien, mais en vain. J’ai maintenu le nôtre aussi près que possible de moi, dans l’espoir que la dame parvienne à maîtriser le sien, mais elle n’était pas de taille face à lui, et ne semblait pas s’inquiéter de la situation. Alors que l’attaque se poursuivait, je ressentais le besoin de protéger notre chien et j’étais en colère. Je retenais notre chien du mieux que je pouvais afin de le protéger, tout en ressentant de la colère envers la voisine qui, au mépris des conséquences, ignorait la loi qui l’obligeait à tenir son animal en laisse. C’était le chien de son mari, a-t-elle dit, donc ce n’était pas sa faute.
Elle a fini par attraper son chien et l’a éloigné. J’ai réussi à maîtriser le nôtre et ma femme et moi avons repris le chemin vers la maison.
Sur le retour, je ne cessais de me demander comment je devais réagir. « Nous sommes dans notre bon droit, ai-je dit à ma femme. Nous avons respecté la loi. » Elle a examiné le chien pour voir s’il était blessé et, heureusement, n’a rien remarqué. Tout en marchant je me suis alors interrogé sur la suite à donner à cet incident. Je ne pouvais tout simplement pas ignorer ce qui s’était passé. Qu’était-il juste de faire ? Au moment où je me suis posé cette question, j’ai su que mes pensées s’orientaient vers la bonne direction. Il était clair que je devais faire la volonté de Dieu.
Lorsque nous sommes attentifs aux directives de Dieu, nous pouvons nous attendre à discerner les pensées que l’Entendement divin transmet à chacun afin qu’il en découle les plus grands bienfaits possibles, puisque Dieu est Amour. Sa volonté est assurément bonne, puisqu’Il est totalement bon. Lorsque nous sommes humbles et que sommes disposés à faire confiance aux directives infaillibles de l’Entendement, nous serons réceptifs aux mobiles, aux pensées et aux actions justes qui procèdent du fait que Dieu gouverne harmonieusement Sa création. Pour déterminer la bonne marche à suivre ou savoir s’il faut changer de cap, nous pouvons faire confiance à l’Entendement pour nous guider sur la bonne voie et nous donner le désir de faire tous les ajustements nécessaires.
Je me suis alors souvenu de cette strophe tirée du poème intitulé « Amour » de Mary Baker Eddy, qui a découvert la Science Chrétienne :
Frère, dont la main sans merci
Brise un roseau froissé,
Cherche à mieux partager l’esprit
Du Maître bien-aimé :
Demande cet amour au ciel
Qui rend les hommes fraternels.
(Ecrits divers 1883-1896, p. 387)
C’est toujours la volonté de Dieu, l’Amour, que nous nous aimions les uns les autres de l’amour dont Il aime chacun de nous.
Cela m’a semblé correspondre à ce que j’avais à corriger et aux directives dont j’avais besoin. Il était juste que je recherche des pensées saintes, à l’exemple de Christ Jésus tout au long de son ministère de guérison. J’aurais dû m’y employer dès le départ, mais j’étais à présent déterminé à prier avec plus de ferveur, et à écouter plus attentivement et suivre les pensées que l’Amour nous communique et à les mettre en pratique au quotidien.
J’ai tendu la laisse du chien à ma femme en lui disant que je devais retourner m’excuser auprès de cette dame. Elle méritait mieux que des pensées désagréables.
Quand elle m’a vu approcher de sa maison, elle est sortie, l’air plutôt sur la défensive. « Je viens m’excuser », lui ai-je dit. A ce moment-là, comme je l’ai raconté plus tard à ma femme, elle s’est radoucie. Avant que je puisse ajouter quoi que ce soit, elle s’est précipitée vers moi, et m’a dit avec beaucoup d’émotions : « Non ! C’est moi qui devrais m’excuser auprès de vous, vous n’avez rien fait de mal ! » Nous avons eu une conversation très constructive pendant les minutes qui ont suivi et nous nous sommes quittés en très bons termes. Alors que je m’éloignais, elle a répété : « Vous n’avez rien fait de mal ! »
Je suis rentré à la maison en repensant à tout ce qui s’était passé : recevoir des belles leçons d’humilité, chercher à avoir des pensées saintes, à aimer son prochain et avoir confiance dans la volonté de Dieu qui est toujours juste.
L’inspiration que nous apporte le poème de Mary Baker Eddy est à la fois un point d’ancrage et une lumière qui nous guide. Cela nous rappelle que Dieu aime chacun d’entre nous car nous Lui appartenons, et que, dans cet amour, la méchanceté doit disparaître et l’amour du prochain prévaloir. Comme le promettent les vers qui terminent le poème :
Nourris-nous de Ton pain vivant
Car la Vie est Amour ;
O fais-nous sentir la douceur
De se rencontrer cœur à cœur !
(ibid., p. 388)
