
Editoriaux
Au milieu du tintamarre, de l'allure rapide de l'existence mécanisée et des rumeurs peu rassurantes sur les luttes entre les forces mondiales, nous risquons de tellement nous habituer à la surexcitation des sens matériels que nous en oublions la présence du calme spirituel profondément enfoui dans la conscience humaine. Cependant ce calme est l'état normal de l'homme, la ressemblance spirituelle de Dieu, l'idée de l'Entendement divin.
Les milieux scientifiques multiplient les spéculations sur l'éventualité de créer la vie artificiellement. Des recherches étendues sont en cours à l'heure actuelle, et les savants se jugent à la veille de remporter la victoire en pareille matière.
Si quelqu'un comparaissait devant un tribunal pour avoir enfreint une loi qui n'existe pas, il pourrait obtenir sa libération en faisant une juste protestation. Cette protestation serait plus qu'un simple plaidoyer de non-culpabilité; elle démontrerait l'inexistence de la loi.
L'amour pour la vérité est inné en tout humain. C'est le facteur déterminant de la valeur de notre existence, valeur qui dépend naturellement de notre propre concept de la vérité.
La Science Chrétienne est une religion radicale parce qu'elle est la Science. Ce n'est point par ses analogies avec les autres religions et les autres sciences qu'elle concourt à faire progresser l'humanité hors de l'ignorance vers l'intelligence, hors des limitations vers la liberté, hors de la servitude vers la domination, mais bien par ses divergences.
Les progrès que fait la physique, dans ses recherches pour trouver la vérité finale, la cause, la substance et les lois de l'univers, et l'insistance avec laquelle, au même moment, la religion orthodoxe affirme que ses propres dogmes offrent déjà cette vérité finale, ont créé un conflit entre la science et la religion. Ce conflit n'a profité ni à l'une ni à l'autre.
D'où nous vient le pouvoir de guérir spirituellement ? Il existe bien des gens d'une parfaite droiture qui pourtant n'opèrent pas de guérisons. Pourquoi cela ? Parce que celui qui est moral doit encore progresser au-delà de la croyance à un sens humain de vie jusqu'à la compréhension du sens divin, où le péché et la maladie sont inconnus.
De nos jours, la recherche scientifique va sans cesse de l'avant. Le corps humain a été disséqué d'innombrables fois; les médecins ont inventé des remèdes de toutes sortes; la désintégration de l'atome a ouvert des voies nouvelles dans un monde matériel inconnu; beaucoup d'argent et de temps sont consacrés à l'exploration spatiale; les psychologues sondent les domaines de la pensée et du comportement humains.
La mécanisation accrue dans de nombreux domaines de l'activité humaine contraint les hommes qui vivent dans les régions les plus développées du globe à s'adapter à un rythme de vie considérablement accéléré, contrecoup de leurs inventions mêmes. L'abondance des produits, le développement vertigineux des moyens de transport et de télécommunication, et bien d'autres progrès remarquables dont les humains bénéficient, les amènent à vouloir triompher de plus en plus des limitations grossières de la matière et de la pesanteur.
Toute personne sensée désire développer ses capacités — ses facultés mentales, ses aptitudes intellectuelles, et cela, sur-le-champ. Instinctivement nous nous révoltons contre les limitations que l'entendement charnel ou mortel nous impose; et c'est avec raison.