Toute désolée, en rentrant à la maison, au lieu de pousser la porte, Paulette s’assied sur le seuil. « Je n’aime pas cette nouvelle école », murmure-t-elle entre ses dents. Depuis un mois qu’elle y allait, elle n’avait pas encore réussi à se faire une seule amie. Et toute chagrine, elle passe en revue les événements de la journée.
Au cours de la récitation française, elle s’était trompée et toute la classe s’était esclaffée. A la sortie, quelques garçons l’avaient taquinée.
Refoulant ses larmes, elle se dépêchait de rentrer et trois autres filles de sa classe l’avaient dépassée d’un bon pas, puis se retournant, elles avaient ri: Paulette était bien certaine qu’elles se moquaient d’elle. Sans y penser, elle ramassa le gros canif que son frère avait oublié là; en essayant de le fermer, il glissa entre ses doigts et elle se coupa profondément.
Du coup, elle bondit et se précipita dans la maison en pleurant. Sa maman vint l’aider à se bander la main, puis elle lui dit doucement, pour la calmer: « Est-ce que tu ne crois pas que tu devrais t’occuper un peu de la vérité ? Pourquoi ne prends-tu pas ta Bible et ton livre d’étude de la Science Chrétienne pour les étudier de tout ton cœur ? Je suis sûre que tout ça va s’arranger. »
Là-dessus Paulette va dans la pièce voisine, elle prend les livres mais ne les ouvre pas. Au lieu de cela, elle contemple sa main bandée. « Ce que ma main me fait mal ! » se dit-elle, navrée.
Et tout à coup le mot « ma » attire son attention. « Ma main, se répètet-elle, ma, qu’est-ce que c’est ? »
« Ma main m’appartient. Mais moi, qu’est-ce que c’est ? Ma main, ce n’est pas moi. Ma tête, ces bras, mes jambes, mon corps, tout ça ce n’est pas moi. Ils m’appartiennent, mais moi, qu’est-ce que c’est ? » Elle courut vers sa maman et lui posa ces questions qui l’intriguaient.
Toutefois, la maman lui répondit avec douceur: « Je crois que ça ne servirait pas à grand-chose de te donner les réponses, n’est-ce pas ? C’est dans tes livres que tu trouveras les meilleures réponses. Pourquoi ne les chercherais-tu pas là ? »
Alors Paulette prend le livre d’étude, Science et Santé de Mrs. Eddy, et le feuillette, à la recherche des réponses. Elle s’intéresse tant à ce qu’elle fait qu’elle en oublie sa main et tous ses ennuis avec ses camarades d’école. Et tout à coup elle lit ceci: « Nous disons: “C’est ma main qui l’a fait.” Que représente ce ma, sinon l’entendement mortel, cause de toute action matérielle ? » Science et Santé, p. 187;
Elle médite là-dessus quelques instants. Puis elle cherche dans le Glossaire de Science et Santé la définition de « Mor, ou Ego », qui dit notamment: « Il n’y a qu’un seul Moi, ou Nous, qu’un seul Principe divin, ou Entendement, gouvernant toute existence. » p. 588; A une autre page, elle étudie aussi la définition du mot Entendement, qui commence par « Le seul Moi, ou Nous » et où l’on peut lire cette phrase: « Non ce qui est dans l’homme, mais le Principe divin, ou Dieu, dont l’homme est la pleine et parfaite expression. » p. 591; Et dans la Bible elle relève ceci: « N’avons-nous pas tous un seul père ? N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés ? » Mal. 2:10. Christ Jésus avait certainement enseigné qu’il fallait aimer les autres comme soi-même.
Maintenant Paulette tient ses réponses. Elle a trouvé sa véritable identité et l’identité de ses camarades. Ils sont tous les fils et les filles de Dieu dont ils sont la parfaite expression. En tant qu’expression de Dieu, ils ne peuvent que lui manifester de l’amour et de la gentillesse, et elle, à son tour, ne peut que leur manifester de l’amour.
Le lundi matin, Paulette a pu enlever son bandage; elle a été ravie et pleine de joie à l’idée de retourner à l’école.
En cheminant toute contente, elle passait devant la maison de Dorothée qui, en l’apercevant, lui a crié: « Mais attends-moi, Paulette ! » Et tout en trottinant vers l’école, d’autres amis sont venus les rejoindre. Ils étaient tous amis, causant et riant gaîment. Paulette ne se sentait plus comme une étrangère. Elle faisait partie du groupe. Et au fait, pourquoi pas ? N’étaient-ils pas tous les enfants de Dieu ?
