L’Evangile selon Jean propose un récit détaillé du dernier repas que Jésus prit avec ses disciples. Jésus les préparait manifestement aux événements des jours suivants qui allaient transformer leurs vies : sa crucifixion et sa résurrection.
Jean nous assure que Jésus aimait profondément ses disciples. Avec beaucoup de patience, Jésus a expliqué la véritable nature de sa relation avec ces disciples. Il approuvait qu’ils l’appellent « Seigneur » et « Maître ». Mais il y avait un autre aspect de cette relation que Jésus voulait qu’ils comprennent. Jésus était « le chemin ». Il leur a montré le type de prière, d’amour et de vie qu’il attendait d’eux.
Après la Cène, il a manifesté cet amour par la plus grande humilité possible : il a lavé les pieds de chacun de ses disciples. Il leur a dit : « car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait. » (Jean 13:15)
Ensuite, en montrant « le chemin », Jésus leur a donné un nouveau commandement : « Aimez-vous les uns les autres ». Il ne s’agit pas de n’importe quel amour, mais « comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres » (Jean 13:34).
C’était un sujet d’enseignement familier pour Jésus et ses disciples. Mais ce soir-là, Jésus voulait que ses disciples comprennent qu’il leur montrait l’exemple du chemin moral, spirituel et divin qu’il souhaitait qu’ils empruntent : une humilité totale, un amour spirituel et pur, et, par-dessus tout, la conscience de leur relation individuelle à Dieu, le Père.
Jésus a dit : « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père ... Je vais vous préparer une place. ... Vous savez où je vais, et vous en savez le chemin. » (voir Jean 14:1-11) Thomas, qui n’était pas le plus vif d’esprit parmi les disciples de Jésus, a demandé : « Seigneur, nous ne savons où tu vas ; comment pouvons-nous en savoir le chemin ? »
En réponse, Jésus a expliqué patiemment : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant, vous le connaissez, et vous l’avez vu. »
A ces mots, Philippe est intervenu dans la discussion pour demander à Jésus : « Seigneur, montre-nous le Père. » Cette requête a engendré la triste réponse de Jésus la plus empreinte de peine : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. »
Au cœur de l’enseignement de Jésus se trouvait la compréhension de l’unité absolue qui existe entre l’homme et Dieu. On pourrait même dire que c’est la pierre angulaire de son enseignement. C’est sans doute pour cette raison que Jésus fut si déçu que Philippe n’ait pas saisi ce concept fondamental.
Jésus est revenu sur cette idée quelques instants plus tard, décrivant son unité avec Dieu en ces termes : « Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi. »
Il était difficile pour Jésus, comme il l’est pour nous, d’exprimer au moyen de mots le sens intégral de l’unité de l’homme avec Dieu. Mary Baker Eddy, la Découvreuse et Fondatrice de la Science Chrétienne, utilise une variété de métaphores pour nous aider à mieux comprendre notre unité avec Dieu. Elle écrit : « De même qu’une goutte d’eau est une avec l’océan, un rayon de lumière un avec le soleil, de même Dieu et l’homme, le Père et le fils, sont un dans l’être. » (Science et Santé avec la Clef des Ecritures, p. 361)
L’idée qu’elle emploie le plus souvent, peut-être, pour illustrer cette relation clef est celle du reflet. Elle dit : « De même que votre reflet paraît dans le miroir, de même, étant spirituel, vous êtes le reflet de Dieu. » (Science et Santé, p. 516) Elle décrit également cette relation comme celle de l’Entendement et de son idée – l’homme étant l’idée de Dieu, l’idée de l’Entendement divin.
Quelle merveilleuse façon d’exprimer l’essence de cette relation qui existe entre Dieu et chacun de nous ! Philippe, regardant Jésus (mentalement), aurait dû être capable de voir Dieu. Il avait directement devant les yeux l’idée parfaite, ou reflet parfait, de l’Entendement divin, Dieu. C’était aussi simple que cela.
Simple, mais pas facile. Les sens physiques ne cessent de produire de fausses informations à propos de la nature matérielle supposée de ceux que nous rencontrons. Ces messages des sens physiques peuvent être une source de distraction considérable. Mary Baker Eddy explique que c’est la capacité de Jésus à ne pas se laisser distraire par ces sens qui lui a permis d’accomplir des guérisons, et cette même capacité nous permet aussi de guérir. Elle l’exprime ainsi de manière concise : « Jésus voyait dans la Science l’homme parfait, qui lui apparaissait là où l’homme mortel pécheur apparaît aux mortels. » (Science et Santé, p. 476-477) Nous aussi, en tant que disciples consciencieux de Jésus, nous pouvons apprendre à discerner la propre ressemblance de Dieu en nous-mêmes (un excellent point de départ) et chez les autres.
Peu après avoir commencé à m’intéresser à la Science Chrétienne, j’ai eu l’occasion de tester cette méthode de guérison sur moi-même. A l’école, en éducation physique, nous pratiquions l’escrime. Un jour, alors que je m’amusais sans masque, mon œil a été blessé par un fleuret. Je ne voyais plus rien et j’ai craint de perdre définitivement la vue de cet œil.
Mais j’étais un disciple de Jésus. Pour moi, Jésus était « le chemin ». La prière pouvait-elle élever ma conscience de moi-même au niveau que Jésus attendait de ses disciples ? Aurais-je pu voir le Père en regardant Jésus, comme lui-même l’attendait de ses disciples ?
Je savais, entre autres, que dans le Glossaire du livre d’étude de la Science Chrétienne, « Dieu » est défini comme « Celui... qui voit tout » (Science et Santé, p. 587). Je sentais que je pouvais prier comme Jésus le faisait, pour prendre conscience que j’étais dans le Père, inséparable de cette activité de Dieu « qui voit tout ». J’ai aussi prié pour voir le Père en moi, exprimant cette qualité divine de la vue que rien ne peut empêcher.
Ce soir-là, j’ai commencé à distinguer des formes avec cet œil. Inspiré par ce progrès, j’ai prié presque toute la nuit. J’ai prié tout particulièrement pour comprendre plus concrètement la nature de ma relation à Dieu. C’était sur quoi Jésus avait insisté dans son ministère de guérison.
A l’aube, j’ai pu voir le soleil se lever clairement avec les deux yeux.
Au fil des ans, j’ai appris à apprécier de plus en plus la manière douce mais ferme dont Jésus s’identifiait au « chemin ». Dans les versets suivants de l’Evangile selon Jean, Jésus parle d’un « Consolateur » qu’il demandera à Dieu d’envoyer pour qu’il demeure avec les disciples – et avec nous – pour toujours. Science et Santé révèle que ce Consolateur est la Science Divine. Ainsi, cette Science nous donne une manière encore plus précise de trouver notre chemin. Elle nous permet de voir notre unité avec Dieu avec une telle clarté que nous voyons Sa propre image lorsque nous nous voyons tels qu’Il nous a créés. Et c’est un chemin qui inclut une humilité totale, un amour désintéressé et profond, une perspective spirituelle indestructible, et d’innombrables autres qualités qui caractérisaient Christ Jésus – le Messie, ou Sauveur. En tant que disciples de Christ Jésus, nous nous engageons à suivre le Chemin.
