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Prier pour guérir les dissensions

Du Héraut de la Science Chrétienne. Publié en ligne - 3 août 2026


Parler de politique était autrefois considéré comme un tabou, comme inconvenant dans de la bonne société. Aujourd’hui pourtant, les opinions politiques sont souvent exprimées librement – haut et fort – alors que les tensions ne cessent de monter dans le monde entier. Demander « Quelles sont vos opinions politiques ? » ne suscite plus un débat civique sain et constructif. Au contraire, l’esprit partisan s’est affirmé jusqu’à parfois prendre la forme d’un tribalisme du genre « eux contre nous ».

Mary Baker Eddy, la découvreuse de la Science Chrétienne, avait une approche radicalement différente : « On me demande : “Quelles sont vos opinions politiques ?” Je n’en ai, en fait, pas d’autres que de participer au soutien d’un bon gouvernement, d’aimer Dieu par-dessus tout et mon prochain comme moi-même. » (La Première Eglise du Christ, Scientiste et Miscellanées, p. 276) Ayant toujours porté un intérêt à la politique, j’ai souvent réfléchi à ses paroles.

Mary Baker Eddy faisait-elle preuve de naïveté en matière de politique ou prônait-elle l’apathie face aux enjeux politiques ? Pour moi, ce n’était ni l’un ni l’autre. En tant que citoyenne américaine au XIXe siècle, elle s’était opposée à l’esclavage et soutenait le mouvement de la tempérance qui s’opposait à la consommation d’alcool. Ses écrits comptent des prières relatives à divers événements mondiaux, tels que les guerres et le décès de dirigeants nationaux et internationaux. Elle n’ignorait rien non plus de la méchanceté et des divisions que la politique peut engendrer au sein de la société :  la période après la guerre de Sécession n’a pas été un moment d’harmonie et de consensus.

Mary Baker Eddy ne semblait pas suggérer qu’il faille rester déconnecté des affaires sociales et civiques, car elle suggérait plutôt de se définir d’une manière fondamentalement différente, comme des citoyens qui sont aussi des penseurs spirituels. Sa réponse inspire un engagement guidé non par l’appartenance à un parti ou par les institutions, mais guidé par Dieu, le Principe divin. Au cœur d’un véritable gouvernement se trouvent des qualités et des idéaux spirituels – tels que le service, l’altruisme, la compassion, l’égalité, la justice et la sécurité – qui transcendent les débats politiques et les divergences d’opinions. Ce sont des attributs universels du Principe, qui sont innés en chaque individu, car nous sommes tous créés par Dieu.

Pour moi, ne pas avoir d’opinions politiques signifie refuser de considérer mes concitoyens, quelles que soient leurs opinions politiques, comme séparés ou opposés à ces qualités et à ces idéaux conférés par Dieu. Ce sentiment trouve sa source dans les enseignements de Christ Jésus. Lorsque Jésus a souligné l’importance du commandement d’aimer son prochain comme soi-même, un expert de la loi religieuse lui a demandé : « Et qui est mon prochain ? » (voir Luc 10:26-37) Je suppose que cet homme était assez dédaigneux à ce moment-là. Il se peut qu’il ait pensé : « Assurément, il y a des gens qui ne méritent pas mon amour. »

J’avoue avoir parfois ressenti la même chose. Mais dans la parabole du bon Samaritain qui suit cette histoire, Jésus condamne l’arrogance, la propre justification et l’hostilité. Nous ne devons pas ressembler à ceux qui, dans cette parabole, étaient si attachés à leurs doctrines qu’ils ont froidement ignoré un homme dans le besoin. Nous devons plutôt modeler nos actions sur celles du Samaritain – celui qui avait le plus de chances d’être rejeté par l’expert de la loi – et inclure chacun avec amour, compassion et tendre attention.

Pour être honnête, en lisant les nouvelles quotidiennement, j’ai été tenté de douter de la pertinence des enseignements de Jésus et de Mary Baker Eddy à ce sujet.  Ces enseignements sont-ils réellement applicables aujourd’hui ? Est-il vraiment raisonnable d’aimer son prochain – d’aimer tout le monde, tout le temps ? Puis, j’ai vécu une expérience qui m’a éclairée pour répondre à cette question : non seulement c’est possible, mais c’est nécessaire. En effet, aimer comme Jésus l’a enseigné est ce qui guérit la virulence acharnée de l’attitude partisane qui réclame à grands cris notre attention.

J’ai placé mon cheval, désormais à la retraite, en pension dans une ferme à dix minutes de chez moi. L’automne dernier, j’ai appris un jour que les élus municipaux avaient voté l’abandon de l’entretien de la route où se trouvait l’écurie. Les conséquences étaient énormes : les propriétaires le long de la route allaient subir une perte importante de la valeur de leur biens immobiliers, car la route allait devenir impraticable – aussi bien pour le public que pour les services d’urgence. Ce vote avait été effectué sans qu’aucun préavis ne soit adressé aux propriétaires. Un sentiment de panique était palpable parmi les voisins, et une vive opposition s’est organisée en vue de la réunion municipale du lendemain soir.

Au fil de la journée, mon indignation n’a cessé de croître face à cette situation, notamment en raison des motivations potentiellement douteuses du maire et des conseillers. Le lendemain matin, alors que je priais avant de commencer ma journée, ces pensées me sont revenues en mémoire. A ce moment-là, j’ai arrêté ce flot de pensées et je me suis dit : « Attends une minute, je connais la bonté et la grâce de Dieu, ainsi que l’honnêteté et l’intégrité de l’homme, créé à Son image et à Sa ressemblance. Que suis-je en train de faire ? » Pour moi, c’était l’influence du Christ, la vraie idée de Dieu – l’Amour divin – qui parle à chacun de nous d’une manière que nous pouvons comprendre (voir l’ouvrage principal de Mary Baker Eddy, Science et Santé avec la Clef des Ecritures, p. 332).

Au lieu de me laisser emporter par les courants mentaux du désespoir, de la division et de l’animosité, je me suis attachée au Principe divin. J’ai réfléchi aux motivations qui avaient probablement poussé les élus municipaux à s’engager au service de la collectivité, comme l’amour de leur localité. Et j’ai compris que la bonté de Dieu n’était pas une ressource limitée qui, en la partageant, priverait inévitablement certaines personnes de ce dont elles ont besoin. Dieu est le bien infini, donc personne ne peut être privé de la bonté, du progrès ou de la sécurité.

J’ai décidé d’assister à la réunion comme témoin du gouvernement universel de Dieu et d’avoir confiance dans le fait que seules les décisions reflétant l’intégrité du Principe pourraient être prises. A l’instar de Gamaliel dans la Bible, je pouvais reconnaître avec confiance que : « Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. » (Actes des apôtres 5:38, 39)

Bien que les participants aient été nombreux, peu ont eu l’occasion de prendre la parole, ce qui n’inspirait guère confiance. Mais je suis restée ferme dans la prière, affirmant que nous étions tous unis par notre amour pour la localité, et que les idées justes et bonnes ne pouvaient être en désaccord. Plus tard dans la soirée, j’ai ressenti le besoin d’écrire un e-mail au maire et aux conseillers municipaux pour leur témoigner ma reconnaissance et leur faire savoir combien j’appréciais ce quartier et ses propriétés.

Je suis allée me coucher avec un sentiment de paix et, à mon réveil, j’ai trouvé plusieurs e-mails en retour, dont un du maire. Il m’a assuré qu’ils reconsidéreraient cette décision et qu’il était confiant quant à un changement de cap. Lors de la réunion suivante, la décision d’abandonner l’entretien de la route a été annulée à l’unanimité – chose qu’on m’avait dit impossible en raison des positions antérieures de certains conseillers. De plus, le maire a publiquement reconnu leur erreur et s’est humblement excusé.

J’étais, bien sûr, reconnaissante de l’annulation de cette décision injuste. Mais ce qui m’a le plus marquée, c’est la leçon que j’ai tirée de cette expérience au sujet de la politique. J’ai compris que toute situation apparemment insoluble n’est en réalité qu’un sens erroné, hypnotique, des choses. J’ai vu avec quelle facilité j’avais inconsciemment accepté l’idée que mes semblables puissent avoir des divisions entre eux. Et j’ai vu avec quelle rapidité et quelle efficacité le Principe divin, l’Amour, pouvait me réveiller et me montrer ce qui se passait réellement selon une compréhension de la réalité spirituelle.

Alors que je continue de réfléchir aux événements nationaux et internationaux, mes prières trouvent une nouvelle dynamique. Je suis plus convaincue encore qu’en matière de politique, je peux, en réalité, n’avoir aucune opinion – que je peux refuser de cautionner l’idée qu’un citoyen dans ce monde exprime intrinsèquement de la haine envers moi ou envers qui que ce soit, en raison de différences d’opinions, d’origine, de race, etc. J’ai maintenant le ferme espoir que grâce aux prières ferventes de chacun d’entre nous, les profondes divisions politiques – et tous les problèmes prétendument insolubles qui attisent ces divisions – pourront être guéries.

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