Enfant, j’ai été très marqué par l’histoire biblique de Schadrac, Méschac et Abed-Nego dans la fournaise ardente (voir Daniel 3). L’image que je me représentais de ces jeunes Hébreux, condamnés à être brûlés vifs s’ils ne vénéraient pas l’idole que le roi Nebucadnetsar avait fait ériger, mais qui en sortirent indemnes, m’avait à la fois terrifié et inspiré. Je me demandais si un jour j’aurais autant de courage qu’eux, ou même si j’aurais cette foi en Dieu qui leur avait donné un tel courage.
J’étais très impressionné par la réponse qu’ils firent au roi juste avant d’être jetés dans les flammes : « Voici, notre Dieu que nous servons peut nous délivrer de la fournaise ardente, et il nous délivrera de ta main, ô roi. Sinon, sache, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux, et que nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as élevée. » J’étais très touché par leur dévouement à servir Dieu, quoi qu’il arrive.
Au fil des années, j’ai beaucoup réfléchi à leur confiance inébranlable dans le fait que Dieu, le bien, est le seul pouvoir, ainsi qu’à la sagesse et au courage moral dont ils avaient fait preuve en prenant ainsi position, éliminant la peur et bénéficiant de la protection de Dieu. Finalement, l’histoire raconte que Nebucadnetsar lui-même a compris pourquoi les trois hommes étaient indemnes, en déclarant : « Le Dieu de Schadrac, Méschac et Abed-Nego ... a délivré ses serviteurs qui ont eu confiance en lui. »
En examinant la vie des trois Hébreux avant cette épreuve, on constate qu’ils étaient connus pour leur sagesse et leur savoir, à tel point que Nebucadnetsar les avait placés à des postes de responsabilité alors même qu’ils étaient captifs. De toute évidence, ils vivaient leur foi en Dieu plutôt que d’en parler. C’est pourquoi leur première réaction a été d’affirmer : « Notre Dieu que nous servons peut nous délivrer. » Ils l’avaient déjà prouvé.
En contemplant ce récit biblique à la lumière de mon étude de Science et Santé avec la Clef des Ecritures, de Mary Baker Eddy, j’y ai vu bien plus qu’un cas miraculeux survenu grâce à l’intervention divine. Science et Santé nous explique : « L’Amour divin qui rendit inoffensif le serpent venimeux, qui délivra les hommes de l’huile bouillante, de la fournaise ardente, de la gueule du lion, peut guérir les malades dans tous les siècles et triompher du péché et de la mort. ... Le fait que ces merveilles ne sont pas plus généralement renouvelées aujourd’hui ne provient pas autant du manque de désir que du manque de croissance spirituelle. » (p. 243)
Comme cela est vrai ! Le Christ lui-même – « la vraie idée énonçant le bien, le message divin de Dieu aux hommes, parlant à la conscience humaine ... guérissant les malades et chassant les maux, détruisant le péché, la maladie et la mort » (Science et Santé, p. 332) – qui était présent avec ces trois hommes dans la fournaise ardente est toujours présent pour sauver l’humanité de la maladie, du péché et de la mort. Nous en prenons conscience à mesure que nous progressons spirituellement.
Mary Baker Eddy écrit à propos des guérisons accomplies par Jésus au cours de son ministère : « Aujourd’hui, comme autrefois, ces œuvres puissantes ne sont pas surnaturelles, mais suprêmement naturelles. Elles sont le signe d’Emmanuel, ou “Dieu avec nous” – une influence divine toujours présente dans la conscience humaine et qui se renouvelle, venant maintenant selon l’antique promesse :
Pour publier la liberté aux captifs [des sens]
Et le recouvrement de la vue aux aveugles,
Pour renvoyer libres ceux qui sont dans l’oppression. »
(Science et Santé, p. xi)
« Suprêmement naturelles ». Quelle merveilleuse promesse !
Il y a quelques années, alors que nous entamions une partie de football américain en famille, j’ai été bousculé à un moment où mon pied s’est trouvé coincé dans un trou dans le sol. J’ai entendu un craquement et senti une intense douleur. Je suis allé m’assoir en boitillant jusqu’aux marches du perron pour rassembler mes pensées. Ma famille est venue voir si j’allais bien. Je leur ai dit que j’allais prier et qu’ils pouvaient poursuivre la partie.
Je suis rentré dans la maison, et je me suis assis et j’ai prié Dieu afin qu’Il m’apporte réconfort et guérison. J’ai pris la ferme résolution de ne reconnaître que le bien, car Dieu, le bien, est la seule cause et Son amour m’environne. J’ai affirmé que j’étais l’enfant de Dieu et que, puisque Dieu est Esprit, je suis spirituel. Aucun incident matériel ni aucune prétendue loi matérielle ne peut me limiter ou me nuire, car je suis la création parfaite de l’Esprit. Mes pensées étaient tellement remplies des vérités inspirées de Dieu qu’il n’y avait plus de place pour le doute ni la peur. A l’instar de ces Hébreux, j’étais sûr que Dieu me délivrerait du mal.
Cependant, lorsque j’ai voulu me lever, impossible d’utiliser mon pied. Apercevant un parapluie dans l’entrée, je l’ai attrapé pour m’en servir de canne. Mais dès que je me suis appuyé dessus, il a glissé sur le sol et tout mon poids a pesé sur le pied blessé. En fait, cela m’a fait rire, car je me suis souvenu de ce passage dans Science et Santé : « Les épreuves enseignent aux mortels à ne pas s’appuyer sur un soutien matériel, un roseau brisé, qui transperce le cœur. » (p. 66)
Même s’il n’y avait rien de mal à utiliser un objet pour m’aider à me déplacer, j’ai compris que je devais – et pouvais – m’appuyer sur Dieu, et seulement sur Dieu, pour guérir. Ma relation à Lui était indestructible, irrécusable et parfaite, j’en étais certain.
Les jours suivants ont été difficiles. Mais j’étais tellement convaincu du caractère suprêmement naturel de la guérison spirituelle que j’ai déclaré avec une totale assurance que le mal était incapable de me convaincre de le placer au-dessus de Dieu, de m’amener à croire en sa réalité, de me soumettre à lui ou de le craindre.
Deux semaines plus tard, j’étais dans un avion à destination d’un congrès qui se déroulait à l’autre bout du pays. J’ai pu marcher et rester debout des heures d’affilée, pendant plusieurs jours. Une légère claudication persistait, et quand un collègue m’a interrogé à ce sujet, je lui ai répondu que je m’étais blessé au pied, mais que je faisais chaque pas avec Dieu. Soucieux de mon bien-être, il m’a dit qu’une blessure comme la mienne risquait d’entraîner des rhumatismes ou de l’arthrite plus tard si elle n’était pas soignée par un médecin. Mais peu après le congrès, j’étais complètement guéri, et depuis vingt ans je n’ai ressenti aucune séquelle.
Dans la fournaise ardente, Schadrac, Méschac et Abed-Nego n’avaient même pas été atteints par l’odeur du feu. Cette histoire, qui m’avait fasciné quand j’étais enfant, m’a été très utile pour apprendre à aimer Dieu et à Lui faire confiance par-dessus tout. Moi aussi, je peux sortir indemne de situations difficiles, sans être touché par autre chose que Dieu, le bien.
