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Travailler à son propre salut

Du Héraut de la Science Chrétienne. Publié en ligne - 13 juillet 2026


J’ai reçu un appel d’une femme qui me demandait de prier avec elle, car elle connaissait des difficultés dans son mariage. Son mari et elle avaient de jeunes enfants et n’arrivaient pas à payer leurs factures. Le mari n’apportait pas d’argent au foyer, et leur relation se détériorait. La situation semblait insurmontable, et les problèmes s’accumulaient de jour en jour. Lorsqu’elle et moi priions pour chaque nouveau problème, nous revenions vers la vérité – la vérité spirituelle de Dieu – et nous affirmions qu’elle et son mari étaient pour toujours des enfants de Dieu.

Ma patiente avait d’abord voulu sauver son mariage, mais elle a demandé le divorce lorsqu’elle a découvert que son mari avait une liaison. Elle avait l’impression que tout s’écroulait sur’elle et qu’elle était punie à cause des mauvais choix de son mari. « J’essaie d’agir de façon juste, m’a-t-elle dit, mais pourquoi est-ce moi qui me retrouve avec tous ces problèmes ? »

Puis, un jour, alors que je priais en désirant être inspirée par Dieu, une pensée m’est venue qui nous a aidées toutes les deux : « Celui qui travaille à son salut ne peut nous nuire. » A mes yeux, cela signifiait que, même si elle ne s’en rendait pas compte, son mari travaillait à son propre salut, et que ses actes et son comportement ne pouvaient pas nuire à sa femme qui, elle aussi, travaillait à son propre salut.

Tandis que je réfléchissais à cette idée, deux citations me sont venues à l’esprit. L’une est tirée de la Bible : « Travaillez à votre salut » (Philippiens 2:12) ; l’autre, de Science et Santé avec la Clef des Ecritures, de Mary Baker Eddy : « “Travaillez à votre salut”, voilà ce qu’exige la Vie et l’Amour, car à cette fin Dieu opère en vous. [...]

« Notre délivrance finale de l’erreur, grâce à laquelle nous jouissons de l’immortalité, d’une liberté sans bornes et d’un sens exempt de péché, ne s’obtient pas en suivant des chemins fleuris, ni en mettant notre foi, sans les œuvres, dans l’effort qu’un autre aura fait pour nous. » (p. 22)

Pour moi, ce passage signifie que nous ne pouvons pas compter uniquement sur l’immense travail accompli par Jésus pour nous sauver. Chacun doit suivre l’exemple de Jésus et faire son propre travail, notamment en approfondissant sa compréhension de la Vérité divine. Nous devons donc travailler à notre compréhension de Dieu en tant que source de toute vérité, de tout bien et de toute réalité, ainsi qu’à notre compréhension de la nature et du sens de notre vie, c’est-à-dire de notre identité, de notre substance, notre intégralité, notre place et notre raison d’être au sein de la création.

En tant qu’étudiante en Science Chrétienne, je comprends qu’il n’existe qu’une seule réalité : l’Esprit, Dieu. Aussi travailler à mon salut signifie-t-il avant tout comprendre qui est Dieu, ce qu’Il est, et ce que je suis pour Lui. Nous ne pouvons pas travailler efficacement à notre salut ni trouver notre raison d’être sans que Dieu occupe une place centrale et prépondérante dans nos pensées et nos actions.

Christ Jésus est le modèle à suivre pour comprendre Dieu. Il est le Guide qui démontra, par ses guérisons et ses enseignements, notre relation à notre source divine. Mary Baker Eddy écrit à propos de Jésus : « Il accomplit parfaitement l’œuvre de la vie, non seulement pour être juste envers lui-même, mais aussi par miséricorde envers les mortels, afin de leur montrer comment accomplir la leur, mais non de l’accomplir à leur place, ni de leur épargner une seule responsabilité. » (Science et Santé, p. 18)

Chacun doit progresser individuellement. On ne peut pas dormir, manger ou vivre pour quelqu’un d’autre. De même, on ne peut pas travailler à la place de quelqu’un d’autre à la compréhension de la vie ou du salut. On peut l’aider et prier avec lui, mais en fin de compte, chacun doit poursuivre son propre cheminement spirituel. De même, ne comptons pas sur les autres pour effectuer ce travail à notre place.

Notre rôle, en tant que témoin de la vie d’autrui, consiste à nous efforcer toujours de les voir tels que Dieu les connaît : aimés de Lui, spirituels, innocents, en bonne santé et aimants.

Pour comprendre la vie véritable, nous nous tournons vers notre source, Dieu, qui est la Vie. Par la prière, la communion avec l’Esprit, Dieu, nous acquérons une vue plus claire de nous-mêmes et des autres. Nous découvrons la bonté et l’infinité de Dieu, de qui émanent toute vie individuelle et toute raison d’être. Sur cette base, nous démontrons, à petite et à grande échelle, la bonté de Dieu en comprenant que le mal, la mortalité et la personnalité humaine n’ont absolument aucun pouvoir car ils n’ont aucune place en Dieu ni dans Sa création.

J’ai puisé de précieux enseignements dans un essai intitulé « Se juger offensé », publié dans Ecrits divers 1883-1896, de Mary Baker Eddy (voir p. 223-224). J’ai mieux compris que notre relation individuelle à Dieu est unique, et que personne ne peut nous en priver. La connaissance de notre raison d’être et de notre place ne regarde que Dieu et nous. Par conséquent, en travaillant à notre salut, nous comprenons que personne ne peut faire obstacle à notre bien, à notre raison d’être et à nos ressources. Le lien qui nous unit à Dieu, l’Amour, notre source divine, est individuel et ne peut pas être rompu.

A mesure que nous nous efforçons de mieux comprendre que Dieu est la seule source et le seul pouvoir, nous constatons que personne ne peut avoir le désir ou la capacité de faire du mal à autrui ; nous ne pouvons donc pas davantage être victimes des actes d’autrui.

A un moment donné, ma patiente m’a demandé pourquoi son ex-mari ne semblait pas souffrir des conséquences de ses actes. (Elle pensait être la seule à en souffrir.) Nous avons parlé du fait que reconnaître à chacun la liberté de travailler à son propre salut signifie que la manière dont il s’y prend et le moment où il le fait ne nous regardent pas.

Est-ce pour autant ignorer les problèmes ou tolérer les mauvais comportements ? Au contraire, nous pouvons savoir qu’ils ne font pas partie de l’identité d’un enfant de Dieu, mais qu’il s’agit d’une croyance erronée concernant la nature humaine, que nous pouvons traiter dans la prière. Je trouve utile de garder clairement dans ma pensée le fait que toute forme de péché est irréelle et sans pouvoir, et qu’on ne peut attribuer le péché à personne.

Jésus déclara : « Ne jugez point, et vous ne serez point jugés ; ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés ; absolvez, et vous serez absous. » (Luc 6:37) En comprenant cet enseignement et en le mettant en pratique, nous sommes capables de transformer la déception et le sentiment d’être victime en grâce et en humilité. Nous devenons alors moins impulsifs et davantage bienveillants dans nos relations avec les autres. Nous comprenons qu’eux aussi cherchent à progresser et qu’ils n’ont pas le pouvoir de nous faire du mal. Nous ne sommes pas ici pour juger le parcours d’autrui, mais pour veiller à ce que notre conscience ne fasse qu’un avec Dieu.

Ma patiente se demandait si elle serait capable de se débarrasser de ces jugements négatifs et de pardonner véritablement, compte tenu de toute l’injustice qu’elle estimait subir. Mais tandis qu’elle priait, une idée de guérison, tirée de la Bible, lui est venue à l’esprit. Il s’agit de cette promesse de Dieu : « Je vous remplacerai les années qu’ont dévorées la sauterelle ; » (Joël 2:25). Tout ce qu’elle pensait avoir perdu lui serait rendu grâce au seul pouvoir agissant dans sa vie : Dieu.

Elle savait également qu’en Science Chrétienne, au lieu de prier pour obtenir un résultat précis, nous nous en remettons à la promesse de Jésus selon laquelle les œuvres de Dieu seront manifestées (voir Jean 9:3) ; c’est-à-dire qu’elle n’allait pas expliquer à Dieu comment résoudre ses problèmes, mais laisser la bonté de l’Amour divin se révéler et la guider. Elle a compris qu’il lui fallait se défaire de tout ressentiment envers son ex-mari et simplement laisser Dieu aimer cette personne.

En faisant davantage confiance à Dieu et en Le connaissant à la fois comme son véritable époux et la source permanente de ses ressources, mon amie a réussi à rembourser leurs dettes communes. Elle a déménagé pour se rapprocher de son lieu de travail, où elle a obtenu une promotion. Elle s’est depuis remariée avec un homme qui l’aime et la respecte, elle et ses enfants, et leur foyer est harmonieux. Non seulement elle a survécu à une situation apparemment désastreuse, mais ses enfants et elle se sont épanouis. Désormais, chaque fois qu’elle pense à son ex-mari ou qu’elle est en rapport avec lui, elle voit en lui l’enfant bien-aimé de Dieu, et qu’il ne lui doit absolument rien. Elle a découvert que Dieu est son unique source du bien.

Nous sommes toutes deux infiniment reconnaissantes de ce que cette guérison nous a appris. Personne ne peut accomplir notre travail spirituel à notre place, et les actions des autres ne peuvent nous nuire si nous comprenons que Dieu est le seul pouvoir. Rien ne peut faire obstacle à notre compréhension de l’intégralité et de la plénitude de Dieu, car Il est l’Amour immuable et toujours accessible à tous. Faisons confiance à l’Amour pour nous guider et prendre soin de chacun de nous tandis que nous travaillons à notre salut.

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