Une femme dit un jour au célèbre naturaliste John Burroughs qu’elle n’avait pas d’oiseaux dans son jardin. Pas un seul ! La réponse qu’il lui fit fut inattendue : « Il faut avoir des oiseaux dans son cœur avant d’en voir dans les arbustes. » (Journal of the Outdoor Life, [Journal de la vie en plein air] vol. 20, p. 137)
Pour ma part, j’aime observer les oiseaux depuis des années. Et je pensais bien avoir « des oiseaux dans mon cœur » ! Pourtant, j’avais toujours voulu voir un oriole de Baltimore, en particulier le mâle au magnifique plumage orange et noir, mais bien qu’ayant vécu près de 20 ans là où ils nichent, je n’en avais jamais vu. Où étaient-ils ?
J’ai donc décidé de prier à propos de mon désir simple de voir cet oiseau. J’ai recherché ce que Mary Baker Eddy écrit au sujet des oiseaux. Dans Science et Santé avec la Clef des Ecritures on lit ceci : « Les oiseaux qui volent sur la terre vers l’étendue du ciel correspondent aux aspirations qui s’élèvent au-delà et au-dessus de la corporalité, jusqu’à la compréhension du divin Principe incorporel, l’Amour. » (p. 511) Et, dans Ecrits divers 1883-1896, elle associe les oiseaux du ciel aux « désirs élevés du cœur humain » (p. 356).
J’ai peu à peu perçu que tout ce qu’un oiseau représente spirituellement – aspirations élevées, désirs nobles, beauté, couleurs magnifiques, chant joyeux, liberté, etc. – je le possédais déjà, car je reflète tous les attributs de Dieu, l’Entendement divin. En fait, ce que je voulais voir n’était pas « à l’extérieur », séparé de moi. C’était déjà en Dieu, dans la conscience infinie, ici et maintenant.
Pendant trois jours, j’ai prié au sujet de l’oriole afin d’acquérir une vision plus spirituelle de la création de Dieu. Le troisième jour, je suis allée à la bibliothèque, je me suis garée et j’ai marché sur le trottoir. Tout à coup, je me suis arrêtée. L’oriole était là ! Perché sur un petit arbre près du trottoir, à quelques mètres seulement, aussi beau que je l’avais imaginé. Rien ne m’en masquait la vue. C’était comme s’il posait pour moi !
Ainsi, pendant près de vingt ans, je n’avais jamais vu d’oriole, mais lorsque j’ai reconnu que je possédais les qualités spirituelles qu’il représentait, il est apparu. Je me suis réjouie à la vue de sa joyeuse présence.
Par la suite, je me suis parfois murmuré à moi-même : « Souviens-toi de l’oriole. » Cela me rappelle tout simplement que, lorsque le bien semble absent, en réalité il n’est pas loin. En effet, notre Père-Mère omniscient et omniprésent est ici, maintenant même, et Dieu « a trouvé bon de [n]ous donner le royaume » (Luc 12:32).
