C’est une question que l’on peut se poser quand on se sent sincèrement touché par la détresse d’une personne ou ému par un sujet d’actualité difficile. Même si l’on prend au sérieux cette nécessité de prier, on peut avoir l’impression que la prière individuelle est trop insignifiante pour avoir un véritable effet.
Grâce à l’étude de la Science Chrétienne, on se rend compte que la prière n’est pas un espoir fragile face à des ténèbres immenses. Il s’agit plutôt d’une prise de conscience de la Vérité divine, prise de conscience qui a un pouvoir. Mary Baker Eddy voit dans la prière non pas une supplication adressée à un Dieu lointain, mais un éveil à la bonté infinie de Dieu comme étant déjà présente, au milieu même de toutes les difficultés qui semblent être là.
Elle écrit ceci : « La prière ne peut ni changer Dieu ni donner à Ses desseins des formes mortelles ; mais elle peut changer et change assurément nos méthodes et notre concept erroné de la Vie, de l’Amour et de la Vérité, nous élevant jusqu’à Lui. » (Non et Oui, p. 39) Nous ne prions donc pas pour inciter Dieu à agir, mais pour qu’Il effectue en nous un changement, pour que la conscience humaine s’aligne sur l’harmonie qui caractérise depuis toujours la création de Dieu. Cette harmonie est un fait spirituel déjà établi de la création de Dieu qui est complète et bonne. Lorsque nous entrevoyons cette vérité, notre perspective change et la lumière qui brille dans nos pensées apporte alors la guérison au monde qui nous entoure, même si cela n’est pas forcément perceptible tout de suite.
On se rend compte que la pensée cède à la compréhension de la totalité de Dieu, lorsque les craintes s’apaisent et que le découragement fait place à la gratitude et au courage. A mesure que la pensée se spiritualise, notre vécu change, car le mal perd toute crédibilité à la lumière de la toute-puissance de la Vérité et de l’Amour divins. Nous parvenons à « la compréhension spirituelle de la prière » (Mary Baker Eddy, Science et Santé avec la Clef des Ecritures, p. 10). Cette prière, dont la Science Chrétienne explique qu’elle est scientifique, reconnaît l’action continue du Principe divin, qui détruit le péché, la maladie et la mort.
Lorsque l’on prie sur cette base les effets sont assurés : on comprend que l’homme spirituel est inséparable de Dieu et que le mal est irréel. La prière scientifique donne une base solide pour s’attendre à la guérison. Lorsque l’on a eu l’expérience, ne serait-ce qu’une fois, de la bonté de Dieu, on acquiert l’assurance que ce Principe s’applique universellement. Quand la pensée matérialiste fait la place à la compréhension spirituelle, la pensée est purifiée et on ne peut manquer de recevoir une réponse. Comme l’assure le Nouveau Testament :« La prière fervente du juste a une grande efficace. » (Jacques 5:16)
Cependant, pour prier efficacement, on doit se débarrasser d’un sentiment de responsabilité personnelle. Vouloir à tout prix « régler » les problèmes nuit souvent au calme nécessaire pour percevoir ce que Dieu a déjà fait. La prière en Science Chrétienne ne repose pas sur un effort humain, mais sur la Vérité spirituelle. Plutôt que de prier avec plus d’ardeur, on constate que l’esprit humain a besoin de s’apaiser pour être davantage réceptif à la puissance de Dieu.
Cette prière n’ignore pas les problèmes du monde, mais elle nous permet de les voir sous leur vrai jour. Sachant que Dieu est l’Entendement et l’Amour infinis, qu’Il emplit tout l’espace et gouverne tout, on est à même de considérer les problèmes comme des croyances erronées au sujet de la réalité spirituelle, et non comme des réalités nécessitant une correction. A mesure que cette vérité s’impose à la pensée, ces croyances commencent à se dissoudre. Il n’y a là rien de stressant : la lumière n’a pas besoin de lutter pour dissiper les ténèbres, elle brille tout simplement.
Si l’on est tenté de se demander si la prière individuelle peut avoir un impact sur un problème plus vaste, voire systémique, on peut examiner plus profondément l’action harmonieuse du Principe divin. Toute guérison obtenue en s’appuyant sur Dieu témoigne de cette action. Un seul exemple de guérison confirme la fiabilité de la loi spirituelle et la légitimité de la confiance en la prière pour révéler la vérité dans tous les cas. Entrevoir chaque fois, au-delà des apparences, la véritable nature de la vie comme étant spirituelle – ce qui revient à voir comme Dieu voit – c’est contribuer à vaincre ce qui voudrait entraver les progrès spirituels en soi-même et dans le monde.
On le constate dans la vie de Jésus. Il se déplaçait parmi les foules avec une conscience pure, centrée sur Dieu. Le Christ qu’il manifestait pleinement attirait à lui ceux qui avaient besoin de guérison, et ils étaient guéris. Nos prières, à l’instar des prières de Jésus, ne traduisent pas un effort personnel, mais l’activité du Christ, l’influence de l’Amour divin qui s’exprime. Jésus priait sachant que sa prière était entendue, avec une confiance sereine en la bonté de Dieu.
L’exemple de Jésus nous aide à comprendre comment nos prières ont un impact. Prenons l’Evangile selon Jean, chapitre 17. On y voit Jésus prier pour lui-même, pour ses disciples les plus proches, pour les futurs croyants ainsi que pour le monde et les effets sont évidents. Ses prières pour lui-même l’amenèrent à accepter la croix, sachant qu’elle symbolisait un moment de gloire divine, et non une défaite. Les disciples furent protégés et fortifiés dans leur foi. Malgré les persécutions et l’emprisonnement, tous sauf un restèrent fidèles au message du Christ et contribuèrent à sa diffusion. Quant aux prières de Jésus concernant l’avenir, elles cimentèrent une communauté chrétienne nouvelle, composée de juifs et de non juifs traditionnellement opposés. Jésus dit qu’il priait « afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi… » (verset 21). Cette communauté est la preuve permanente de l’Amour divin à l’œuvre.
Alors, oui ! nos prières ont un effet bénéfique sur les autres ! Elles révèlent ce qui est spirituellement vrai. Dans un monde en quête de paix, de compassion et de guérison, chaque prière contribue à la reconnaissance de la toute-puissance de l’Amour. Elle n’est pas un vœu pieux, mais l’œuvre de la Science de l’être. Et rien n’est plus nécessaire ni plus efficace !
Larissa Snorek
Rédactrice adjointe
