En parlant de prier pour soi, Mary Baker Eddy a dit un jour à une élève : « Plus vous travaillez pour vous-même, moins vous avez besoin de travailler pour vos patients. » Lorsque l’élève lui a demandé combien de temps exactement elle devait prier pour elle-même chaque jour, elle a répondu : « Trois heures ! » (voir Nous avons connu Mary Baker Eddy, édition augmentée, tome I, p. 467).
Beaucoup d’entre nous ont peut-être le sentiment de ne pas pouvoir disposer de trois heures pour prier pour eux-mêmes. Il semble déjà assez difficile de prier pour ceux que nous aimons et pour les événements mondiaux, si bien que prier pour soi-même risque de passer au second plan. Bien que Mary Baker Eddy ait encouragé les scientistes chrétiens à prier quotidiennement pour eux-mêmes, elle ne précisait généralement pas la durée. Mais l’esprit de ses paroles reste essentiel pour quiconque désire grandir spirituellement.
On dit souvent qu’on ne peut pas donner ce que l’on ne possède pas. La Bible contient de nombreux exemples de prophètes qui prenaient le temps de prier pour eux-mêmes, non pas pour s’abstenir de remplir leur mission, mais pour s’y préparer. A leur exemple, prier pour soi-même n’est pas de l’égocentrisme. Cela procure une force qui incite à faire encore plus de bien. Lorsque nous nous sentons tellement fatigués ou accablés qu’on ne sait plus par où commencer, c’est précisément le bon moment de faire une pause, de prendre du recul mentalement afin de ressentir la présence de Dieu, qui nous renouvelle et nous fortifie.
L’une des meilleures façons de comprendre Dieu en Science Chrétienne est de voir qu’Il est l’Amour divin pur et inébranlable. Comme Dieu est Amour, l’homme, l’enfant et le reflet de l’Amour, exprime la sollicitude, la compassion et l’unité spirituelle. Lorsque nous prions en affirmant posséder ces qualités, nous rejetons le doute de soi, la propre condamnation et la voix critique intérieure qui voudrait subtilement fixer notre pensée sur nos défauts et nos erreurs, ou contester notre valeur.
La Science Chrétienne considère qu’il s’agit là de pensées erronées, et le fait de leur accorder de l’attention, par exemple en essayant de nous « rectifier », leur confère un pouvoir illégitime. Nous pouvons plutôt reconnaître que Dieu est Vérité et Amour, et que notre identité est l’expression de Dieu ; cela aura pour effet de montrer notre équilibre spirituel et d’apporter de la clarté à nos pensées et à nos actes. Les erreurs s’effacent et sont remplacées par une perception plus claire de notre nature spirituelle, qui reflète toute la bonté de Dieu. Nous agissons alors avec calme, plutôt que dans l’urgence.
Prier pour nous-mêmes nous permet d’être en harmonie avec l’action continue de Dieu, qui « exprime en l’homme l’idée infinie qui se développe à jamais, et qui, partant d’une base illimitée, s’élargit et s’élève de plus en plus » (Mary Baker Eddy, Science et Santé avec la Clef des Ecritures, p. 258). Dieu, en tant qu’Entendement divin, transmet en permanence des idées pures et parfaites au moyen de la Science divine, « qui corrige l’erreur par la vérité et exige des pensées spirituelles, ou concepts divins, afin qu’elles produisent des résultats harmonieux » (Science et Santé, p. 259). La prière qui clarifie l’idée que l’on a de soi en tant qu’expression de Dieu, et notre perception de Dieu en tant que Vérité et Amour absolus, montre la réalité éternelle de l’homme. Elle nous montre que l’homme est un être entièrement spirituel, n’ayant besoin d’aucune amélioration. Cette pratique de la prière chrétienne rayonne et apporte de nombreux bienfaits.
L’exemple biblique de Débora, qui était à la fois juge et prophétesse (voir Juges 4), nous en apporte la confirmation. Son discernement venait du fait qu’elle écoutait Dieu. Bien que la Bible ne détaille aucune de ses prières (même si elle lui attribue un magnifique chant de gratitude envers Dieu), la clarté de la clarté de son ministère de prophétesse indique son dévouement envers Dieu.
Débora ne se précipite pas dans l’action et ne prend pas de décisions sous l’impulsion de facteurs extérieurs. Elle obéit aux directives qu’elle reçoit grâce à son unité avec l’Amour divin. Elle s’exprime avec l’autorité qu’elle a discernée ; sa position de leader découle d’une force spirituelle intérieure, et non d’une volonté personnelle. A une période marquée par les troubles et les craintes de sa nation, la vision inspirée de Débora et les conseils qu’elle a donnés deviennent comme un refuge pour les Hébreux. Son engagement dans la prière lui permet d’exercer son autorité avec sagesse et fermeté dans des situations chaotiques.
Peut-être que l’important n’est pas tant le contenu précis de nos prières que le fait même de prendre le temps de communier avec Dieu, de comprendre et de ressentir notre nature purement spirituelle ainsi que notre unité avec l’Amour divin. Ne pas le faire revient à se priver d’eau, à se dessécher peu à peu spirituellement. Mais si nous prions tous les jours, la bonté divine prend plus de place dans nos pensées, tandis que la peur, la tension et le fardeau que nous pouvons ressentir diminuent. Nous percevons de mieux en mieux que les concepts mortels de la vie sont faux et éphémères. Ils disparaissent à mesure que le Christ, l’influence de la Divinité dans la conscience humaine, remplit notre pensée de la paix qui accompagne l’autorité de l’Amour. Et la paix rayonnant au-delà de nous-mêmes, contribue à la propagation de la paix dans le monde.
Dans une lettre écrite en 1899, Mary Baker Eddy fait cette recommandation : « Commencez par vous-même… travaillez à votre propre sanctification, à votre spiritualité, votre santé, votre sainteté. Je constate que plus je le fais pour moi-même, plus le monde entier le ressent. » (Mary Baker Eddy : Christian Healer, Amplified Edition [Mary Baker Eddy : Une vie consacrée à la guérison spirituelle, édition augmentée], p. 238-239) Plus nous croyons à la supériorité du pouvoir spirituel sur la résistance matérielle, plus nous sommes nourris spirituellement. L’aide que nous apportons et notre pratique de la guérison sont alors plus efficaces.
Larissa Snorek
Rédactrice adjointe
