Il n’est pas toujours facile de faire confiance à Dieu. Même lorsque la prière est presque instinctive, on peut se sentir impuissant face à un problème, et déconnecté de Dieu.
Beaucoup de mes amis scientistes chrétiens ont fait part de la difficulté qu’ils éprouvaient à ressentir cette espérance dont les enseignements de la Science Chrétienne affirment qu’elle est toujours présente. On peut toujours trouver des excuses pour ne pas prier : le manque de temps, la fatigue, ou encore le fait de ne pas savoir si quelque chose de bon en ressortira de toute façon. Et parfois, entendre dire que tout va bien parce que Dieu nous aime ne sert à rien, si nous avons du mal à percevoir le monde sous cet angle. J’en ai fait l’expérience. Mais j’ai aussi constaté que ce sentiment peut évoluer.
En janvier dernier, j’ai intégré un prestigieux programme de chorale pour lycéens, qui permet de chanter avec des musiciens professionnels. J’ai toujours aimé chanter, et j’ai développé ce talent principalement en chantant des cantiques à l’école du dimanche de la Science Chrétienne.
La musique composée par les chorales célèbre souvent Dieu, mais hormis dans les cantiques de l’école du dimanche et les chants de ma chorale, je ne me réjouissais pas vraiment de la bonté de Dieu. J’avais du mal à adhérer à l’idée enseignée en Science Chrétienne selon laquelle Dieu est parfait et bon, et que, puisque nous sommes Sa création, nous sommes également parfaits et bons. J’avais d’autant plus de mal à adhérer à cette idée que j’étais pleinement consciente que le monde semblait aller de mal en pis et que j’étais impuissante face à cette situation. Cela affectait tous les aspects de ma pensée. J’avais du mal à suivre le rythme de mes devoirs d’école et je me comparais sans cesse aux autres membres de ma chorale.
Alors que la date de notre concert approchait, le stress devenait encore plus difficile à gérer, d’autant plus que je devais chanter un solo. J’essayais de prier, mais les idées spirituelles auxquelles je pensais étaient très éloignées de ce que je vivais. Je faisais de mon mieux pour m’accrocher à l’idée qu’à travers ma pratique de la musique, je faisais quelque chose de bien, et qu’ainsi seul le bien pouvait en découler, pour moi comme pour les autres. J’essayais aussi de mieux voir que puisque Dieu me soutenait, tout devait bien se dérouler.
Au début de la répétition générale, notre directeur nous a lu cette citation de Leonard Bernstein, dont nous allions interpréter la musique lors de ce concert : « Voici notre réponse à la violence : faire de la musique avec plus d’intensité, plus de beauté, plus de consécration que jamais auparavant. » J’ai été envahie par un sentiment de détermination et de passion.
Durant le reste de la journée, j’ai réfléchi au fait que la musique est l’expression de l’harmonie divine et que je contribuais à faire ressortir cette harmonie en faisant de la musique pour ma localité. Comme l’écrit Mary Baker Eddy dans Science et Santé avec la Clef des Ecritures : « Comprendre clairement que toute inharmonie est irréelle fait percevoir les objets et les pensées sous leur vrai jour et les présente comme beaux et immortels. L’harmonie en l’homme est aussi réelle et immortelle que dans la musique. La discordance est irréelle et mortelle. » (p. 276) Ce passage m’a fait réfléchir au fait qu’en chantant pour les gens de ma ville, je prouvais activement la loi spirituelle de l’harmonie et au fait qu’elle gouverne chacun d’entre nous. Je ne pouvais rien faire d’autre que donner le meilleur de moi-même !
Le lendemain, je suis arrivée au concert sereine et bien préparée. Même si je devais chanter un solo et atteindre des notes exceptionnellement aiguës, que j’avais eu du mal à chanter la veille, je n’avais pas peur. La foule était nombreuse et les attentes élevées, mais tout l’amour que je ressentais pour ma chorale et pour les personnes qui m’entouraient a jailli en moi, et j’ai chanté mieux que je ne l’aurais espéré. La présence de Dieu, l’Amour divin, était partout autour de moi, et je ne pouvais m’empêcher de le percevoir et de le ressentir. J’étais remplie d’un formidable sentiment d’émerveillement et d’amour profond pour chacun.
Depuis cette expérience, je me sens de nouveau inspirée à faire confiance à Dieu en toutes choses, à me tourner vers Lui pour trouver réconfort et stabilité lorsque les difficultés semblent insurmontables, et à savoir que Dieu est toujours là pour moi. Je trouve aussi qu’il est beaucoup plus facile de prier et de ne pas me sentir accablée par toutes les difficultés auxquelles nous sommes, en apparence, confrontés. Je comprends maintenant que même si nous avons parfois du mal à trouver les mots justes pour prier, l’évidence de l’amour de Dieu n’est jamais loin.
