Un ami m’a dit un jour qu’il aimait lire le livre de l’Apocalypse, dans la Bible. « Cela se termine bien », a-t-il expliqué. Et c’est vrai ! Même si le texte abonde en images impressionnantes de guerre et de conflits, il prophétise néanmoins la destruction de tout mal. A la fin, il n’y a plus ni malédiction ni ténèbres aux siècles des siècles (voir Apocalypse 22:3, 5).
Beaucoup cherchent dans les prophéties bibliques des indications montrant que Dieu aurait envoyé certaines personnes pour sauver l’humanité du mal. Pour comprendre si Dieu a vraiment agi ainsi, posons-nous la question suivante : « Comment le mal est-il détruit ? »
Mary Baker Eddy, qui a découvert la Science Chrétienne, insiste sur le fait que la destruction du mal consiste simplement à reconnaître qu’il n’a jamais vraiment existé. Sa conviction va à l’encontre des conceptions traditionnelles du mal. Elle est parvenue à cette conclusion grâce à une étude approfondie de l’enseignement et les œuvres de Christ Jésus qu’elle a mis en pratique. Si le mal – c’est-à-dire le péché, la maladie et la mort – était réel, il aurait forcément été créé par Dieu, qui est la seule cause et le seul créateur. Or Jésus, que la Bible désigne comme le Fils unique de Dieu, a guéri tous ces maux. Soit il a remis en question l’œuvre de son Père en délivrant les gens de leurs problèmes, soit le mal n’a jamais fait partie de la création de Dieu.
La conclusion logique qui découle de l’exemple donné par Jésus est que Dieu ne connaît pas le mal. Puisque Dieu est le seul créateur, on ne peut connaître que Sa création, laquelle doit être, comme Lui, entièrement bonne. Ainsi est-il impossible que le mal soit une réalité à connaître. Et si Dieu ne connaît pas le mal, comment aurait-Il pu prévoir d’envoyer certaines personnes pour le combattre ?
Pourtant, la matière et le mal semblent bien réels à la conscience humaine. Nous ressentons certes le besoin d’être délivrés du mal, et nous prions Dieu pour trouver le salut. Mais si Dieu ne connaît pas le mal, comment peut-Il nous en délivrer ?
La réponse n’est pas que Dieu doit nous libérer du mal, mais plutôt qu’il faut se réveiller de ce rêve selon lequel il existe quelque chose dont nous devons être délivrés. Le Christ nous réveille de ce rêve afin que nous comprenions la santé et la sainteté que nous possédons déjà. Mary Baker Eddy définit le Christ comme étant « la manifestation divine de Dieu, qui vient à la chair pour détruire l’erreur incarnée » (Science et Santé avec la Clef des Ecritures, p. 583). Le Christ rend chacun de nous capable d’affronter le mal qui semble se présenter dans notre vie et le surmonter, et d’aider les autres à le vaincre également. En écoutant avec humilité le message du Christ et en agissant en conséquence, même si cela nous semble difficile, nous nous éveillons à la réalité que Dieu a créée.
Puisque Dieu est toujours présent, le Christ, la manifestation divine de Dieu, est forcément toujours présent pour apporter la guérison et le salut. Tout au long de l’Ancien Testament, on voit l’action du Christ se manifester dans les œuvres de Moïse, de Débora, d’Elie, d’Elisée, de Daniel et de tant d’autres encore. Mary Baker Eddy souligne qu’ « à travers toutes les générations, tant qu’avant qu’après l’ère chrétienne, le Christ, l’idée spirituelle – le reflet de Dieu – est venu avec quelque mesure de puissance et de grâce à tous ceux qui étaient prêts à recevoir le Christ, la Vérité. » (Science et Santé, p. 333)
Les prophètes de l’Ancien Testament comprirent que le Christ finirait par se manifester pleinement sous une forme perceptible à la conscience humaine. Et ce fut le cas. La naissance virginale de Jésus, fruit de la « communion consciente de Marie avec Dieu » (Science et Santé, p. 29), lui conféra, au-delà de toute mesure, une vision et une compréhension de ce qui constitue véritablement la création divine.
Fait unique dans l’histoire de l’humanité, Jésus a mérité le titre de « Christ » parce qu’il a résisté à toute tentation de revendiquer un pouvoir séparé de Dieu, et parce que ses pensées et ses actes étaient conformes à la loi divine jusque dans les moindres détails de sa vie. « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14:9) dit-il à ses disciples. Rien dans sa vie, sa pensée et ses œuvres, ni dans son amour et son dévouement envers ses semblables ne contredisait la loi de Dieu. Son œuvre de guérison parfaite est la réponse à la question : « Comment le mal est-il détruit ? » Il a affronté le mal sous toutes ses facettes et a triomphé.
La portée spirituelle des enseignements de Jésus, ainsi que la guérison chrétienne, s’est perdue pendant des siècles. Mais il prophétisa la venue d’un autre Consolateur : il « vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jean 14:26). Le chapitre 12 du livre de l’Apocalypse (versets 1, 5) constitue la suite de cette prophétie, décrivant « une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête » qui « enfanta un fils, qui doit paître toutes les nations ».
Commentant ce chapitre Mary Baker Eddy déclare : « La femme dans l’Apocalypse symbolise l’homme générique, l’idée spirituelle de Dieu ; elle illustre la coïncidence de Dieu et de l’homme en tant que Principe divin et idée divine. » Et elle écrit à propos du fils « ... le Christ, l’idée de Dieu, régira finalement toutes les nations et tous les peuples – impérativement, absolument, définitivement – par la Science divine. » (Science et Santé, p. 561 et 565)
Mary Baker Eddy ne pouvait pas être « l’homme générique » en personne, mais cette prophétie s’est accomplie lorsqu’elle a découvert la Science qui était à l’origine des guérisons de Jésus. Sa fidélité à la Vérité et à l’Amour nous a donné la Science divine, le Consolateur promis, qui nous permet, nous aussi de prouver, au cas par cas, l’irréalité du mal.
Nous avons tous un rôle à jouer dans la prophétie de l’Apocalypse concernant la disparition définitive des ténèbres. Nous pouvons aider l’humanité à se réveiller de ce rêve qu’est le mal. Chacun doit revendiquer sa véritable identité en tant que manifestation individuelle de l’image et de la ressemblance complètes de Dieu. Ainsi nous acceptons avec joie la mission que Jésus a confiée à ses disciples lorsqu’il leur a dit : « guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » (Matthieu 10:8) Le Consolateur découvert par Mary Baker Eddy nous montre comment accomplir la mission confiée par Jésus, le moyen infaillible d’atteindre la lumière, la paix et l’harmonie prophétisées dans l’Apocalypse.
Lisa Rennie Sytsma
Rédactrice en chef
