Au basketball, il existe une technique appelée « tir sans regarder ». C’est quand un joueur exécute un tir en profondeur, généralement au-delà de la ligne des trois points, puis détourne immédiatement le regard pour savourer de manière anticipée sa réussite, ou bien se précipite en défense pour contrer l’action à venir de l’équipe adverse. Il sait que son tir était bon et ne vérifie pas si le ballon est entré dans le panier. Il est convaincu d’avoir marqué.
Rares sont ceux qui maîtrisent cette technique. Certes, ceux qui y parviennent l’ont répétée des milliers de fois. Ils savent à quoi ressemble un tir précis. Ce degré de confiance est impressionnant, mais il le serait beaucoup moins si le ballon ne rentrait pas. Le joueur sait ce qu’il sait, et les résultats le confirment.
Je me suis interrogée sur ce que signifie avoir ce genre de confiance lors d’un traitement en Science Chrétienne correctement donné. Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est un traitement, il faut préciser qu’il n’existe aucune formule. Chaque traitement en Science Chrétienne est une prière unique, individuelle, spécifique et inspirée par Dieu. Elle est destinée à aider soit une personne qui nous a demandé de l’aide, soit nous-mêmes. Pour qu’il soit efficace, ce travail doit être accompli consciencieusement et fidèlement. Il exige de faire preuve de discipline mentale, afin de nous attacher à la vérité spirituelle que nous affirmons à notre sujet ou au sujet d’autrui, et il suppose d’exprimer également le désir d’écouter humblement les directives de l’Entendement divin. Un traitement repose sur une compréhension profonde de la nature de Dieu, l’Esprit, ainsi que le fait que nous sommes inséparables de Lui en tant que Son image et ressemblance. Cette compréhension inspirée induit un changement dans la pensée de la personne qui reçoit le traitement et un changement correspondant dans son expérience humaine – en un mot, la guérison.
Que je donne ou que je reçoive un traitement, je connais cet état de pensée où je suis certaine que la guérison a eu lieu.
Voici un exemple : il y a quelques années, j’ai demandé à une praticienne de la Science Chrétienne expérimentée, une personne qui pratique la guérison spirituelle, un traitement par la prière pour un problème physique. Nous avions prié ensemble à ce sujet pendant plusieurs jours. Franchement, je ne me souviens plus quel était le problème. Le troisième ou le quatrième jour, avant d’appeler la praticienne pour la tenir au courant, j’ai pris quelques instants pour prier. Les symptômes étaient pour la plupart inchangés, mais en priant, j’ai réalisé plusieurs choses. Premièrement, je savais parfaitement que le traitement par la prière de cette praticienne était puissant et digne de confiance. J’avais déjà eu de nombreuses guérisons par le passé, donc je savais par expérience que la prière en Science Chrétienne était fiable et efficace. Je savais aussi qu’à mesure que la praticienne et moi priions, j’avais progressé au point où je n’étais plus impressionnée par les symptômes mais plutôt par la compréhension spirituelle qui se faisait jour dans ma pensée. Finalement, j’ai eu la conviction, véritablement inspirée par Dieu, que le travail était accompli. J’ai donc appelé la praticienne pour l’informer que le traitement avait été efficace, et que j’étais convaincue qu’il n’était pas nécessaire de le poursuivre. Elle a confirmé que le travail était terminé, et les symptômes ont rapidement disparu.
Dans le livre d’étude de la Science Chrétienne, Science et Santé avec la Clef des Ecritures, l’auteure Mary Baker Eddy souligne l’importance de se détourner du corps pour se tourner vers Dieu, le bien, lorsque la maladie ou la discordance apparaissent. Elle écrit : « Détournez votre attention du corps pour contempler la Vérité et l’Amour, le Principe de tout bonheur, de toute harmonie et de toute immortalité. Fixez fermement votre pensée sur ce qui est permanent, bon et vrai, et vous le ferez entrer dans votre existence dans la mesure où cela occupera vos pensées. » (p. 261)
Cela peut paraître difficile à faire, surtout lorsque les sens physiques témoignent de quelque chose au sujet du corps qui devient source d’inquiétude ou de peur. Dans ces moments-là, la gratitude est une qualité qui peut vraiment nous aider. Il peut sembler paradoxal, au premier abord, d’être reconnaissant au beau milieu d’un problème. Mais plus nous mettons en pratique cette grâce spirituelle qu’est la gratitude, plus nous ressentons l’élévation spirituelle qu’elle procure, ainsi que son effet guérisseur.
L’Evangile selon Jean (chapitre 11) rapporte que Jésus, se tenant devant le tombeau où était son ami Lazare, remercia Dieu d’avoir exaucé sa prière. Il n’a pas eu besoin de vérifier si Lazare sortirait du sépulcre en vie avant d’exprimer sa gratitude. Jésus était si certain du pouvoir guérisseur de l’Amour qu’il a pu ressentir et exprimer la gratitude par avance. Quel exemple éclatant de la manière de détourner son regard du corps pour le tourner vers la Vérité et l’Amour.
Il y a quelques années, lors de l’échauffement avant un match, la star de la NBA, Kobe Bryant, ratait sans cesse ses tirs. C’était tout à fait inhabituel. Il a demandé à l’équipe de maintenance de la salle de vérifier la hauteur du panier. Il leur a dit qu’il était trop bas de 6 mm. Ils ont mesuré et ont constaté qu’il avait raison. Ils l’ont alors ajusté, et ses tirs ont commencé à rentrer. Cet homme connaissait avec précision la cible qu’il visait. Les joueurs de basket professionnels savent, avec une exactitude déconcertante, où se trouve le panier. Leur tir est précis car ils le dirigent vers une cible fixe et certaine.
Pouvons-nous être aussi certains de l’objectif que nous visons ? Si nous pensons que le but principal de la guérison est de pouvoir partir en voyage comme nous l’avions prévu, ou d’améliorer notre bien-être physique, nous visons peut-être un objectif trop bas. Notre objectif devrait être de glorifier Dieu, la Vérité divine universelle et l’Amour infaillible. Même quelques millimètres peuvent changer les choses.
Une étude attentive du chapitre intitulé « La prière » dans Science et Santé offre des perspectives qui nous aideront à définir notre objectif. Par exemple, l’auteure affirme : « La réponse aux questions suivantes est la pierre de touche de toute prière », et elle poursuit avec plusieurs questions qui font profondément réfléchir, notamment : « Aimons-nous mieux notre prochain parce que nous demandons de l’aimer ? », ou : « Aimes-tu “le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée” ? » (p. 9) Répondre honnêtement à ces questions peut nous aider à ajuster nos motivations et à orienter nos prières dans des directions plus productives et porteuses de guérison.
Lorsque David a affronté Goliath (voir I Samuel 17:4-49), il a cerné avec précision le problème. Goliath n’avait pas seulement menacé la vie des frères de David ou annoncé la victoire militaire de son pays. Il avait « insulté l’armée du Dieu vivant », ce qui revenait à nier le pouvoir et l’existence même de Dieu, l’Esprit. Goliath supposait que sa taille, ses armes et son armure lui donnaient un avantage décisif. David rejeta cette prémisse avec autant de détermination qu’il rejeta l’armure encombrante que le roi lui avait donnée.
Toute forme de discordance suggère, par essence, que l’Esprit n’est pas Tout-en-tout, mais qu’il est absent de cet endroit précis de l’univers à ce moment précis. Elle affirme que la matière est la seule substance, ou du moins la substance principale, et que matière est la source du pouvoir et du succès. David a fait usage de sa fronde avec précision, atteignant la seule partie du corps de Goliath qui n’était pas protégée par son armure. Mais avant de tirer, David a identifié la véritable cible et l’a atteinte avec la vérité précise qui allait faire mouche. « Tu marches contre moi avec l’épée, la lance et le javelot ; et moi, je marche contre toi au nom de l’Eternel des armées, du Dieu de l’armée d’Israël, que tu as insultée. Aujourd’hui l’Eternel te livrera entre mes mains ... Et toute cette multitude saura que ce n’est ni par l’épée ni par la lance que l’Eternel sauve. Car la victoire appartient à l’Eternel. »
Tout comme David, lorsque nous nous appuyons humblement et avec confiance sur les directives de l’Entendement divin, nous sommes remplis d’une conviction inébranlable en la puissance salvatrice de Dieu. Nous ne nous demandons plus si nous avons manqué la cible, mais nous pouvons « détourner le regard » du problème, pleinement confiants que chaque traitement en Science Chrétienne est efficace, car la loi d’Amour et de Vérité est universelle et infaillible.