La lecture des passages bibliques concernant Pierre a suscité une question utile pour ma pratique de la Science Chrétienne : « Est-ce que j’agis comme Pierre dans les Evangiles, ou comme Pierre dans les Actes des apôtres ? »
Les luttes de Pierre lorsqu’il apprend à suivre Christ Jésus sont décrites dans les Evangiles. Souvent, il semble lutter contre l’orgueil – il est parfois impétueux, irréfléchi et impertinent. A d’autres moments, lorsque son courage humain lui fait défaut, il devient timide, en proie au doute et à la peur. Après avoir accepté avec succès l’invitation de Jésus à marcher sur les eaux, il est saisi par la crainte et commence à s’enfoncer dans l’eau. Il s’endort trois fois dans le jardin de Gethsémané alors que Jésus lui a demandé de prier. Lors de l’arrestation de Jésus, sa colère l’entraîne à trancher l’oreille du serviteur du souverain sacrificateur. Et avant la crucifixion, il nie même connaître Jésus à trois reprises (voir Matthieu 14:22-31; 26:36-45; Jean 18:10, 11; Luc 22:54-62).
A l’inverse, dans les Actes des apôtres, Pierre est un homme transformé. Son orgueil a fait place à une foi humble et profonde en Dieu, lui permettant de s’adresser avec assurance à des auditoires juifs et non juifs. Il dirige les prières de la Pentecôte et affirme publiquement que la descente du Saint-Esprit est l’œuvre de Dieu. Il participe à l’établissement de l’Eglise chrétienne primitive et guérit, ainsi que Jésus le lui a enseigné.
Pierre avait sans doute compris que le ministère de Jésus montrait comment vivre en parfaite harmonie avec Dieu, et que l’œuvre de guérison du Maître n’était pas le fruit d’un pouvoir personnel, mais l’opération du Christ, la vraie idée de Dieu et la source de toute guérison et de tout salut.
Aujourd’hui, chacun de nous peut s’inspirer de l’exemple de Pierre avec gratitude. Son parcours m’a enseigné que pour que la guérison chrétienne soit efficace, il est essentiel de demeurer à la fois humble et charitable. L’humilité reconnaît que Dieu, le Principe divin, est celui qui guérit véritablement. Et la charité, exprimée par un amour patient et doux, permet de progresser et de réussir dans notre travail de guérison chrétienne. Dans son ouvrage Science et Santé avec la Clef des Ecritures, Mary Baker Eddy déclare : « La douceur et la charité ont l’autorité divine. » (p. 270)
Lorsque je sens que je ne suis pas à la hauteur de l’idéal chrétien établi par Jésus, je trouve du réconfort dans l’histoire de Pierre. Même si j’agis par orgueil, par colère ou par peur, une loi divine est à l’œuvre pour racheter ces sentiments erronés. La loi de Dieu remplace les défauts de caractère et la volonté humaine par l’humilité et la sagesse. Fondée sur une foi inébranlable en Dieu, cette réforme – le processus par lequel le péché est éliminé – apporte la guérison à toutes sortes de problèmes.
J’ai appris cette leçon très tôt dans ma carrière de praticien de la Science Chrétienne. J’ai été inscrit dans le répertoire du Christian Science Journal, une publication sœur du Héraut, le mois où notre premier enfant est né. Au même moment, ma femme et moi avons reçu en réponse à nos prières, la directive claire qu’elle devait quitter son travail pour se consacrer à l’éducation de notre fille. Mais les mensualités de notre crédit immobilier étaient déjà élevées par rapport à nos revenus. Même si je travaillais également pour L’Eglise Mère, nous étions toujours confrontés à un manque de revenus important.
Tandis que nous continuions de prier, le message demeurait clair et net : il était temps pour ma femme de cesser son travail à plein temps. Nous avons décidé de faire confiance à Dieu pour répondre à nos besoins. Rétrospectivement, nous avons souvent appelé cette période « l’année des enfants d’Israël ». Comme les Israélites dans l’Exode, nous étions appelés à témoigner du fait que Dieu répond aux besoins humains de manière juste et abondante. J’ai compris qu’il me fallait reconnaître que ces ressources ne provenaient pas de mes propres efforts. Tout en m’engageant dans la pratique de la Science Chrétienne – en m’attachant par la prière à ce qui est vrai pour chaque patient, et en niant fermement les prétentions mortelles à leur sujet – je devais aussi reconnaître que la guérison vient de Dieu et de Son Christ. J’apprenais, à ma modeste échelle, à suivre le Christ.
Chaque mois de cette année-là, notre budget n’était pas suffisant, et pourtant, chaque mois, une solution inattendue nous permettait de couvrir nos dépenses. Parfois, des patients me payaient plus que mon tarif habituel, par gratitude. Ma femme a trouvé du travail à temps partiel sans aucunes démarches de sa part. Un jour, une personne de notre entourage nous a offert un panier de nourriture. La plupart de ces personnes ignoraient nos difficultés financières.
Au bout d’un an, cependant, nos économies étaient épuisées. J’ai compris que je devais prier spécifiquement pour ce problème jusqu’à ce qu’il soit résolu. Je me suis dit que Dieu, dont la bonté et l’amour pour Ses enfants sont infinis, ne permettrait pas que notre famille vive dans le manque perpétuel. Son gouvernement de l’univers et Sa sollicitude pour toute Sa création garantissaient qu’il y avait une solution à cette situation.
Peu de temps après, trois événements successifs ont comblé nos besoins financiers. Ma pratique s’est développée et a prospéré, entraînant une augmentation de mes revenus. J’ai également reçu une augmentation de salaire inattendue de mon emploi à L’Eglise Mère. Enfin, ma femme, qui avait récemment lancé une activité de graphiste et de webdesigner en indépendante, s’est vu proposer plusieurs nouveaux contrats – et son entreprise a continué de prospérer, ce qui a été bénéfique pour notre famille. Durant les années qui ont suivi cette guérison, notre situation financière s’est stabilisée, et nous avons même pu reconstituer nos économies.
Un extrait du cantique no 46 de l’Hymnaire de la Science Chrétienne illustre magnifiquement notre expérience :
Chaque jour le pain du ciel
Vint nourrir tout Israël.
O Seigneur, donne aujourd’hui
Cette manne qui suffit !
Chaque jour ce qu’il vous faut
Ne fera jamais défaut.
Chasse tout pressentiment,
Prends la manne maintenant !
(Josiah Conder, alt., trad. © CSBD)
Je constate régulièrement que lorsque j’agis en conformité avec le Pierre des Actes des apôtres, ma vie et mon travail de guérison s’en trouvent renforcés. Rejeter toutes les fausses suggestions selon lesquelles la réussite repose sur une capacité personnelle ou un effort humain est nécessaire pour mieux affronter mes propres difficultés et celles des autres par la prière, et ainsi obtenir la victoire.
L’exemple de Pierre nous montre comment surmonter les limitations et suivre les pas de Jésus. Et le même Dieu sur lequel Pierre s’est appuyé est avec chacun de nous aujourd’hui, guidant et protégeant le travail unique qui nous est individuellement, divinement confié.
