La vérité est une chose précieuse. Exprimer la vérité dans nos paroles et nos actions est assurément louable. Dans toute la Bible, la vérité est associée à Dieu. Dans les Psaumes par exemple, on parle du « Dieu de vérité » (31:6). Un Dieu de vérité est la source naturelle de toute vérité, de tout ce qui est légitime, bon et réel. Ces adjectifs décrivent la nature même de Dieu, la Vérité.
Il est clair que tout ce qui est erroné ou mensonger ne provient pas de la Vérité divine. Mary Baker Eddy explique ceci : « Que Dieu est Vérité, les Ecritures l’affirment ; que la Vérité n’a jamais créé l’erreur ni la capacité de se tromper, c’est l’évidence même ; que Dieu a fait tout ce qui a été fait, cela est également scripturaire ; » (Ecrits divers 1883-1896, p. 49-50)
En Science Chrétienne, comprendre que Dieu est Tout, qu’Il a fait toutes choses bonnes et qu’Il a créé l’homme à Son image et à Sa ressemblance (comme on le lit dans le premier chapitre de la Genèse), constitue un solide point de départ dans la guérison spirituelle. Cela revient à reconnaître que l’homme, dans la Science divine, reflète la Vérité divine et qu’il n’a donc conscience que de ce qui est bon et vrai. Ce qui semble s’opposer à la Vérité, appelé erreur, péché, maladie, infirmité, mort, n’a ni réalité ni pouvoir, et n’a aucun fondement dans l’Esprit.
Christ Jésus n’a cessé de remettre en cause l’erreur des sens matériels, à savoir le mensonge d’une vie et d’une intelligence existant dans un entendement mortel ou un homme mortel. C’est ce qu’il appelait le diable, dont il disait : « Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et le père du mensonge. » (Jean 8:44) Comprendre cela dépouille l’erreur de toute légitimité supposée et révèle que l’erreur n’est absolument rien.
L’erreur ne peut exister pas dans la totalité de la Vérité divine, et on peut le démontrer dans la vie quotidienne et se libérer des mensonges du sens matériel.
Un jour, l’occasion m’a été donnée de réfléchir à la totalité de la Vérité et au néant de l’erreur. Dans le cadre d’un projet communautaire j’avais pris certaines mesures qui avaient été mal interprétées par une personne, et mon rôle dans ce projet a été présenté faussement. Un projet apparemment voué au succès est passé pour une erreur, et on m’a reproché d’avoir agi de manière obstinée et par choix personnel. Comme j’avais prié avec ferveur tout au long de l’élaboration du projet pour écouter la volonté de Dieu, et la suivre, ce commentaire m’a blessée, et je me suis sentie incomprise et persécutée.
Je pensais connaître la vérité concernant cette situation, et savoir que ce qu’on m’avait dit était faux. Pendant plusieurs jours, je me suis efforcée de comprendre pourquoi mes actes avaient été mal interprétés, et j’en ai discuté avec mes proches. Je leur ai rapporté les paroles blessantes qu’on m’avait adressées, et leurs réactions ont été pour la plupart bienveillantes. Même si j’appréciais ce soutien, ces conversations ne m’aidaient pas à me sentir mieux ni à dissiper le malentendu. Je n’arrivais tout simplement pas à me défaire de ce sentiment d’être prise entre différentes vérités relatives.
Finalement, j’ai décidé de prier humblement, de me tourner de tout mon cœur vers Dieu pour écouter Ses messages de vérité. Cette phrase de Science et Santé avec la Clef des Ecritures m’est alors venue à l’esprit : « Ni la sympathie ni la société ne devraient jamais nous amener à être tentés de chérir l’erreur quelle qu’elle soit, et nous ne devrions certainement pas nous faire l’avocat de l’erreur. » (p. 153) Ah tiens ! Est-ce que j’avais recherché de la sympathie, et ce mobile m’avait-il poussé à entretenir l’erreur en la ressassant ? Et surtout, est-ce que je m’étais comportée comme l’avocate de l’erreur ? Cette question m’a arrêtée tout de suite. Bien sûr que je ne voudrais jamais être, sciemment, l’avocate de l’erreur !
Je savais que la stratégie d’un avocat peut reposer sur la répétition systématique et continue afin de persuader et d’influencer. Eh bien ! Pourquoi voudrais-je consacrer du temps et de l’énergie à défendre une erreur ou à persuader quelqu’un d’autre d’en faire autant ?
J’ai réalisé qu’en m’accrochant à mon raisonnement humain, j’avais, sans m’en rendre compte, entretenu l’erreur de croire que j’avais un entendement séparé de Dieu, mortel, faillible et en désaccord avec d’autres entendements.
J’ai alors entrepris de plaider en faveur de la vérité. Je me suis dit qu’il n’existe qu’un seul Entendement, source de toute vérité, et que cette vérité est objectivement factuelle, et non une construction humaine subjective. D’origine divine, cette vérité existe indépendamment des sentiments, croyances ou opinions personnelles. Elle ne peut pas être mal comprise ni déformée, car dans la totalité de la Vérité, il n’y a tout simplement pas de place pour l’erreur. Mary Baker Eddy écrit dans Science et Santé : « Parce que la Vérité est omnipotente en bonté, l’erreur, le contraire de la Vérité, n’a aucune puissance. [...] Le plus grand mal n’est qu’un opposé hypothétique du plus haut bien. La confiance qu’inspire la Science repose sur le fait que la Vérité est réelle et l’erreur irréelle. » (p. 367, 368)
Alors que je priais avec ces idées, mon tumulte mental s’est dissipé. J’ai ressenti une paix, accompagnée de la certitude que Dieu m’avait toujours montré la voie à suivre et qu’Il continuerait de guider toutes les personnes concernées. Les paroles qui avaient été prononcées n’avaient plus aucune importance à mes yeux ; le tourbillon des opinions humaines a perdu tout son sens, et je me suis sentie protégée, sachant que seul ce que Dieu connaissait de moi était vrai et connu des autres. Dès le début, je savais que la guérison ne pouvait se produire que grâce à une meilleure compréhension de la réalité spirituelle.
Quant au projet, sa réalisation continue d’exercer une influence bénéfique sur de nombreux habitants de la ville. Même si je suis heureuse d’en être témoin, ma véritable récompense réside dans la paix intérieure que j’ai retirée de cette expérience. A mesure que l’on comprend que Dieu est « un Dieu de vérité », on ressent toute la portée de la promesse de Jésus : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. » (Jean 8:32)
