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Eteindre le feu des passions partisanes

Du Héraut de la Science Chrétienne. Publié en ligne - 6 juillet 2026


Lors des affrontements qui ont lieu à l’occasion des campagnes électorales, le vitriol est un polluant qui imprègne d’animosité personnelle l’atmosphère mentale. Qu’il soit pour ou contre, l’esprit hyper-partisan décrit une mentalité du « moi d’abord » qui fait passer l’intérêt personnel de certains avant le bien commun et exalte le dogme politique au détriment de la sagesse de Dieu, le Principe universel qui règne sur toute Sa création de manière équitable.

La prière que Jésus donna à ses disciples incarne l’esprit universel du Christ, la véritable idée du Principe divin, l’Amour. L’esprit du Christ met en avant dans nos vies le point de vue du « nous » à la place d’une pensée centrée sur le « moi ». « Notre Père qui es aux cieux » donne le ton à la Prière du Seigneur (Matthieu 6:9). Cette prière sacrée est à la fois non partisane et altruiste, inclusive et impartiale, immédiate et intemporelle. Quelle que soit la fréquence à laquelle on dit cette prière, on ne prononce jamais les mots « je », « moi » ou « mien ». S’imprégner de l’esprit du Christ, l’esprit de Vérité et d’Amour, c’est embrasser toute la famille humaine dans une même affection.

Au milieu des rancœurs politiques, chacun de nous a la possibilité (en fait, l’impératif moral) de s’en tenir fermement à la grande vérité qui inspire ces paroles bibliques : « N’avons-nous pas tous un seul père ? N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés ? Pourquoi donc sommes-nous infidèles l’un envers l’autre, en profanant l’alliance de nos pères ? » (Malachie 2:10)

Etre créé par un unique Parent commun, un Esprit parfait comme l’a déclaré Jésus, c’est être fait à la ressemblance même de Dieu et coexister en accord spirituel avec Lui. Notre véritable filiation signifie que nous partageons, vous, moi et tous les autres, un droit de naissance immortel en tant qu’ « héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ » (Romains 8:17).

S’il y a des divisions partisanes, c’est parce que le monde considère les individus de façon illusoire et égocentrique comme des émanations de la matière et non de l’Esprit, comme des personnalités charnelles dont les pensées et les actes sont inspirés par l’affection de la chair qui est « inimitié contre Dieu » (Romains 8:7). La Science Chrétienne est venue transformer et sauver un monde en conflit avec lui-même, en révélant qu’il n’existe pas d’autre Entendement ou pouvoir que l’unique Principe divin de l’univers, qui a tout créé spirituellement et non matériellement.

Mary Baker Eddy, la découvreuse divinement inspirée de cette Science, explique que cette mentalité charnelle ou mortelle, opposée à l’omniscience de Dieu, le grand Je suis, représente une croyance idolâtre à des entendements et à des ego en désaccord les uns avec les autres, chacun ayant le culte de soi. Le pur monothéisme de l’Entendement divin unique, reflété parfaitement dans sa création harmonieuse, dissipe cette croyance erronée. Dans ses écrits, Mary Baker Eddy met à nu les machinations supposées de cette erreur mentale, comme lorsqu’elle déclare : « ... une croyance à de nombreux entendements souverains entrave l’orientation normale de l’homme vers l’unique Entendement, l’unique Dieu, et conduit la pensée humaine dans des voies opposés où règne l’égoïsme. » (Science et Santé avec la Clef des Ecritures, p. 205)

Cette erreur polythéiste – l’erreur de croire non seulement à de nombreux entendements mais aussi à « de nombreux entendements souverains » – nourrit cet esprit partisan qui divise. L’ambition égocentrique qui pousse certains à vouloir régner de manière impérieuse sur les autres trahit une profonde ignorance de la tendre sollicitude avec laquelle Dieu guide chacun de nous. Cela empêche de reconnaître que le Principe divin, et non la personne, est la vraie force motrice à la tête du véritable gouvernement. Selon les Ecritures, Dieu est notre Roi, notre Juge et notre Législateur. Une compréhension et une démonstration pratiques de la nature divine dans la vie quotidienne favorisent le bon fonctionnement des trois aspects d’un gouvernement démocratique, à savoir le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire et le pouvoir législatif.

En décembre 1900, Mary Baker Eddy a reconnu que « les prétentions d’un pouvoir humain et politique » font partie des « dangers les plus imminents que devra affronter le siècle à venir » (La Première Eglise du Christ, Scientiste, et Miscellanées, p. 266). Les convulsions politiques du 20e siècle ont plus que justifié sa mise en garde. Ce siècle est révolu, mais le danger d’un pouvoir politique mal dirigé, à l’échelle mondiale, nationale ou locale, demeure une menace pour le progrès et le bien-être de l’humanité.

Le Leader de la Science Chrétienne ne contestait évidemment pas le système démocratique du gouvernement de son pays, système fondamentalement attaché à la liberté individuelle. Elle défendait la Constitution des Etats-Unis (voir Miscellanées, p. 282). Elle a également déclaré n’avoir d’autre engagement politique « que de participer au soutien d’un bon gouvernement, d’aimer Dieu par-dessus tout et [son] prochain comme [elle]-même » (Miscellanées, p. 276). En temps de guerre, elle a exhorté les scientistes chrétiens à prier pour que la présence divine guide et bénisse le président, le pouvoir judiciaire et le Congrès (voir Science Chrétienne contre panthéisme, p. 14).

Un secrétaire de Mary Baker Eddy a décrit ainsi son approche des questions politiques : « En matière de politique publique, elle considérait la question morale comme primordiale, le bien-être de toute l’humanité comme la question principale, et sur de tels sujets, elle n’était jamais neutre. En communion avec l’unique Entendement, elle recherchait un concept clair du bien et du mal sur chaque question essentielle. Puis elle prenait définitivement position pour ce qui lui semblait juste. ... Les arguments opportunistes ou populistes ne parvenaient pas à l’intimider. » (Irving C. Tomlinson, Twelve Years with Mary Baker Eddy, [Douze ans avec Mary Baker Eddy], édition augmentée, p. 249, 250)

Pour accomplir notre devoir civique avec sagesse, il nous faut faire appel à une autorité supérieure à la simple allégeance politique ou aux préférences personnelles. Si nous nous contentons de suivre les courants de la pensée partisane sur les questions politiques, notre existence sera sans gouvernail et dénuée de sens. Nous nous priverons des conseils d’un Principe infaillible dans le choix d’une ligne de conduite appropriée face aux problèmes qui se posent. A l’inverse, en étant réceptifs à l’inspiration et aux directives de l’unique Entendement omniscient, nous nous libérerons de l’emprise de la pensée de groupe, c’est-à-dire de la pensée d’une pluralité d’esprits fonctionnant en vase clos (représentée par les sondages, les experts et l’opinion populaire).

En exerçant librement leur droit de citoyens de participer au processus politique, les scientistes chrétiens cherchent des informations fiables sur l’actualité (mais sans en être submergés !), soutiennent les organisations et les politiques qui visent à améliorer à la fois leur pays et le monde qu’ils partagent avec tous les peuples et, par-dessus tout, votent selon leur conscience au moment des élections. Ce sont leurs prières quotidiennes pour que la volonté de Dieu soit faite « sur la terre comme au ciel » (Matthieu 6:10) qui les incitent à agir ainsi en toute justice. Le progrès né de ces prières aligne plus étroitement la justice humaine sur la justice divine.

Comme toute activité humaine qui a de la valeur, le gouvernement de soi-même dans la sphère politique doit être mené à un niveau mental supérieur. La politique s’élèvera dans la mesure où la population sera ennoblie par les faits de l’être spirituel. Mary Baker Eddy a exprimé cet idéal dans son hommage au travail du président martyr des Etats-Unis William McKinley : « Il commença par réchauffer le marbre de la politique en lui donnant un zèle tempéré par la sagesse, étouffant les volcans des passions partisanes et unissant les intérêts de tous les peuples ; et il termina en surmontant le mal par le bien universel. » (Miscellanées, p. 291).

En 1892, quelques mois avant d’être nommé rédacteur en chef du Christian Science Journal, une publication sœur du Héraut, le juge Septimus Hanna avait accepté une invitation à présider une convention du Mouvement de la tempérance dans l’Etat de Pennsylvanie. Par la suite, on le pressa d’assister à la convention nationale. C’est à ce moment-là qu’il écrivit à Mary Baker Eddy pour lui demander conseil en lui expliquant les avantages et les inconvénients de la décision à prendre (8 juin 1892 ; voir IC033a.13.011, La Bibliothèque Mary Baker Eddy).

Elle lui fit cette réponse prudente accompagnée d’une mise en garde : « La vieille outre remplie de malhonnêteté des hommes politiques a besoin d’être vidée, et il faut y verser votre mobile, celui d’accomplir le plus de bien pour le plus grand nombre. Si vous êtes à présent suffisamment enraciné et fondé dans le Christ, la Vérité, avec toutes ses douces saveurs de patience, de sagesse et de grâce, pour supporter la pression, vous pouvez faire plus de bien en travaillant occasionnellement parmi les hommes politiques qu’en vous éloignant d’eux. » Elle le met cependant en garde : « Vos qualités chrétiennes seront mises à rude épreuve, mais si vous prenez cela comme une croix et que vous la portez humblement, Dieu guidera et soutiendra tous ces efforts... » (11 juin 1892 ; L04928, La Bibliothèque Mary Baker Eddy ; © The Mary Baker Eddy Collection).

Le fanatisme politique s’oppose à la vérité essentielle prêchée et pratiquée par Christ Jésus, à savoir la suprématie de la volonté de Dieu dans la vie des hommes et des femmes, dans le monde entier. Conformément à la démonstration par notre Maître du pouvoir de guérison de l’Esprit divin sur la chair, Science et Santé déclare : « L’Entendement immortel, gouvernant tout, doit être reconnu comme suprême, tant dans le prétendu domaine physique que dans le domaine spirituel. » (p. 427) Selon la même logique métaphysique, le Principe qui gouverne tout doit être reconnu comme suprême, tant dans la prétendue sphère de la politique partisane que dans le royaume harmonieux des cieux.

Soyons clairs, l’esprit partisan n’est pas l’apanage exclusif de la politique. Ce trait volontaire d’un ego personnel et fini montre sa tête d’hydre dans les pratiques commerciales douteuses, les querelles familiales amères, les débats doctrinaux entre religions ainsi qu’entre les idéologies opposées ou dans les conflits frontaliers qui existent entre les nations. Les contestations de toutes sortes nous obligent à surveiller étroitement l’atmosphère mentale dans laquelle nous nous retrouvons. Moins nous nous enflammerons dans nos discussions et nos relations avec les autres, plus nous réussirons à démontrer l’harmonie dans tous les domaines, à commencer en nous-mêmes, mais aussi dans notre foyer, dans les salles des conseils d’administration des entreprises, dans les assemblées d’église et à tous les échelons de la gouvernance politique.

Avoir une pensée libre de tout esprit partisan et rigide ne signifie pas que vous ou moi manquions de conviction dans ce qui est juste, ni du courage nécessaire pour défendre ce qui est juste. Mais cela veut certainement dire qu’en menant le bon combat de la foi, en surmontant les états d’esprit erronés, « nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang » (Ephésiens 6:12). Le fait de s’opposer à l’égocentrisme, à l’opportunisme ou au manque d’éthique ne nous autorise pas à diaboliser ceux qui ne partagent pas notre point de vue. Au moment où les controverses politiques enflamment les passions, le Christ de Dieu appelle chacun d’entre nous à aimer davantage (à traiter charitablement même un prétendu adversaire) et, si nécessaire, à pardonner aux autres à l’exemple de Jésus. Après tout, la Règle d’or ne cesse ni d’être d’or ni d’être une règle dès l’instant que nous débattons sur le terrain politique !

Commencer par reconnaître ce qui est spirituellement vrai permet de mieux discerner l’approche politique la plus appropriée dans les circonstances présentes. Dans les statuts de son Eglise, Mary Baker Eddy a inclus une disposition intitulée « Vigilance face au devoir » qui est un marqueur métaphysique quand il s’agit de prendre des décisions avisées et impersonnelles : « Par ses œuvres, [chaque membre de cette Eglise] sera jugé – et justifié ou condamné. » (Manuel de L’Eglise Mère, p. 42)

En concentrant notre jugement sur les résultats plutôt que sur la personnalité, il nous est plus facile de n’être ni troublés ni influencés par les accusations et contre-accusations personnelles liées à la rhétorique politique. Il nous est également plus facile de suivre ce conseil avisé : « Soyez tempérants en pensée, en parole et en action. ... Réprimez le zèle non tempéré. » (Mary Baker Eddy, Rétrospection et Introspection, p. 79)

En apprenant peu à peu à amener « toute pensée captive à l’obéissance de Christ » (II Corinthiens 10:5), le corps politique deviendra plus « tempérant en pensée, en parole et en action ». Au fur et à mesure que cette amélioration se fera sentir dans nos cœurs, le fanatisme partisan cédera la place à l’esprit Christ d’équité et de sérénité, qui est l’expression du gouvernement de Dieu sur la terre comme au ciel.

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