Peu de gens seraient d’accord avec ces paroles écrites par le grand apôtre Paul dans sa lettre aux premiers chrétiens de Rome. Loin de se réjouir au milieu des tribulations, ne se demande-t-on pas plutôt avec crainte et accablement : « Pourquoi moi ? Qu’ai-je fait pour mériter cela ? »
Pourtant, après avoir traversé pendant vingt ans des épreuves que la plupart des gens n’auraient pas pu supporter, Paul proclame triomphalement : « Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à l’extrémité ; dans la détresse, mais non dans le désespoir ; persécutés, mais non abandonnés ; abattus, mais non perdus […] Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire… » (II Corinthiens 4:8,9,17,18)
Comment Paul a-t-il pu garder une attitude aussi positive, compte tenu de la lapidation, des violences physiques, des emprisonnements et des procès qu’il a endurés au cours de la mission que le Christ lui a confiée, à savoir diffuser le message chrétien ?
Paul nous répond lui-même : « Nous nous glorifions même des afflictions, sachant que l’affliction produit la persévérance, la persévérance la victoire dans l’épreuve, et cette victoire l’espérance. Or, l’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné. » (Romains 5:3-5) Et d’ajouter : « C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. » (II Corinthiens 12:10)
Quand, dans un moment de grande faiblesse, on s’abandonne entièrement à Dieu, au lieu de compter sur le raisonnement humain ou la volonté humaine, Dieu nous fait cette promesse : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. » (II Corinthiens 12:9)
Mary Baker Eddy, la Découvreuse et Fondatrice de la Science Chrétienne, est de l’avis de Paul. En effet, elle écrit : « Les chrétiens d’aujourd’hui devraient pouvoir dire, avec la douce sincérité de l’apôtre : “je me plais dans les faiblesses” – je me réjouis de ressentir la faiblesse, la douleur et toute souffrance de la chair, parce que cela m’oblige à en chercher le remède, et à trouver le bonheur, en dehors des sens personnels.
« […] il se plaisait dans les “calamités”, car elles mettaient à l’épreuve le pouvoir latent et le développaient. » (Ecrits divers 1883-1896, p. 200, 201)
Cet enseignement, bien sûr, n’est pas facile à comprendre avant d’avoir fait l’expérience de sa vérité en se donnant entièrement à Dieu, et en constatant la véracité et l’efficacité des paroles de Paul. On fait tous face à des problèmes récurrents, et combien de fois est-on tenté de se demander : « Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? Suis-je responsable de cette situation ? Est-ce le hasard ou un accident ? » La réponse à apporter à chacune de ces questions est un Non catégorique, car Dieu ne se trouve nulle part dans ces questions. Dieu est la seule cause, et Il ne peut être à l’origine que du bien.
Bien sûr, si pour avoir péché, on rencontre des problèmes, c’est là une autre histoire, car le péché se punit toujours lui-même ; c’est ainsi qu’il est détruit. Mais notre Leader affirme que « … toutes conditions préjudiciables, s’il n’y a pas péché, peuvent être affronté[e]s sans souffrance » (Science et Santé avec la Clef des Ecritures, p. 385).
A mesure que l’on progresse dans l’étude de la Science Chrétienne, on est amené à s’élever davantage dans la compréhension, à mieux connaître la vérité de l’être et à la démontrer plus encore. A la fin de l’école primaire, on ne se dit pas : « J’ai appris tout ce que j’avais besoin de savoir. Je n’ai plus besoin de me dépasser. » Bien sûr que non ! Car on ne cesse jamais d’apprendre, de grandir et de progresser. Mary Baker Eddy affirme que « le progrès est la loi de Dieu, loi qui exige de nous seulement ce que nous pouvons certainement accomplir » (Science et Santé, p. 233).
Jésus déclare qu’il faut « naître de nouveau » de l’Esprit, sinon on ne peut ni voir ni entrer dans le royaume de Dieu. Naître de nouveau signifie adopter une toute nouvelle perception de soi-même, et de son prochain – en tant qu’idées spirituelles plutôt qu’en tant qu’êtres matériels.
Chaque situation qui semble difficile est une occasion de prouver l’omnipotence de Dieu, l’Esprit. A quoi sert tout ce qu’on lit dans la Bible et dans Science et Santé s’il n’y a aucun pouvoir qui les sous-tend ? Il n’y a là aucune magie, tout comme il n’y a aucune magie dans le fait d’envoyer un homme sur la lune ou d’allumer un feu en frottant deux bouts de bois l’un contre l’autre. La métaphysique, tout comme les mathématiques, est constituée de lois qui fonctionnent à chaque fois dès lors qu’on les connaît et qu’on les applique correctement. La Science Chrétienne nous montre comment appliquer les lois de Dieu pour vaincre le péché, la maladie et la mort, c’est-à-dire les mensonges de la vie dans la matière. La vérité de la loi divine détruit l’illusion de tout ce qui s’y oppose.
Consciente de la façon dont ces idées seraient généralement reçues, Mary Baker Eddy écrit : « Il n’est pas étonnant que vous vous demandiez : “Et qui est suffisant pour ces choses ?” Mais vous devez vous rappeler que notre Père céleste ne nous demande pas plus que ce que nous pouvons faire. Chaque victoire remportée sur le moi et sur la maladie vous fortifie pour le prochain combat, et ainsi de suite, jusqu'à ce que vous puissiez dire avec l’apôtre : “J’ai combattu le bon combat”. Nous ne connaîtrons jamais notre force tant qu’elle n’aura pas été mise à l’épreuve, et alors Sa force sera rendue parfaite dans notre faiblesse, et l’humilité nous enseignera la puissance de la Vérité et de l’Amour divins. » (Yvonne Caché von Fettweis and Robert Townsend Warneck, Mary Baker Eddy: Christian Healer, Amplified Edition, [Mary Baker Eddy : Une vie consacrée à la guérison spirituelle, édition augmentée], p. 239–240)
Science et Santé contient cette promesse : « Chaque stade successif d’expérience révèle des vues nouvelles de bonté et d’amour divins. » (p. 66) Ainsi, chaque fois qu’un problème se présente, déclarons aussitôt : « J’ai hâte de découvrir les vues nouvelles de Ta bonté et de Ton amour que Tu vas me révéler, Père ! »
Parfois, les scientistes chrétiens sont désorientés par la répétition des problèmes ; ils pensent alors que la Science Chrétienne ne fonctionne plus pour eux. Autant croire que les mathématiques sont efficaces dans un cas mais pas dans un autre, ou seulement pour certaines personnes. « Le Principe est absolu, lit-on dans Science et Santé. Il n’admet aucune erreur, mais repose sur la compréhension. » (p. 283)
Aussi convaincant que puisse paraître un mensonge, dès lors que l’on accepte le fait éternel selon lequel la matière – ce qui inclut tout mal, l’erreur et l’entendement mortel – n’est qu’une illusion, le mensonge cesse de nous tromper. Un mensonge reste un mensonge. Il ne pourra jamais devenir réel, même si un milliard de personnes y croient, ou s’il est répandu depuis des années. Pensons au nombre de fausses croyances que le monde a acceptées pendant des centaines, voire des milliers d’années !
C’est seulement de la croyance à une condition matérielle dont nous devons nous débarrasser, et non de la « condition » elle-même, qui est une illusion. Mary Baker Eddy écrit : « L’entendement mortel voit ce qu’il croit aussi certainement qu’il croit ce qu’il voit. » (Science et Santé, p. 86) Si on pense qu’un problème a vraiment existé pour ensuite disparaître, alors on pourrait aussi penser qu’il risque de réapparaître. En revanche, s’il n’a jamais existé, alors il ne peut pas réapparaître. Est-il possible qu’un jour la terre devienne plate, ou que le soleil tourne autour de la terre – deux croyances pourtant largement répandues autrefois ? Evidemment non ! Lorsque nous cessons de croire aux mensonges, nous ne pouvons plus être trompés par leur apparence erronée, et nous n’en subissons donc plus les conséquences.
Mary Baker Eddy observe : « Ma foi en Dieu et en Ses fidèles repose sur le fait qu’Il est le bien infini, et qu’Il donne à Ses fidèles l’occasion d’utiliser leurs vertus cachées, de mettre en pratique le pouvoir qui gît caché pendant les périodes de calme et que les tempêtes éveillent à la force et à la victoire. » (La Première Eglise du Christ, Scientiste et Miscellanées, p. 204) C’est certainement une bonne raison pour se réjouir dans les tribulations !
Il y a quelques années, alors que je faisais face à plusieurs problèmes de santé, dont deux crises cardiaques, je gérais avec mon mari et ma fille trois entreprises à New York, tout en supervisant la rénovation de notre église construite il y a cent ans. J’aurais pu voir en chaque problème une attaque personnelle, ou une « tribulation », susceptible de mettre fin à mes jours, de détruire nos entreprises ou d’arrêter le projet concernant l’église. Mais je pouvais aussi y faire face à l’instar de Paul et déclarer en le paraphrasant : « Je suis pressée de toute manière, mais non réduite à l’extrémité ; dans la détresse, mais non dans le désespoir ; persécutée, mais non abandonnée ; abattue, mais non perdue. »
En observant le Premier Commandement et en refusant de reconnaître un pouvoir en dehors de Dieu, le bien, j’ai compris que ces tribulations n’avaient jamais touché ma véritable identité en tant qu’idée spirituelle de Dieu. Il s’agissait de suggestions mentales agressives prétendant que je n’étais pas l’enfant bien-aimée de Dieu, dotée du pouvoir, de l’autorité et de la liberté de l’Amour.
Face à chaque problème, j’ai choisi de m’attacher à l’omnipotence de Dieu, comme notre Leader l’enseigne lorsque l’illusion de la maladie ou du péché nous tente (voir Science et Santé, p. 495). Ainsi que Christ Jésus, Paul et Mary Baker Eddy nous l’ont promis, j’ai triomphé des mensonges que représentaient les troubles cardiaques et de toute suggestion agressive de vie dans la matière, ou croyance à un entendement charnel séparé de Dieu. Depuis 25 ans, je n’ai pas eu le moindre symptôme de trouble cardiaque.
Dieu déclare sans équivoque : « Ne crains rien, car je suis avec toi ; ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu ; je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante. » (Esaïe 41:10) Au milieu de toutes mes tribulations, j’ai obéi à cette exhortation, et Dieu a tenu Sa divine promesse et m’a fait voir Sa gloire.
