J’ai appris à prier et à comprendre la valeur de l’humilité à l’école du dimanche de la Science Chrétienne.
Un jour, quand j’avais sept ou huit ans, je me suis trouvé dans une situation difficile, et humblement je me suis tourné vers Dieu. Mon frère aîné et son ami m’avaient invité à faire un tour en voiture dans un champ couvert de tas de foin fraîchement coupé. Nous avons dévalé la colline en voiture et renversé les tas les unes après les autres. C’était super… jusqu’à ce que nous arrivions au bas de la colline. Lorsqu’ils ont fait demi-tour pour remonter, les roues arrière ne cessaient de patiner et tournaient sans que la voiture n’avance. Nous étions visiblement immobilisés, et sans moyen de nous en sortir. Cette balade n’était peut-être pas une si bonne idée après tout.
Après avoir observé mon frère et son ami se démener pour trouver une solution, je me suis éloigné pour prier. Je me souviens m’être agenouillé dans le champ et m’être tourné vers Dieu de tout mon cœur en récitant lentement la Prière du Seigneur que Christ Jésus enseigna et que j’avais apprise à l’école du dimanche. Après quoi, je me suis relevé et j’ai vu que mon frère et son ami étaient en train de charger de lourdes pierres dans le coffre de la voiture. Ils avaient trouvé la solution. Grâce à ce poids supplémentaire, les roues ont bien adhéré au sol, et nous avons pu rejoindre la route pour rentrer à la maison. (Bien plus tard, j’ai pris conscience, avec regret, que l’agriculteur avait dû ramasser tout ce foin et refaire les tas).
Vingt ans plus tard, je me suis retrouvé face au même problème, mais cette fois-ci j’étais au sommet d’une falaise, avec apparemment aucun moyen de redescendre. Comme la première fois, par bêtise et manque flagrant d’humilité, je m’étais laissé piéger. J’aime à penser qu’il s’agit là d’une « expérience à la Jacob » empreinte de remords (voir Genèse 32, 24-30), car elle me rappelle la lutte du patriarche biblique Jacob : en effet, j’ai été, moi aussi, obligé de regarder en face mon comportement, et de me tourner entièrement vers Dieu.
Par un dimanche après-midi clair et ensoleillé, nous roulions, Cindy (ma future femme) et moi, le long de la côte californienne, admirant les scintillements bleu-vert de l’océan Pacifique. Nous nous sommes arrêtés pour marcher sur la plage. Mon regard a été attiré par une falaise qui semblait difficile à escalader mais apparemment sans danger. Il ne m’a pas fallu longtemps pour repérer un itinéraire menant à une haute corniche.
Je n’avais aucune expérience en matière d’escalade, mais je m’étais documenté à ce sujet et j’étais plutôt en forme. Après avoir examiné la falaise, j’ai vu un sentier menant à une corniche située à une trentaine de mètres du sol. Mon plan était d’y grimper, de la longer jusqu’à un chemin moins escarpé, puis de redescendre en toute sécurité. Vous devinez la suite ?
J’ai expliqué à Cindy ce que j’avais l’intention de faire et je suis parti. La paroi rocheuse était suffisamment abrupte pour rendre attrayant le chemin ascendant, tout en offrant assez de fissures et d’aspérités pour que je puisse y poser les mains et les pieds. A une quinzaine de mètres du sol, la paroi est devenue plus abrupte, et quelques fragments instables de la roche se sont détachés, mais j’ai réussi à garder l’équilibre en me plaquant contre la surface rocheuse.
Au bout d’une dizaine de minutes, je me tenais sur un rebord de 60 cm de large et regardais Cindy. J’étais plutôt content de moi. De cette hauteur, je pouvais voir les montagnes à l’horizon de l’océan.
Oui, j’avais réussi à monter, mais je savais qu’il me serait presque impossible de redescendre par le même chemin. L’instabilité des pierres, que j’avais constatée lors de l’ascension, rendait l’opération trop risquée. J’ai longé la corniche jusqu’au point où j’avais prévu de commencer à redescendre, mais j’ai constaté avec surprise qu’elle se réduisait à une largeur d’un peu plus de 15 cm. Environ 5 mètres plus loin, elle s’élargissait à nouveau jusqu’à l’endroit où j’avais prévu de redescendre. Si j’avais été un grimpeur plus expérimenté, j’aurais sans nul doute pu y parvenir. Mais compte tenu de mon inexpérience, je n’allais pas m’y risquer.
J’ai fait demi-tour sur la corniche pour arriver là où Cindy pouvait me voir, et je l’ai appelée. Elle m’a souri, ne se doutant pas du danger que je courais. Hélas, elle ne pouvait même pas m’entendre.
Je n’ai pas le vertige, mais j’ai commencé à avoir peur. Je n’ai pas tardé à m’immobiliser, incapable de faire un pas de plus. J’étais vraiment dans le pétrin ! Les grimpeurs aguerris parlent de la nécessité de garder son équilibre mental. Pour ma part, je l’avais perdu.
Me sentant pris au piège, je me suis tourné vers Dieu et je me suis mis à réciter mentalement la Prière du Seigneur, avec laquelle j’avais maintes fois prié et qui m’avait apporté la guérison. Cependant, je n’arrêtais pas de perdre le fil de la prière. Après plusieurs tentatives, j’ai finalement réussi à aller jusqu’au bout de la prière. Cela m’a suffisamment apaisé pour être enfin capable d’écouter les directives de Dieu.
L’inspiration m’est effectivement venue, ce qui m’a tout d’abord étonné : il fallait redescendre par le chemin que j’avais emprunté pour monter. C’est une blague ? Pourtant, le message s’était imposé avec une clarté et une fermeté telles que j’ai compris qu’il s’agissait de la voix de Dieu et que je pouvais Lui faire confiance.
En commençant la descente, j’étais tout à fait calme, au point d’être sûr que je ne risquais pas de tomber. Soudain, je me suis senti aussi agile qu’un chat. Lorsque j’ai enfin atteint le sol, sans la moindre égratignure, j’étais rempli de joie et de gratitude.
Après coup, je me suis rendu compte que, par égoïsme, j’avais mis Cindy dans une situation délicate en me mettant moi-même en danger. Cela donnait à réfléchir, et j’aurais dû y penser avant d’entamer cette escalade ! Si j’avais écouté Dieu, ce « murmure doux et léger » de la sagesse divine que le prophète biblique Élie entendit (I Rois 19:12), je n’aurais jamais tenté quelque chose d’aussi téméraire.
Dans le premier chapitre d’Ecrits divers 1883-1896, Mary Baker Eddy dit ceci : « L’humilité est le marchepied pour accéder à une plus haute perception de la Divinité. Des cendres du moi qui se dissout, la conscience qui s’élève recueille des formes nouvelles et une flamme étrange, et elle abandonne le monde. La douceur de caractère rehausse les attributs immortels simplement en ôtant la poussière qui les voile. » (p. 1) A mes yeux, cela signifie qu’il ne faut pas laisser l’ego humain obscurcir notre jugement. Si nous voulons ressentir profondément que nous sommes gouvernés par Dieu, il est nécessaire que l’unique Ego divin, Dieu, fasse taire un sens personnel de ce qu’est l’ego, et cela se fait quand nous prions et que nous demeurons à l’écoute de Dieu.
Aujourd’hui, je suis reconnaissant envers Dieu de me donner l’humilité de suivre chaque jour ses conseils infaillibles. L’humilité, c’est avoir le courage de s’arrêter pour écouter Dieu lorsque nous sommes tentés d’aller de l’avant, mus par la volonté humaine.
Sur cette falaise, comme Jacob, j’avais été « seul, combattant l’erreur – luttant contre un sens mortel de vie, de substance et d’intelligence comme existant dans la matière avec ses faux plaisirs et ses fausses douleurs… », et j’avais « vaincu » (Science et Santé, p. 308).
Depuis lors, j’ai obtenu de nombreuses guérisons grâce à l’étude et à la pratique de la Science Chrétienne, chacune d’entre elles illustrant ce qu’une plus grande humilité peut apporter (par exemple, voir « Emploi, éthique : laisser la première place à Dieu », Le Héraut de la Science Chrétienne, décembre 2024).
L’humilité nous fait progresser, tandis que l’orgueil nous entrave. Et je continue de m’attacher à demeurer humble alors que je grimpe progressivement le sentier ascendant de la compréhension spirituelle.
