Ma femme et moi avions acheté un havre de paix : une charmante propriété boisée donnant sur des marais au bord d’une rivière. En l’espace de neuf mois, cependant, cette sérénité a été bouleversée par une série d’intempéries. Lors des deux premières intempéries, l’eau a encerclé notre maison, inondant le vide sanitaire jusqu’à mi-hauteur. Lors de la troisième, une violente tempête a déversé des pluies torrentielles sur l’océan qui se trouve à proximité, provoquant une crue de la rivière près de chez nous sur des kilomètres.
Le vent et la pluie ont persisté des jours durant, tandis que le niveau de l’eau continuait de monter. Lorsque l’eau a commencé à s’infiltrer à travers le plancher de la maison, nous avons empilé les meubles à la hâte pour éviter qu’ils ne soient complètement endommagés. Nous avons passé la majeure partie de la nuit éveillés, surveillant le niveau de l’eau et réfléchissant aux risques liés à une éventuelle évacuation.
Alors que nous nous apprêtions à évacuer les lieux, j’étais sur la terrasse et, avec une conviction profonde, j’ai dit à la tempête : « Jusqu’ici, mais pas plus loin. » Je me souvenais que c’était tiré d’un passage de Science et Santé avec la Clef des Ecritures, de Mary Baker Eddy : « L’adhésion, la cohésion et l’attraction sont des propriétés de l’Entendement. Elles appartiennent au Principe divin et maintiennent l’équilibre de cette pensée-force qui lança la terre dans son orbite et dit à la vague orgueilleuse : “Jusqu’ici, mais pas plus loin.” » (p. 124) Cela semblait vain face à l’eau qui montait, mais je me suis senti poussé à m’opposer à la prétention qu’il puisse exister une force supérieure à Dieu.
Au matin, nous avons vu qu’il était temps de partir. C’est alors qu’un coup de téléphone est arrivé. Une amie de l’église avait soudainement senti la nécessité de nous appeler, et nous lui avons décrit notre situation. Sans hésiter, elle nous a dit de prendre les chats et de venir nous installer chez elle. Ma femme et moi, nos chats dans les bras, avons traversé l’eau qui nous arrivait jusqu’aux cuisses pour sortir de la maison.
Cette nuit-là, j’étais accablé par la fatigue, inquiet de ce que nous allions trouver à notre retour. Mais ma femme et moi avons continué à prier, et dès le lendemain, notre perception de la situation avait changé. Nous nous sommes réveillés reconnaissants de la générosité de notre amie, sachant que nous étions entièrement sous la sollicitude de Dieu.
Des paroles de l’Hymnaire de la Science Chrétienne résonnaient dans ma pensée :
Père, Tes enfants qui T’aiment
Chantent leur joie aujourd’hui,
Sachant bien que c’est Toi-même
Qui nous garde, nous conduis.
(Elizabeth C. Adams, no 58, texte et trad. © CSBD)
Chaque matin, en nous tournant vers notre Père-Mère Dieu pour être guidés, nous avons constaté la véracité de ces paroles.
En moins de 48 heures, le vent et la montée des eaux ont cessé, nous permettant de circuler dans notre maison. Bien qu’il ait fallu nettoyer quelques débris autour de la propriété, nous avons constaté que le niveau de l’eau à l’intérieur n’était pas monté plus haut que celui qui avait été atteint lors de notre départ. Une entreprise de rénovation que nous avions contactée est arrivée le lendemain avec des séchoirs et des ventilateurs, et ils ont enlevé la moquette mouillée. Un expert de notre compagnie d’assurance a répondu dans la journée et s’est montré aimable et serviable.
Cette coopération et cette bienveillance se sont poursuivies tout au long du nettoyage, et nous avons continué de débuter chaque journée exprimant de la gratitude pour tous ces bienfaits, sachant que chaque jour révélerait davantage la grâce de Dieu. Science et Santé affirme : « Il faut que la patience “accomplisse parfaitement son œuvre”. » (p. 454) La patience ne consiste pas à attendre une solution matérielle, mais plutôt à reconnaître avec confiance et persistance que l’œuvre de Dieu est déjà complète.
Nous avons séjourné avec notre amie pendant quelques semaines, tandis qu’un groupe d’amis de l’église et du travail nous aidait à vider la maison de ses meubles pour faciliter le séchage et la réfection du sol (et ils sont ensuite aimablement revenus nous aider à tout remettre en place).
Comme nous vivions dans une zone humide répertoriée, nous avons collaboré harmonieusement avec les services nationaux de gestion des catastrophes et les autorités locales lorsque nous avons décidé, par précaution, de surélever la maison d’un mètre. Ces travaux allaient durer plusieurs mois, aussi notre employeur a-t-il fait en sorte que nous (chats compris) puissions être logés près de notre lieu de travail. Cela nous a permis de nous y rendre à pied chaque matin, profitant ainsi du cadre de vie local. Même l’important prêt bancaire contracté pour surélever la maison a été rapidement remboursé.
Face aux tempêtes – à toutes les épreuves qui menacent notre paix et notre harmonie spirituelles – nous pouvons nous accrocher fermement à la conviction que seul le bien peut émaner de l’Amour toujours présent. La destruction, le danger et la panique perdent leur emprise lorsque nous reconnaissons les actes de bonté et d’amour qui se produisent autour de nous, et qui ont tous leur origine en Dieu, le bien.
Nous lisons dans Science et Santé : « Le pauvre cœur qui souffre a besoin de sa nourriture légitime – la paix, la patience dans la tribulation et un sens inestimable de la bonté du Père plein d’amour. » (p. 365-366) Parfois, nous pouvons avoir l’impression que cette « nourriture légitime » faite de qualités spirituelles n’est pas ce dont nous avons besoin lorsqu’un événement catastrophique a causé perte et dévastation. Cependant, elle nous assure que notre bien-être spirituel demeure intact, préservé des aléas matériels.
Christ Jésus a enseigné à ses disciples : « Le royaume de Dieu est au milieu de vous. » (Luc 17:21) Ainsi, la vie et l’harmonie éternelles sont nôtres dès maintenant, et nous sommes toujours – à chaque instant et de toutes les manières – soutenus par l’Amour divin.
