Lorsque j’étais enfant, j’allais régulièrement à l’école du dimanche de la Science Chrétienne pendant que mes parents assistaient au service du dimanche. Plus tard, j’ai suivi le Cours Primaire de Science Chrétienne. Cependant, à un moment donné, alors que j’étais encore un jeune adulte, j’ai commencé à percevoir la Science Chrétienne comme une religion oppressive, qui retirait tout plaisir à la vie. J’ai alors cherché le bonheur à travers la promiscuité sexuelle, l’alcool et, finalement, la drogue.
Je m'étais engagé dans l'armée, et c'est là-bas, ainsi que plus tard, dans d'autres emplois tels que agent de sécurité dans des boîtes de nuit, que j'ai commencé à aimer la violence, la considérant comme un mode de vie. Cela a duré des années, me plongeant dans la spirale infernale de la dépression qui m’a conduit à devenir un sans-abri. Je cherchais désespérément à trouver du sens et de la satisfaction dans les biens matériels et éphémères.
Il y a quelques années, j’ai été incarcéré. Pendant plusieurs années, j’ai continué sur la même ligne, malgré les conséquences, jusqu’au jour où j’ai décidé de lire la Bible. Lassé des bagarres, de la frustration et de la déception, et disposant de beaucoup de temps libre, j’ai lu la Bible du début à la fin – et ma façon de penser a commencé à changer.
Quand je l’ai dit à ma mère, elle m’a envoyé les coordonnées du comité des Activités de la Science Chrétienne auprès de certains établissements dans ma région. Ils m’ont mis en contact avec un aumônier de la Science Chrétienne officiant dans les prisons et avec lequel je pouvais correspondre. J’ai reçu un exemplaire du livre d’étude de la Science Chrétienne, Science et Santé avec la Clef des Ecritures, de Mary Baker Eddy, ainsi que l’Hymnaire de la Science Chrétienne. J’ai également reçu un abonnement au Christian Science Sentinel et au Christian Science Monitor (des publications sœurs du Héraut) et au texte intégral des Leçons bibliques tirées du Livret trimestriel de la Science Chrétienne.
Reprendre l’étude de la Science Chrétienne a eu sur moi un effet significatif, presque immédiat. J’ai décidé de cesser de lutter contre l’autorité pénitentiaire. Tout désespoir et toute dépression ont disparu. Même si j’étais toujours incarcéré, je ne me voyais plus comme un prisonnier ni comme un homme pécheur. Dans son ouvrage, Science et Santé, Mary Baker Eddy écrit : « C’est notre ignorance concernant Dieu, le Principe divin, qui produit l’apparente discordance, et la vraie compréhension de Dieu rétablit l’harmonie. » (p. 390) Et : « Dieu créa l’homme libre. » (p. 227) J’ai constaté la véracité de ces deux affirmations.
Il y a quelques mois, alors que je discutais avec d’autres détenus dans la salle commune, j’ai assisté à une scène qui aurait normalement déclenché une émeute impliquant toutes les personnes présentes (nous étions une soixantaine). Mes premières pensées furent celles d’excitation nerveuse et d’anciennes réactions face à la violence : « Ça va être amusant ! » Cependant, j’ai aussitôt rejeté ces pensées et je me suis éloigné un peu pour être seul. J’ai alors commencé à chanter doucement pour moi-même le cantique « Prière du soir de “Mère” », dont les paroles sont un poème de Mary Baker Eddy (Ecrits divers 1883-1896, p. 389).
J’étais inquiet de ce qui pouvait se produire, car les autres détenus discutaient de l’incident et se demandaient s’il fallait réagir par la violence. J’ai continué à penser aux vers du cantique : « Si l’on me hait, rends mon amour plus grand, Dieu bon, qui changes toute perte en gain ! » Ma pensée a commencé à changer, passant de « j’ai besoin d’être protégé de cette bagarre » à « l’Amour divin est absolu ». J’ai regardé chaque personne individuellement et j’ai essayé de voir en chacun un enfant de Dieu, digne de Son amour infini.
J’ai continué à chanter doucement le même cantique. Il commence ainsi :
Douce présence, force, joie et paix,
Vie infinie, ô souverain pouvoir,
Toi, dont l’amour protège l’oiselet,
Guide l’essor de mon enfant ce soir.
Ces mots m’ont apaisé, et en regardant autour de moi, j’ai vu que les détenus avaient tous décidé que ce qui s’était passé ne justifiait pas de se battre.
Finalement, on nous a renvoyés dans nos cellules pour la nuit. En arrivant dans la mienne, j’ai trouvé le nouveau numéro du Sentinel qui m’attendait. En le lisant, je suis tombé sur un article qui évoquait la manière de gérer les situations violentes. L’auteur affirmait : « J’ai constaté ... que reconnaître silencieusement que l’individualité de chacun de nous est donnée par Dieu, et que nous sommes inséparables de Dieu – la seule véritable source ou Père-Mère, l’Amour divin – élève l’atmosphère mentale. » (voir Elizabeth S. Massey, « Le “royaume des cieux” dans le métro », Héraut-Online, 5 mai 2025). Cette idée m’a frappé par sa simplicité mais aussi sa puissance. Le reste de l’inquiétude s’est dissipé et j’ai pu dormir paisiblement.
Nous lisons dans Science et Santé : « Les dures expériences que suscite la croyance à la prétendue vie de la matière, ainsi que nos déceptions et nos douleurs incessantes, nous jettent comme des enfants lassés dans les bras de l’Amour divin. » (p. 322) Les déceptions et les douleurs incessantes de la vie m’ont en effet jeté, comme un enfant lassé, dans les bras de Dieu, l’Amour divin, ce qui a rempli ma vie de bienfaits.
