Lors de la visite d’une des maisons de Mary Baker Eddy, la Découvreuse et Fondatrice de la Science Chrétienne, j’ai été impressionnée par la description que la guide faisait de la confiance qu’avait Mary Baker Eddy en la Bible, vers laquelle elle se tournait pour être guidée et pour connaître la vérité. La guide nous fit cette remarque : « Imaginez que vous traitiez la Bible comme vous traitez votre smartphone. »
Ça a provoqué des rires parmi les visiteurs. Nous connaissions par expérience cette tendance à consulter constamment ces appareils pour connaître la météo, l’actualité, ce que font nos amis, pour savoir comment réparer quelque chose, pour vérifier un fait historique, etc. Cette remarque m’a aussi rendu mal à l’aise lorsque j’ai pris conscience de la futilité de notre attachement à ces activités et de la façon dont notre smartphone peut nous détourner de préoccupations plus essentielles.
Dans l’isolement de cette modeste maison de North Groton, dans le New Hampshire, que Mary Baker Eddy a habité durant une période de sa vie, alors qu’elle avait une santé fragile, un mari souvent absent et un fils dont on l’avait séparé depuis qu’il avait été confié à une famille d’accueil qui avait déménagé, elle se trouvait constamment confrontée à des questions existentielles. Elle cherchait à acquérir une compréhension de Dieu qui lui permette de répondre aux questions que nous nous posons peut-être aujourd’hui : Qu’est-ce qui se passe réellement ? Qui suis-je ? Pourquoi suis-je ici ?
Lorsqu’elle ouvrait sa Bible, elle aspirait à une compréhension plus grande, à une sagesse qui ne saurait provenir d’une simple analyse des conditions matérielles. Ouvrir ce livre, c’était affirmer sa relation avec la source divine de toute intelligence, de toute perspicacité et de toute logique – non pas chercher à télécharger des informations, mais chercher à prendre conscience de la présence et la puissance de Dieu.
Clara Knox McKee, qui a travaillé dans la maison de Pleasant View, une autre maison où Mary Baker Eddy a habité bien après la période de North Groton, a consigné ce qui suit dans ses mémoires : « Elle ouvrait sa Bible au hasard et lisait la première chose qui s’offrait à son regard. Ensuite elle en donnait l’interprétation spirituelle, laquelle s’échappait de ses lèvres aussi librement que si elle l’avait lue.
« C’était son pain venu du Ciel, son inspiration et sa révélation, la manne du jour, qu’elle partageait avec les membres de sa maisonnée. » (Nous avons connu Mary Baker Eddy, Edition augmentée, tome 1, p. 478)
Consulter la Bible comme on consulte son smartphone, ce n’est pas seulement se tourner fréquemment vers les Ecritures. C’est considérer le fait de se tourner vers les Ecritures comme une manière d’acquérir une compréhension plus grande de ce qui se passe réellement.
Une tribune récente intitulée « There’s a good reason you can’t concentrate » [Il y a une bonne raison pour laquelle vous n’arrivez pas à vous concentrer] (Cal Newport, The New York Times, 27 mars 2026), suggérait que consulter en permanence nos téléphones nous empêche de réfléchir. L’inspiration et la créativité – le type de pensée dont l’humanité a le plus besoin – ne s’obtiennent pas en faisant défiler rapidement les opinions des autres ou une sélection d’informations. L’auteur a noté qu’Abraham Lincoln se retirait dans une maison de campagne pour consacrer du temps à la réflexion, et que Martin Luther King Jr. a trouvé le sens de sa vie après une « longue période de réflexion paisible ».
Lors de notre visite de cette maison de North Groton, tous les visiteurs aspiraient à avoir plus de réflexions profondes et à atteindre la compréhension qu’elles apportent. Il était évident qu’il fallait y consacrer plus de temps.
Je me souviens qu’il y a des années, lorsque j’ai suivi le Cours Primaire de deux semaines sur la Science Chrétienne, la capacité de penser en faisant preuve de discernement spirituel me semblait tout à fait naturel. En consacrant la majeure partie de mon temps à l’étude de la Bible et des écrits de Mary Baker Eddy durant cette période et en m’y engageant activement, j’ai constaté que l’inspiration venait plus facilement. Les problèmes qui se présentaient se résolvaient rapidement à mesure que les qualités spirituelles qui expriment la nature de Dieu me devenaient plus proches et plus chères. Après le Cours, j’ai conservé ce sens spirituel en rentrant chez moi, et des personnes ont fait appel à moi pour trouver une guérison spirituelle. Pouvoir les aider m’a procuré une grande joie et une compréhension plus claire de ma mission.
Mais avec le temps et le retour à l’agitation de la vie quotidienne, avec les choses à faire et la tendance à suivre l’actualité et les opinions des uns et des autres, la clarté de ce sens spirituel a semblé s’estomper quelque peu. Une nuit, je me suis réveillée avec des symptômes douloureux liés à un problème physique qui avait été guéri auparavant grâce à la conscience de l’amour toujours présent de Dieu. Même si j’avais délaissé cette immersion spirituelle totale qui avait caractérisé les journées du Cours Primaire, je savais que je devais me tourner vers Dieu pour obtenir une vue correcte de ce qui se passait.
Ma Bible était sur la table de chevet. J’ai allumé ma lampe et je l’ai ouverte, sachant que, quelle que soit la page, j’y trouverais la parole de Dieu qui me révélerait la compréhension la plus profonde et la plus vraie de mon identité et de ce qui se passait. Mes yeux se sont posés sur ce passage : « L’Eternel répondit à Job du milieu de la tempête et dit : Qui est celui qui obscurcit mes desseins par des discours sans intelligence ? Ceins tes reins comme un vaillant homme ; je t’interrogerai, et tu m’instruiras. Où étais-tu quand je fondais la terre ? Dis-le, si tu as de l’intelligence. » (Job 38:1-4). C’était une réprimande sévère sur la croyance que les sensations physiques et l’histoire humaine puissent fournir une évaluation exacte de la réalité.
Saint Paul appelle « l’affection de la chair » ce type de pensées qui méconnaissent la bonté de Dieu, ou qui excluent complètement l’Esprit. Mary Baker Eddy l’appelle « entendement mortel » – « Rien prétendant être quelque chose ... un sens matériel supposé ... une croyance que la vie, la substance et l’intelligence sont dans la matière et matérielles ; l’opposé de l’Esprit, et par conséquent, l’opposé de Dieu, le bien » (Science et Santé avec la Clef des Ecritures, p. 591-592).
Cette réprimande m’a touchée immédiatement. Cette manière de penser basée sur la matière, que savait-elle de moi, de ce qui était réel ? Rien. La croyance que les sensations physiques définissaient pleinement mon identité, qu’elles pouvaient réduire la vie à un simple aspect physique et engendrer la peur et le chagrin, a perdu son emprise sur moi. J’ai compris qu’il serait malhonnête et manifestement irréaliste de mésestimer Dieu et la réalité de l’Amour, la réalité de la loi de l’être qui m’avait déjà guérie auparavant.
Cette compréhension plus profonde et plus élevée a apporté la guérison. Les symptômes ont disparu instantanément. J’ai refermé la Bible avec une profonde gratitude pour ce qu’un instant de clarté pouvait accomplir. Cela a marqué la fin de la douleur et de la maladie que les médecins avaient associée à ces douleurs. Mais la disparition du problème physique n’était pas le seul résultat. Bien plus important était ce que ces moments de prière avaient montré – ce que Science et Santé appelle « Le fait central de la Bible », et qui constitue « la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir physique » (p. 131).
Dans ses mémoires, George Kinter fait le récit de la réaction de Mary Baker Eddy en 1905 après avoir été guérie grâce à un traitement par la Science Chrétienne – après que l’entendement mortel ait été corrigé par la vérité spirituelle. Elle a dit : « Merci, Père ! Grâces soient rendues à notre Père aimant, je suis guérie ! [...] N’est-ce pas merveilleux ? Louez l’Eternel, car Il est bon. »
Le récit se poursuit ainsi : « Puis elle a récité un psaume après l’autre, réitérant sa gratitude avec enthousiasme. » Il est également rapporté qu’elle aurait dit : « Dieu est ici ! Ceci est le ciel, et nous le savons tous maintenant, n’est-ce pas, mes chers élèves ! Ne l’oublions plus jamais ! » (« Autobiographical Sketch of George H. Kinter, CSB » [Esquisse autobiographique de George H. Kinter, CSB], p. 11, avec l’aimable autorisation du Longyear Museum, Chestnut Hill, Massachusetts).
Plus j’apprends et j’expérimente l’importance de consacrer du temps au « fait central » de l’être, mettant en application les règles de Science et Santé qui me détournent des distractions du sens matériel, plus je suis consciente de ne plus jamais vouloir l’oublier. Il n’est pas difficile, en réalité, de rester attentif – c’est ainsi que Dieu nous a créés. Et tout ce qui pourrait nous faire oublier que Dieu est avec nous, si nous prenons un instant pour y réfléchir, est aussi tentant que de poser la main sur une plaque chauffante.
L’appel de Mary Baker Eddy s’adresse à nous tous : « J’espère, cher lecteur, que je vous amène à comprendre vos droits divins, l’harmonie que vous donne le ciel – j’espère qu’en lisant vous voyez que, en dehors du sens erroné, mortel et matériel, qui n’est pas pouvoir, il n’y a pas de cause capable de vous rendre malade ou pécheur ; et j’espère que vous êtes en voie de vaincre ce faux sens. » (Science et Santé, p. 253)
Gardons-nous de la tentation de laisser un smartphone – ou toute autre plateforme numérique – banaliser ce qui compte pour nous, et discernons et combattons la prétention sous-jacente aux distractions que nous laissons entrer dans notre pensée, selon laquelle les conditions matérielles seraient plus réelles que la présence et la puissance de Dieu. Alors, si celles-ci nous détournent temporairement de notre chemin, nous serons inexorablement ramenés vers la réalité divine – vers ce qui compte vraiment, vers ce qui se passe véritablement, vers ce que nous sommes réellement.
