Le Héraut, et ses publications sœurs, The Christian Science Journal et le Christian Science Sentinel, contiennent des articles comme celui-ci, écrits spécialement pour corriger des idées fausses au sujet de la Science Chrétienne, qui nous empêcheraient d’obtenir les résultats que nous désirons en tant que praticiens de la guérison spirituelle.
Toute ma vie, le plus grand défi que j’ai eu à relever dans la pratique de la Science Chrétienne a été de savoir si je connaissais suffisamment bien Dieu. Après quelques années dans la pratique publique de la Science Chrétienne, il m’est finalement apparu que, j’étais parti de moi-même, d’un effort humain et d’un raisonnement humain pour essayer de répondre à cette question. Il est devenu évident que je m’y étais pris à l’envers : j’abordais la Science Chrétienne sous l’angle d’un homme mortel luttant pour devenir immortel.
Intellectuellement, je savais que ce n’était pas le cas, mais, honnêtement, c’est ce que je ressentais sincèrement au fond de moi. C’est alors que j’ai eu une inspiration, me montrant que c’est Dieu qui guérit, que c’est Dieu qui sait, et que nous reflétons Son pouvoir de guérison et Sa connaissance. J’essayais surtout de comprendre qui est l’homme, et je n’avais guère cherché à comprendre qui est Dieu. Or, Science et Santé avec la Clef des Ecritures, de Mary Baker Eddy, affirme : « Nous ne savons rien de plus de l’homme en tant qu’image et ressemblance véritables et divines que nous ne savons de Dieu. » (p. 258)
Le changement dans mon approche, c'est-à-dire commencer par Dieu au lieu de commencer par l’homme, a permis à ma pratique d’être moins laborieuse, plus inspirée et plus fructueuse. Au lieu de m’identifier à un petit « je » qui bataille, je perçois ma véritable identité comme le reflet du Je divin, ou Nous.
La plupart d’entre nous répondraient à la question : « Qui es-tu ? » en donnant leur nom. Ou, si nous parlons uniquement de nous-mêmes, nous dirions simplement : « Je ». Mais, qui est vraiment ce « je » ?
Moïse, le prophète hébreu connu pour avoir libéré les Israélites de l’esclavage et pour nous avoir donné les Dix Commandements, n’a pas toujours été certain de son identité ni de sa mission. Lorsqu’il a pris conscience de l’importance de la demande que Dieu lui avait adressée, il a hésité et a posé à Dieu deux questions : « Pourquoi moi ? » et « Quel est Ton nom ? » ou en d’autres termes « Qui es-Tu ? »
A la première question posée par Moïse, Dieu donne cette réponse : « Je serai avec toi ; » (Exode 3:12). Quant à Son nom, ou à Son identité, Dieu répond : « Je suis celui qui suis. » (Exode 3:14)
Dans le Glossaire de Science et Santé, Mary Baker Eddy définit « Je Suis » en partie comme « Dieu » et comme « le seul Ego » (p. 588). Concernant la définition de « “Je”, ou Ego », elle écrit : « Il n’y a qu’un seul Je, ou Nous. » (p. 588) Elle définit également « Dieu », en partie comme « Celui qui sait tout, qui voit tout, en qui est toute action, toute sagesse, tout amour, et qui est éternel. » (p. 587)
La réceptivité de Moïse aux idées spirituelles lui a permis de connaître Dieu. Science et Santé décrit ce type de perception ou de connaissance comme étant le sens spirituel : « Le sens spirituel est la faculté consciente et constante de comprendre Dieu. » (p. 209) Moïse a senti, a entendu, a compris et a obéi à Dieu – et Dieu était avec lui.
Développer notre sens spirituel nous permet à tous de commencer à percevoir et à ressentir que Dieu est le seul véritable Je, ou Nous, et que nous sommes Son reflet. C’est l’inverse de ce que nous considérons comme la manière habituelle de penser à notre identité – c’est-à-dire comme étant dotés d’un corps physique, d’une personnalité humaine et d’un entendement limité. Le « je » humain nous est si familier qu’il peut sembler antinaturel d’envisager un autre Ego, ou « centre de l’univers », que nous-même. Lire, ou entendre dire, que nous sommes spirituels et que nous sommes un avec un Etre supérieur est une chose. Mais l’intérioriser – le ressentir au fond de nous – exige de la sincérité, de l’humilité, de la persévérance, de la patience et de l’intuition.
Science et Santé affirme également : « Le sens spirituel, en contradiction avec les sens matériels, implique l’intuition, l’espérance, la foi, la compréhension, la réalisation, la réalité. » (p. 298) La conscience humaine est réveillée par le Christ – l’idée spirituelle de Dieu, que Jésus a démontrée - et elle est élevée. Nos problèmes et nos défis nous incitent (voire nous contraignent) à considérer et à explorer ces nouvelles perceptions de l’identité.
Nous devons tous progresser. A l’instar de la chenille qui se métamorphose en papillon, nous sommes transformés par le développement spirituel. Mais la croissance spirituelle n’est pas une croissance physique. Elle peut renverser totalement notre vue matérialiste de la vie.
La croissance spirituelle renverse notre conception traditionnelle de la vie. Les prémisses matérielles s’effondrent et cèdent la place au solide fondement de l’Esprit divin. Le prétendu entendement humain s’estompe dans notre vie à mesure que l’Entendement, Dieu, devient plus réel à nos yeux. Le sens spirituel devient plus vivant, plus substantiel. Nous commençons alors à voir et à entendre, tout comme Moïse, la voix de Dieu.
Ceci témoigne du fait que nous commençons à expérimenter ce que Mary Baker Eddy appelle un changement de base de la pensée. « L’effet de cette Science est de secouer l’entendement humain afin de produire un changement de base pour que sur cette nouvelle base il puisse céder à l’harmonie de l’Entendement divin. » (Science et Santé, p. 162)
L’une des choses que m’a apportée le sens spirituel est une meilleure compréhension de cet Entendement divin et de son prétendu opposé, l’entendement mortel (voir Science et Santé, p. 115-116). Auparavant, je me voyais comme un homme mortel gravissant une échelle, allant du péché jusqu’au salut. Ce raisonnement basé sur les sens matériels s’avère être une perspective inversée. Mary Baker Eddy écrit : « Les arguments délusoires, le péché, la maladie et la mort résultent du faux témoignage du sens matériel, qui, d’un point de vue supposé, en dehors de la distance focale de l’Esprit infini, présente une image invertie de l’Entendement et de la substance où tout est renversé. » (Science et Santé, p. 301)
Le prétendu entendement mortel, ou entendement humain, est une conception limitée du seul et unique Entendement véritable, Dieu. Les concepts mortels limités ne progressent pas ni ne gravissent les échelons d’une échelle ; ils diminuent et disparaissent peu à peu à mesure que l’Esprit, l’Entendement et l’idée véritable de l’Entendement, l’homme, apparaissent ou sont compris.
Il y a quelques années, j’ai connu un moment d’intense illumination spirituelle. Au lieu de m’inquiéter constamment de ne pas connaître suffisamment Dieu, ou d’espérer peut-être un jour en connaître plus, j’ai entrevu le fait merveilleux que seul Dieu sait, que seul Dieu agit, et que Sa connaissance et Son action se manifestent à travers l’homme, Son idée, plutôt que croire que l’homme est une expression séparée ou un être séparé de Dieu cherchant à Le connaître.
Cette inspiration a changé mon approche de la Science Chrétienne. J’ai commencé à comprendre qu’il ne s’agit pas de ce que l’homme fait (ou ne fait pas), comme si j’étais à l’origine de quelque chose, une source, une entité séparée. Je reflète. Je suis le reflet de Dieu, l’expression de Son être. Cela m’a montré que Dieu est la source de mon identité, et qu’Il la constitue. Dieu est l’impulsion, la cause et la force de tout mon être. J’ai vu plus clairement que, puisque rien ne peut nuire à Dieu, rien ne peut nuire à Son expression, à Sa manifestation individuelle. Notre identité unique réside dans notre expression unique de Dieu. J’ai ressenti plus clairement mon unité avec Dieu, sachant que Dieu ne se révèlee pas à nous, mais s’exprime en tant que nous.
Le Premier Commandement : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face » (Exode 20:3), était le « verset préféré » de Mary Baker Eddy (Science et Santé, p. 340). Que peut-il signifier, sinon que Dieu est l’unique sens de « je » ? Ne transgressons-nous pas ce Premier Commandement lorsque nous pensons que Dieu est l’Ego, mais que nous sommes aussi un autre ego ? Lorsque nous pensons que Dieu est Entendement, mais que nous possédons aussi un autre entendement que Dieu inspire ? Dieu est omniscient. Cela ne signifie-t-il pas que Dieu possède la totalité de la connaissance, et que l’homme reflète cette connaissance ? Ceci exclut un ego séparé qui connaîtrait Dieu.
Nous devons abandonner la croyance que nous sommes un autre dieu, un autre ego, une autre âme ou un autre entendement, possédant une connaissance, une vision, une action et des sentiments qui nous soient propres et qui soient séparés de Dieu. Le grand « Je suis » est notre « Je suis ». Autrement dit, l’unique Dieu est le seul Je, ou Nous. Moïse s’est senti tout d’abord indigne et incapable d’accomplir la mission que Dieu lui avait confiée. Qu’est-ce qui a changé par la suite ? Il a appris que le « Je suis » était son « Je suis », et qu’Il était toujours avec lui, le guidant toujours. Moïse reflétait l’intelligence et la sagesse de Dieu.
Christ Jésus ne revendiquait aucune personnalité ni aucune capacité personnelle. Il a dit : « Je ne puis rien faire de moi-même » (Jean 5:30), et : « Le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres » (Jean 14:10).
S’inspirant des prophètes – et surtout de Christ Jésus –, Mary Baker Eddy s’est consacrée à l’injonction du Premier Commandement, pour mettre de côté son ego. Elle a dit un jour à un élève : « Tout ce que j’ai jamais accompli l’a été en écartant Mary du chemin et en laissant Dieu être reflété. Quand j’atteignais cette tonalité, les malades étaient guéris sans un mot. » (Nous avons connu Mary Baker Eddy, édition augmentée, Tome 1, p. 282)
Le Premier Commandement n’est pas seulement une injonction ; c’est aussi une promesse et l’assurance qu’en tant qu’idées bien-aimées de Dieu, nous n’aurons jamais d’autre ego, d’autre identité ou de moi séparé du grand « Je suis ». Mary Baker Eddy écrit également : « L’unique Esprit renferme toutes les identités. » (Science et Santé, p. 333) Nous serons à jamais des expressions individuelles de l’unique Ego, chacun Le reflétant de manière unique, originale et intelligente.
Ainsi, pour chacun de nous, la véritable réponse à la question « Qui es-tu ? » sera toujours : « Je suis la manifestation de Dieu – la Vie, la Vérité et l’Amour exprimés individuellement. »
