La journée avait été ensoleillée, mais entrecoupée de fortes averses. En début de soirée, lorsque j’ai repris la route pour rentrer chez moi, le ciel à l’ouest était magnifique. Sur fond de coucher de soleil, un grande masse de nuages d’orage se dressaient devant moi comme une chaîne de montagnes.
Un énorme nuage en particulier, bien que gris et menaçant, était bordé d’une lueur argentée et semblait couronné d’une aurore dorée. J’ai tout de suite pensé à ce que la Découvreuse et Fondatrice de la Science Chrétienne, Mary Baker Eddy, écrit dans son autobiographie, Rétrospection et Introspection (p. 23), quand elle raconte que « le monde était sombre » tant son moral était au plus bas.
Dans ce passage, Mary Baker Eddy ne décrit pas vraiment ce qui, dans son existence, l’avait tant découragée. Mais l’on sait qu’avant de découvrir les lois spirituelles éternelles de Dieu, qu’elle nommera « Science Chrétienne », elle rencontrait de graves difficultés. A un moment donné, en plus d’avoir un mari infidèle, d’être séparée de son fils et d’être pratiquement sans ressources, elle était tombée sur un trottoir verglacé. Souffrant de graves blessures internes, elle se trouvait « déjà dans l’ombre de la vallée de la mort » (Science et Santé avec la Clef des Ecritures, p. 108).
C’est peut-être à ces événements qu’elle fait allusion dans les lignes qui précèdent cette évocation d’un monde sombre et dans lesquelles elle se souvient : « Auparavant, le nuage de l’entendement mortel semblait avoir une auréole de clarté ; mais maintenant, il n’était même plus frangé de lumière. La matière n’était plus traversée par son arc-en-ciel de promesse. »
Sans jamais perdre sa foi inébranlable en Dieu, mais privée de tout soutien physique et de tout réconfort, Mary Baker Eddy, dans son extrême détresse, s’est tournée vers Dieu et a été exaucée. Dans le paragraphe qui suit la citation tirée de Rétrospection et Introspection, elle écrit : « Ainsi en était-il lorsque arriva le moment des noces du cœur à une existence plus spirituelle. Quand la porte s’ouvrit, j’attendais et je veillais ; et voici, l’époux vint ! »
Le fait de mieux connaître la vie de Mary Baker Eddy a certainement enrichi ma propre existence et ma pratique de la Science Chrétienne. Cela m’a rendue plus humble et plus forte, m’a orientée de plus en plus vers ses écrits et a renforcé mon amour et ma gratitude envers elle. Des années après sa découverte de la Science, elle a dit un jour à une élève : « Il semble que les gens comprennent [la Science Chrétienne] dans la même proportion où ils me connaissent, et vice versa. Je suis parfois étonnée de voir à quel point cette règle est immuable. » (F00537, Mary Baker Eddy à Julia Field-King, 26 novembre 1897 ; Bibliothèque Mary Baker Eddy ; © Fonds Mary Baker Eddy)
Dans le cadre de ma propre expérience en tant qu’étudiante en Science Chrétienne, le fait de savoir que Mary Baker Eddy a triomphé de tant d’épreuves si difficiles a non seulement renforcé mon amour pour elle, mais m’a aussi aidée à traverser des moments difficiles, m’inspirant et me soutenant dans l’épreuve.
Quelques mois seulement après être inscrite en tant que praticienne de la Science Chrétienne dans le Christian Science Journal, une publication sœur du Héraut, mon mariage s’est détérioré, et je me suis retrouvée seule et mise à rude épreuve. A l’époque, j’avais l’impression de vivre ma propre crucifixion, mais cela m’a incitée à chercher avec encore plus de détermination des réponses dans la Bible et dans Science et Santé. Je savais que la paix et l’harmonie se trouvaient dans leurs enseignements.
Ces deux livres ont considérablement renforcé mon amour pour Christ-Jésus pendant cette période. Les paroles et les œuvres précieuses de notre Maître ont été illuminées. Les mots ne sauraient exprimer ce que cela a signifié pour moi.
Parfois, je me sentais dans un tumulte émotionnel si grand que je ne pouvais m’en tenir qu’à des vérités spirituelles toutes simples, comme ce verset biblique : « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. » (Romains 8:28) Je priais sans cesse avec cette idée, sachant que j’aimais Dieu et qu’Il m’aimait, et j’étais heureuse de faire partie de Sa merveilleuse création.
La lecture de la biographie en trois volumes de Mary Baker Eddy écrite par Robert Peel m’a énormément aidée. Ces livres m’ont permis de mieux comprendre ce que notre Leader a traversé. Par exemple, Mary Baker Eddy « écrivit à [Clara] Choate : “Je ne sais quoi dire ni quoi faire d’un jour à l’autre dans un tel état chimique [c’est-à-dire un état de chimicalisation]. Le plan le meilleur pour aujourd’hui devra être modifié demain.” En parlant de cette période de nombreuses années plus tard, Clara Choate écrit : “Si un plan ne marchait pas, il fallait en adopter un autre. Je la voyais, ces jours-là, arpenter la pièce, sa Bible à la main, demandant le chemin à suivre ou des directives.” » (The Years of Trial [Les années d’épreuve], 2e éd., p. 137). Je pouvais alors me réjouir des réalisations de Mary Baker Eddy et aussi un peu des miennes.
J’ai aussi appris, grâce à l’expérience de Mary Baker Eddy, à manier le magnétisme animal, terme qu’elle utilise pour décrire le mal impersonnel ou erreur. Comme il est impersonnel, cela signifie qu’il n’appartient à personne et ne provient de personne. J’ai appris qu’il n’y a aucune raison de réagir aux blessures personnelles, et je n’ai même plus été tentée de tomber dans la boue du ressentiment et de l’amertume. Grâce à l’Amour divin, les filles et les fils de Dieu ont autorité sur toutes ces choses.
Pendant douze ans, mon mari a bien des fois quitté le domicile conjugal, mais il est toujours revenu. J’ai donc eu maintes occasions de mettre en pratique ce que j’ai appris durant tout ce temps.
Un jour, alors que je me sentais victime et maltraitée, ces paroles de notre Leader m’ont énormément touchée, et je continue depuis lors à les chérir : « Quelqu’un m’a dit : “Seul un imbécile ou une femme pouvait écrire Science et Santé”, et il avait raison : il fallait soit un imbécile qui ne savait pas quelles seraient les conséquences de faire paraître ce livre, soit une femme ayant suffisamment d’humilité pour endurer les persécutions. Un homme aurait été plus enclin à résister, et résister aurait été fatal. J’ai dû apprendre la leçon de l’herbe. Quand le vent soufflait, je m’inclinais devant lui, et quand l’entendement mortel posait son talon sur moi, je m’abaissais de plus en plus humblement et j’attendais, j’attendais qu’il lève son talon, puis je me relevais. » (Souvenirs de Daisette Stocking McKenzie, p. 28 ; La Bibliothèque Mary Baker Eddy, © The Mary Baker Eddy Collection)
Ces souvenirs ont été de grandes leçons pour moi. Avec humilité, j’ai été maintenue au-dessus de la mer agitée de l’entendement mortel, et je suis finalement parvenue à un grand calme. Voir notre chère Leader triompher de situations difficiles m’a aidée dans mes propres luttes et en fin de compte à en triompher. Finalement, mon mari et moi nous sommes séparés pour de bon. Je me suis remariée plus tard et mon second mariage m’a apporté joie et soutien.
Malgré les multiples problèmes auxquels Mary Baker Eddy a dû faire face et les nombreuses tempêtes qu’elle a traversées, c’est sa paix mentale profondément enracinée dans la spiritualité qui a prévalu. Elle a ancré sa vie dans la divinité ; elle était dévouée, investie et d’une assurance absolue dans l’Amour ; sa vie était une démonstration vivante des vérités spirituelles qu’elle enseignait.
Le fait de mieux connaître la vie de Mary Baker Eddy a considérablement renforcé ma capacité à me rapprocher de Dieu et à écouter Sa voix. Lors de mes déplacements, j’emporte toujours avec moi quelque chose à lire et à étudier concernant Mary Baker Eddy. La compréhension que m’apporte cette étude me ramène directement à ses écrits et à la Bible. Je me sens ainsi éclairée et guidée sur le chemin, et pour cette raison, je l’aime profondément.
Apprendre à mieux connaître Mary Baker Eddy n’est pas une corvée, mais une joie. Chaque fois que je lis des ouvrages sur elle et sur la vie des premiers étudiants en Science Chrétienne, cela m’enrichit ; cela me permet d’être plus vigilante face aux ravages et aux tromperies du magnétisme animal et de les surmonter, et de gagner un peu plus en sagesse à chaque fois.
Nous sommes tous à l’aube de quelque chose de merveilleux. Ne nous attardons pas, mais suivons notre Leader « dans la mesure où elle suit le Christ », comme elle l’écrit dans son Message à L’Eglise Mère de 1902 (p. 4). Adoptons une vision nouvelle et dynamique de la vie sans limites : la terre de la Science Chrétienne.
