Lorsque près de cinquante stars de la musique sont arrivées au studio pour enregistrer la chanson « We Are the World » pour une œuvre de bienfaisance, le producteur légendaire Quincy Jones les a accueillies avec une pancarte : « Laissez votre ego à la porte ».
Mary Baker Eddy, la fondatrice de la Science Chrétienne, propose une vision de l’ego divinement inspirée. Dans ses écrits, elle utilise le terme Ego avec un « E » majuscule pour désigner Dieu, décrivant Dieu comme « Le grand Je suis » (Science et Santé avec la Clef des Ecritures, p. 587).
Elle explique : « …l’Ego est absent du corps et présent avec la Vérité et l’Amour. » (Science et Santé, p. 14) De ce point de vue, des pensées telles que : « J’ai peur » ou « Je suis blessé » ne proviennent pas du Je suis omniscient et tout-aimant. Elles résultent plutôt d’une conception erronée du moi – d’un ego personnel – focalisé sur des préoccupations matérielles.
Se détacher des pensées égocentriques et s’ouvrir à celles qui viennent directement de Dieu n’est pas toujours facile. Mais cela transforme notre vision des choses, nous permettant de nous voir tels que Dieu nous voit : spirituels et complets. C’est comme quitter le sous-sol obscur de la pensée matérielle pour monter sur le toit-terrasse lumineux de la compréhension spirituelle. Cette perspective plus élevée guérit, et elle est accessible à tous.
L’année dernière, j’ai vécu une expérience qui illustre cela. C’était tôt le matin, le premier jour du semestre à l’université où j’enseigne l’anglais langue étrangère. Les cours sont des sessions intensives de quatre heures. J’étais ravie d’accueillir trente nouveaux étudiants immigrés et de créer pour eux un environnement chaleureux et bienveillant. Mais, pressée de mettre mon sac sur la banquette arrière de la voiture, j’ai accidentellement claqué la portière sur mon doigt. Il est resté coincé et j’ai dû utiliser mon autre main pour le dégager. Mon doigt était tordu, il saignait abondamment et la douleur était lancinante. J’étais sous le choc.
A cet instant, des pensées pleines de craintes m’ont envahie : « Pourquoi maintenant ? Je viens juste d’écouter la Leçon biblique ! », et : « Est-ce que cela va nécessiter des points de suture ? » Mais, je me suis vite ressaisie et j’ai commencé à raisonner spirituellement. Je me suis dit : « Cela ne peut pas venir de Dieu, car ce n’est ni harmonieux ni bon. Si cela ne vient pas de Dieu, alors c’est une illusion. C’est un mensonge. » Malgré la douleur, je suis restée concentrée sur l’idée que Dieu, le bien toujours présent, ignore tout des accidents.
Puis il m’est venu à l’esprit que je m’accrochais à des sentiments d’agacement et à un ego meurtri par les remarques désobligeantes d’un collègue. J’ai alors affirmé : « Dieu est omniprésent, il n’y a donc aucune autre présence que celle de l’Amour divin. »
Je suis rentrée pour nettoyer mon doigt dans l’évier de la cuisine, et je l’ai bandé du mieux que j’ai pu. Avec mon autre main j’ai laissé un message vocal à un praticien de la Science Chrétienne, lui demandant du soutien par la prière. Au fond de moi, je savais que ma place ce jour-là était auprès de mes élèves. Il ne s’agissait pas de volonté personnelle. Il s’agissait de m’accrocher à la vérité que rien ne pouvait me dérober ma joie. Sur le chemin de l’université, j’ai chanté un cantique tiré de l’Hymnaire de la Science Chrétienne, où l’on peut lire notamment : « A l’aube vient l’allégresse » (M. M. Wienland, no 425, trad. © CSBD). Je suis arrivée juste à temps pour accueillir mes étudiants.
Malgré la douleur persistante, j’ai réussi à commencer le cours en utilisant ma main gauche. Peu après, j’ai reçu un message réconfortant du praticien et j’ai commencé à prier avec ces idées : Il n’y a pas d’interruption du bien divin durant ma journée. Dieu gouverne et seules de bonnes choses peuvent découler de ce gouvernement. Je fais partie du plan de Dieu, et tout est sous le contrôle de Dieu, y compris mon doigt.
J’ai détourné mes pensées de l’aspect physique, et je les ai orientées vers la réalité spirituelle, au sein de laquelle l’amour de Dieu m’enveloppait. La peur s’est dissipée lorsque je me suis tournée vers « l’Ego » – la Vérité et l’Amour qui nous gouvernent tous. Instantanément, la douleur a disparu, complètement et définitivement.
En rentrant chez moi, j’ai retiré le pansement et j’ai constaté que mon doigt avait retrouvé sa forme normale et avait gardé sa couleur naturelle. Un immense sentiment de gratitude m’a envahie. Des mois plus tard, lors d’un rendez-vous pour une manucure, l’ongle s’est soulevé de façon inattendue, laissant voir en-dessous un nouvel ongle en parfait état.
Mais la véritable beauté de cette guérison réside dans la disparition complète de la blessure que je ressentais après les propos de mon collègue. Elle a été remplacée par un profond sentiment d’amour, de paix et d’assurance. J’ai compris que c’est l’Amour divin, et non les paroles et les actions d’autrui, qui gouverne véritablement ma vie.
Cette expérience m’a enseigné l’importance de l’humilité – céder à Dieu, le véritable Je suis. C’est une pratique quotidienne, mais qui apporte des bienfaits inestimables. Comme nous le rappelle Esaïe (41:10) : « Ne crains rien, car je suis avec toi ; ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu ; je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante. »
