C’était la première fois que je partais seule en vacances. J’avais presque seize ans et j’étais inscrite à un stage d’été pour étudier le violon et jouer en orchestre. Cela se déroulait dans un petit campus universitaire, à quelques heures de chez moi, et je logeais dans une résidence universitaire.
J’avais avec moi mes livres d’étude de l’école du dimanche de la Science Chrétienne – la Bible et Science et Santé avec la Clef des Ecritures, de Mary Baker Eddy – et je me sentais très adulte en lisant toute seule la Leçon biblique hebdomadaire indiquée dans le Livret trimestriel de la Science Chrétienne.
Une semaine, dans la Leçon, j’ai remarqué plusieurs références à Dieu en tant que Vie. Ayant été élève de l’école du dimanche de la Science Chrétienne depuis toute petite, j’avais appris que la « Vie » est l’un des synonymes de Dieu enseignés en Science Chrétienne. Mais, désormais, cette idée prenait tout son sens pour moi. Les mots « Dieu est ma vie » étaient donc très présents dans mes pensées.
Un soir, je jouais toute seule au jeu de cartes appelé le solitaire au sous-sol de la résidence universitaire, et du coin de l’œil, j’ai aperçu une silhouette derrière moi. J’ai cru que c’était ma colocataire qui essayait de me surprendre. Mais soudain, une main s’est plaquée sur ma bouche et une autre a brandi un couteau au-dessus de moi.
Pendant la lutte, tandis que j’essayais de me défendre, je me suis surprise à clamer haut et fort : « Dieu est ma vie ! »
A un moment donné, d’autres filles sont descendues. Voyant la scène, elles ont crié et sont remontées en courant. L’homme est parti et je me suis retrouvée seule quelques instants. J’ai alors commencé à prier, comme on me l’avait appris à l’école du dimanche.
J’avais appris très tôt que, tout comme un rayon de lumièrea sa source dans le soleil, ma vie est l’expression de Dieu et de Sa bonté. Dans la Bible, Dieu dit à Moïse : « JE SUIS CELUI QUI SUIS. » (Exode 3:14) J’aime penser que cela signifie que Dieu est le « Je » et que chacun de nous est le « suis », l’expression individualisée de Dieu.
Dans la Genèse, on lit que « Dieu créa l’homme à son image » (Genèse 1:27). J’ai appris à l’école du dimanche que, puisque Dieu est Esprit, l’homme, l’image et la ressemblance de Dieu, est spirituel. Par conséquent, nous sommes tous, y compris moi, totalement spirituels. Ma vie ne pouvait donc pas être menacée, pas plus qu’on ne pourrait éteindre un rayon de soleil. Parce que Dieu, la Vie, est toujours intact, nous le sommes aussi, en tant qu’expression de la Vie. Finalement, des policiers m’ont conduite à l’étage. Toutes les filles s’étaient rassemblées dans le salon pendant que l’immeuble était fouillé pour s’assurer que l’homme était parti. L’émotion était grande, mais mes prières m’avaient permis de rester calme pendant qu’on contactait mes parents.
Durant la lutte, j’avais levé la main pour me protéger du couteau et deux de mes doigts avaient été profondément entaillés. Une des responsables de la résidence universitaire m’a aidée en appelant une praticienne de la Science Chrétienne qui habitait dans le quartier. Cette praticienne, qui se trouvait être une ancienne infirmière, est venue jusqu’à la résidence et m’a bandé la main, rassurant ainsi tout le monde sur le fait qu’on s’occupait bien de moi. Elle m’a ensuite emmenée chez elle et a lavé le sang de ma robe. (Oui, à l’époque, on portait des robes pour aller en cours !) Nous avons découvert deux entailles parallèles faites par le couteau sous le col lui-même. Mais ma mère avait tellement amidonné cette robe que la lame n’avait pas pu transpercer le col. Cette nuit-là, j’ai dormi paisiblement chez la praticienne.
Mes parents sont arrivés le lendemain matin. Ma mère m’a dit qu’elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit, mais qu’à peine sortie de la voiture, elle avait ressenti une immense paix, convaincue que j’étais en sécurité.
Ma mère était scientiste chrétienne, mais pas mon père. Il voulait que je sois examinée par un médecin. Le médecin a recousu les entailles sur mes doigts et m’a posé une attelle au petit doigt. Il a dit que le tendon avait été presqu’entièrement sectionné et qu’il doutait que je retrouve l’usage complet de ce doigt.
Je suis cependant restée à ce stage d’été. Pendant un ou deux jours, j’ai assisté aux répétitions sans jouer, mais j’ai trouvé ça extrêmement ennuyeux. Alors j’ai réécrit le doigté de ma partition et j’ai joué avec trois doigts, tant que mon petit doigt était immobilisé dans l’attelle. Finalement, l’attelle et les points de suture ont été retirés, et j’ai progressivement retrouvé toute la mobilité de ce doigt. J’attribue cela à mes prières et à celles de la praticienne, qui m’ont permis de sentir que cet incident ne m’avait absolument pas touchée.
A la fin de l’été, j’ai joué dans un orchestre de fosse pour une production de théâtre musical. J’ai ensuite mené une carrière de musicienne au sein d’un orchestre et de professeur de violon, sans aucune séquelle physique ou mentale de cette expérience.
Depuis, j’ai continué à approfondir ma compréhension que Dieu est ma vie au travers de ma pratique de la Science Chrétienne, et j’ai continué d’étudier les Leçons bibliques. Je sais que je peux compter sur Dieu pour me protéger et prendre soin de moi en toutes circonstances.
