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Une leçon apprise de mon amie Agar

Du Héraut de la Science Chrétienne. Publié en ligne - 28 septembre 2026


Il y a des années, je développais un logiciel pour contrôler et surveiller un système informatique conçu par l’entreprise pour laquelle je travaillais et destiné à une mission militaire. Je faisais partie d’une équipe très compétente et j’avais conçu un logiciel robuste. Mais, pour finaliser ma partie du système, j’avais besoin d’informations spécifiques contenues dans un manuel de développeur. (C’était peu de temps avant que tout cela ne soit accessible sur Internet.)

J’ai informé à plusieurs reprises le chef de projet de mon besoin, et je lui ai demandé de commander ce manuel. Sa réponse consistait invariablement à me demander si le logiciel était prêt, et à me rappeler que nous avions une date limite non négociable. Alors que j’attendais les informations nécessaires à la finalisation de mon travail, notre relation professionnelle s’est dégradée, laissant place à l’agacement et au manque de respect. Nous craignions tous deux que le projet ne soit pas terminé à temps.

A ce moment-là, j’ai ressenti une forte mais paisible incitation intérieure à me pencher sur l’histoire d’Agar dans la Bible. Je me suis souvenue du récit où elle et son fils, Ismaël, avaient été envoyés dans le désert avec pour seul bagage une outre d’eau. Une fois l’outre vide, Dieu avait conduit Agar vers un puits pour qu’elle la remplisse. C’est ainsi qu’elle et son fils ont survécu (voir Genèse 21:9-19). Je connaissais cette histoire, mais je ne voyais pas le lien avec ma situation. Pourtant, l’incitation à me pencher sur son histoire persistait.

En relisant l’histoire, j’ai découvert un épisode antérieur de la vie d’Agar, une partie de son histoire qui m’était inconnue (voir Genèse 16:1-13). Elle était la servante, c’est-à-dire l’esclave, de Saraï, la femme d’Abram, qui n’avait pas pu avoir d’enfant. Elle a ainsi été donnée à Abram pour concevoir un enfant à la place de Saraï. Etrangère et esclave, elle n’avait que peu de droits, voire aucun droit. Mais elle avait la capacité de devenir mère, ce que Saraï ne semblait pas posséder, et ce qui a peut-être engendré chez Saraï un sentiment d’infériorité en tant que femme.

Pendant sa grossesse, Agar méprisait ouvertement Saraï, qui, en retour, la traitait durement. Agar s’est alors enfuie. Sur son chemin, elle s’est arrêtée près d’une source, et ce que la Bible décrit comme « l’ange de l’Eternel » l’a trouvée à cet endroit. L’appelant par son nom, l’ange a demandé à Agar d’où elle venait et où elle allait. Lorsqu’elle lui a avoué qu’elle fuyait loin de sa maîtresse, il lui a répondu par ce qui dut lui paraître le pire conseil du monde : « Retourne vers ta maîtresse, et humilie-toi sous sa main. »

Alors que je lisais qu’Agar avait obéi à l’ange et qu’elle était retournée au service de Saraï, j’ai compris combien il avait dû être difficile pour Agar de revenir dans ce lieu où elle s’était mal comportée et où elle était désormais probablement perçue comme une femme antipathique et difficile. Pourtant, c’est ce qu’elle a fait. Elle est retournée auprès de sa maîtresse et s’est soumise à elle.

En pensant à ma propre situation, j’ai soudain compris l’immense effort accompli par Agar. Un sentiment d’amour pour cette femme m’a envahie. J’ai reconnu l’humilité et le courage dont elle avait fait preuve en retournant docilement faire mieux qu’auparavant, là même où cela semblait si difficile et si douloureux. Je savais que c’était l’exemple dont j’avais besoin.

Moi aussi, je suis retournée au travail, et j’ai mieux géré la situation avec mon chef de projet. J’ai cessé de manifester mon agacement, et je me suis montrée aimable et patiente. Très vite, le manuel que j’avais demandé est apparu sur mon bureau. J’ai terminé le logiciel dans les délais et la mission a été un succès.

En continuant à réfléchir à Agar et à ce qu’elle avait dû faire pendant le temps passé au service de Saraï, mon admiration pour elle s’est accrue. J’ai eu le sentiment que durant ces années, elle avait sans doute appris de nombreuses leçons de grâce, de patience et de pardon afin de rester dans la maisonnée et de ne pas réagir avec colère ou frustration. Elle avait peut-être appris à faire mieux, à écouter et à obéir à la voix de Dieu. Et, des années plus tard, lorsqu’Ismaël et elle ont été envoyés dans le désert avec une seule outre, au lieu que cela ne soit une condamnation à mort, elle a entendu la voix de Dieu et a trouvé de l’eau.

On ne sait guère plus de choses sur Agar et Ismaël, mais ils ont continué de vivre, ce qui laisse supposer qu’ils ont non seulement trouvé de l’eau, mais aussi de quoi se nourrir et un toit. Le récit biblique ne le précise pas, mais j’aime à penser qu’elle n’était plus une servante, mais une femme libre et indépendante, capable d’élever son fils et de le voir s’épanouir. La Bible indique qu’Ismaël est devenu archer, qu’il s’est marié et qu’il a eu de nombreux enfants.

J’aime à penser que les deux récits de l’expérience d’Agar, tels qu’ils sont rapportés dans la Bible, forment un tout, unis par une humble volonté d’apprendre chaque jour les leçons de l’Amour divin.

Mary Baker Eddy écrit à propos d’Abraham (nom que Dieu donna plus tard à Abram) dans Science et Santé avec la Clef des Ecritures : « Ce patriarche prouva par l’exemple le dessein de l’Amour de créer la confiance dans le bien et démontra le pouvoir de préserver la vie, que donne la compréhension spirituelle. » (p. 579) Si plusieurs expériences d’Abraham ont été très visibles parce qu’il traitait avec les rois et les nations – et il est encore aujourd’hui reconnu par les juifs, les chrétiens et les musulmans comme un ancêtre vénéré –, cet énoncé pourrait, dans une certaine mesure, décrire aussi la vie et les progrès d’Agar. Elle aussi a été amenée à faire confiance à Dieu, le bien, dans les moindres détails de sa vie. Elle a eu ses propres aperçus de la compréhension spirituelle, et son exemple impose le respect.

Si Dieu a pourvu aux besoins humains vitaux d’Agar – de l’eau, de la nourriture et un abri pour elle et son fils –, Il a d’abord comblé son besoin d’humilité, de patience, de courage, de persévérance, etc. Ces qualités ont finalement ouvert pour elle la voie d’une vie nouvelle et de l’accomplissement de la promesse divine de faire de son fils « une grande nation ».

Nous traversons tous des périodes difficiles où la vie semble compliquée et les relations tendues. Qu’il s’agisse d’un patron exigeant ou trop critique, d’un membre de la famille qui requiert toute notre patience, d’un prestataire de services qui semble incapable de résoudre un problème, voire peu disposé à le faire, ou encore qu’il s’agisse de critiques, de micro-agressions ou d’injustices de toutes sortes, nous pouvons nous souvenir d’Agar. Nous pouvons embrasser les qualités spirituelles qu’elle a probablement acquises en servant Saraï et Abram.

Mary Baker Eddy écrit : « Ce dont nous avons le plus besoin, c’est de la prière du désir fervent de croître en grâce, prière exprimée par la patience, l’humilité, l’amour et les bonnes œuvres. » (Science et Santé, p. 4) On tire des leçons importantes aussi bien des petits moments apparemment insignifiants que des grands moments. De telles leçons nous amènent à placer notre confiance dans le bien, comme Agar l’a fait, afin de pouvoir dire de Dieu, comme elle l’a dit : « Tu, Dieu, me vois » (Genèse 16:13, d’après la version King James).

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