J’étais intriguée par le concept de « relation sexuelle sans lendemain » car c’était ce que faisaient tous mes amis. A l’époque, j’avais l’impression que ça demandait un certain degré d’assurance tout en exprimant une certaine « vulnérabilité » que j’admirais. Et je voulais essayer. J’ai donc commencé à avoir des relations sexuelles libres avec un ami. Cela me paraissait « inoffensif », puisque je n’éprouvais aucun sentiment amoureux pour lui, et nous avions été clairs dès le départ sur l’absence d’engagement.
Au début, je me sentais confiante et je trouvais l’expérience valorisante. C’était bien de recevoir de l’attention et d’être appréciée de cette manière, et j’avais l’impression de maîtriser la situation. Pourtant, au fond de moi, je sentais que l’intimité physique sans lendemain ne m’apporterait rien qui soit substantiellement et durablement bon.
Ce qui me donnait cette impression de maîtrise, c’était en partie le fait que je n’éprouvais pas d’attachement particulier pour cet ami. Mais je n’avais pas réfléchi à la façon dont cette relation pouvait l’affecter. De fait, il m’a dit qu’il n’appréciait pas la relation que nous avions, parce qu’il avait l’impression que je ne lui portais pas l’intérêt et l’attention qu’il aurait souhaitée. Comme je voulais exprimer la gentillesse, j’ai commencé à lui témoigner plus d’attention et d’intérêt.
Mais j’ai fini par ressentir des sentiments pour lui. J’ai réalisé que ce que j’appréciais le plus dans nos échanges, c’était le lien que nous avions et l’attention que nous nous portions l’un envers l’autre ; et que je pouvais les cultiver en l’absence de toute intimité physique. Cela m’a amenée à reconsidérer notre relation. Je lui ai expliqué, et il a compris ; nous avons donc décidé de ne plus avoir de relations sexuelles.
Après quelques mois, mes sentiments pour lui étaient toujours présents. Je me sentais triste et complètement désemparée. J’ai commencé à manifester une anxiété intense et j’avais des crises d’angoisse chaque fois que je le voyais ou que j’interagissais avec lui, ce qui était fréquent à l’école. J’ai reconnu que ma réaction était excessive et j’étais en colère contre moi-même de ne pas mieux gérer notre relation.
Mes amis ne pouvaient pas vraiment m’aider et j’hésitais à en parler à mes parents, car je pensais qu’ils seraient déçus de mon comportement. Ne sachant pas comment régler le problème, je me suis tournée vers Dieu dans une prière sincère.
Grâce à mon étude de la Science Chrétienne, je savais que je pouvais considérer Dieu comme un ami. Je savais que je pouvais m’appuyer sur Dieu pour obtenir du soutien et L’écouter pour obtenir les idées qui favoriseraient ma croissance spirituelle et une guérison de ce problème. J’ai commencé à le faire sincèrement. Dans mes prières, je m’efforçais de faire taire mes propres pensées et simplement d’écouter Dieu, cherchant à ressentir Sa présence aimante. Je ne me suis plus sentie condamnée et j’ai eu la certitude que ma nature en tant qu’enfant de Dieu était entièrement bonne.
J’ai compris qu’au lieu de laisser mon histoire personnelle me définir, je pouvais faire confiance à Dieu pour me révéler que mon identité spirituelle était à Son image. En vérité, la bonté m’appartient parce que Dieu m’a créée, ce qui signifie que j’exprime constamment et parfaitement la bonté de Dieu. Cela a été une étape importante dans ma capacité à pardonner aux autres et à moins les juger, car je comprenais concrètement ce que signifie pour tous posséder une identité spirituelle parfaite, indépendante de notre histoire personnelle.
J’ai commencé à ressentir la présence de Dieu comme celle d’un ami. Lorsque je recommençais à sombrer dans l’angoisse, j’étais en mesure de dire avec assurance « non » à ces pensées, grâce à ce que j’apprenais sur mon identité spirituelle en tant qu’expression de Dieu, l’Esprit – entièrement spirituelle et uniquement bonne. J’ai compris que lorsque je me sentais dépassée par les évènements, la vérité était que Dieu m’avait créée calme, confiante et sans peur. Et je savais qu’en tant qu’Amour parfait, Dieu ne punit jamais personne. L’amour de Dieu ne faiblit jamais et nous pouvons toujours nous tourner vers cet amour, même lorsque nous avons le sentiment d’avoir fait de mauvais choix. Rapidement, l’anxiété s’est atténuée et les crises sont devenues moins fréquentes. A mesure que ma relation avec Dieu s’est renforcée, je me suis rendu compte que mon véritable désir était d’aimer les gens d’une manière bienfaisante, ce qui excluait les relations physiques sans lendemain. Après cela, l’anxiété a complètement disparu et j’ai compris que j’avais la domination sur toute pensée qui n’est pas semblable à la nature de Dieu.
Avec le recul, approfondir ma relation à Dieu a été essentiel pour cette guérison et pour mes progrès en général. J’ai ressenti une joie nouvelle imprégner mes journées, même dans les petites choses comme faire mes devoirs, le ménage ou des travaux manuels. J’ai acquis une plus grande estime de moi-même, ce qui m’a permis d’interagir avec les autres de façon plus aimante, d’être moins affectée par les critiques et moins préoccupée par mon apparence physique. Je me suis même rapprochée de mes parents parce que j’ai décidé de partager avec eux ce que j’avais appris et j’étais tellement reconnaissante de la clarté spirituelle et du réconfort qu’ils m’ont témoigné en retour.
En plus de voir que Dieu était une source de soutien, approfondir ma relation avec Lui m’a aidée à protéger mes pensées et à prendre des décisions davantage guidées par Dieu. Cette assurance, tirée de Science et Santé avec la Clef des Ecritures, de Mary Baker Eddy, a trouvé un écho profond en moi : « Si vous travaillez et priez avec des mobiles sincères, votre Père vous ouvrira le chemin. » (p. 326)
J’ai découvert que la véritable satisfaction dans les relations réside dans le sentiment d’une proximité sincère avec autrui et dans le courage d’exprimer de la bienveillance envers les autres. Désormais, je recherche des relations où mon individualité spirituelle est appréciée et où les autres peuvent reconnaître et faire confiance dans la bonté que j’exprime et en ma valeur spirituelle – et où je peux faire de même pour eux.
Ces prises de conscience m’ont amenée à réfléchir à la discussion sur le courage animal et le courage moral dans Science et Santé. Le courage animal est ce genre d’impulsion qui, au départ, rendait les relations physiques sans lendemain attrayantes parce que j’essayais quelque chose qui sortait de ma zone de confort habituelle. Le courage animal relève de l’instinct et de l’ego ; le courage moral implique de comprendre comment mieux aimer l’humanité, et de prendre des décisions conformes à de meilleures intentions, ce qui inclut de sacrifier son intérêt personnel.
Dans son ouvrage Science et Santé, Mary Baker Eddy écrit que Jésus réprouvait « le ressentiment ou courage animal » (p. 48). J’ai appris que le courage moral naît de la conscience de l’amour de Dieu et du désir d’exprimer cet amour, qui transforme et élève tous ceux qui le vivent. L’amour qui émane de Dieu inclut le désir naturel de comprendre les autres, de leur montrer de l’attention et un certain engagement envers eux, et de les percevoir en tant qu’expression de Dieu. La véritable « vulnérabilité » réside dans une humilité qui exprime l’amour, sans avoir besoin que cet amour soit accepté ou réciproque.
Le bien immense que m’a apporté le fait de me tourner vers Dieu dans cette expérience m’a permis de voir les problèmes comme des opportunités de mieux connaître Dieu et de mieux me connaître. Et j’ai constaté que la croissance spirituelle nous transforme et nous satisfait entièrement.
