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Article de couverture

LA VIE: VOTRE AUTOBIOGRAPHIE SPIRITUELLE

C'est la vie ! Cette expression s'est glissée dans la plupart des langues et s'applique à la tournure inattendue et parfois désagréable que prennent certains événements.

Tiré du Héraut de la Science Chrétienne de novembre 2009


Cette vision des choses se fonde sur l'hypothèse que le hasard joue un rôle prépondérant dans notre vie. Or, en réalité, qu'est-ce que la vie ? Il y a un certain nombre d'années sont sortis un livre et un film intitulés Whose Life Is It Anyway ? (titre français: C'est ma vie, après tout !) Le point de vue qui y est avancé consiste clairement à dire: « C'est ma vie, j'en suis responsable, elle m'appartient. » Mais est-ce bien vrai ?

On débat beaucoup sur le fait de savoir si la vie est essentiellement déterminée par « l'inné ou l'acquis », c'est-à-dire par notre patrimoine génétique ou par notre éducation et notre milieu. Si nous adhérons seulement à la moitié des théories physiologiques et psychologiques qui, dans leur immense variété, essaient d'expliquer la vie, nous en concluons que nous sommes prédéterminés, prédestinés et conditionnés de toutes les manières possibles et imaginables.

Néanmoins, approfondissons le sujet. D'après les dictionnaires, la vie est organique, se créant elle-même, capable de croissance. Pour moi cependant, l'une des plus grandes découvertes que j'ai faites dans la Bible, c'est la réponse toute simple que Dieu donne à Moïse lorsque ce dernier Lui demande de s'identifier. Moïse entend Dieu lui dire que Son nom, ou Sa nature, est « Je suis », la première personne du singulier du verbe être. Imaginez un instant que Dieu vous dise qu'Il est le seul « Je suis » et que vous vous rendiez soudain compte qu'il ne vous est plus possible d'employer ces mots sans faire uniquement allusion à Dieu. Pour Moïse, ce fut un moment décisif. Il avait entendu Dieu s'identifier comme étant la seule cause de tout être, la seule existence. Désormais, Moïse allait envisager sa propre identité sous un jour radicalement nouveau. Il découvrit peu à peu que chaque aspect de son être, son « Je suis » venait de Dieu. À partir de ce moment-là, fort de sa nouvelle identité, Moïse devint le leader de son peuple.

Voilà une idée révolutionnaire. Elle était révolutionnaire il y a 3 000 ans quand Moïse l'entendit et elle l'est tout autant aujourd'hui. C'est une vision de la vie qui a le pouvoir de nous transformer, littéralement, de nous changer de manière radicale et totale. Qu'est-ce qui est en jeu ? Ce dont nous sommes conscients. Ce que nous pensons de nous-mêmes et en particulier de ce que nous appelons nos origines. Si la vie est bien plus qu'un simple morceau de matière organique (et la plupart des scientifiques s'accordent à le dire), elle doit bien venir de quelque part. Et c'est ce que signifie la déclaration divine: puisque la seule origine de Moïse, c'était Dieu, le seul, l'unique, le grand « Je suis », alors Moïse devait comprendre que son origine était purement spirituelle.

Moïse avait été élevé comme un prince dans le palais du Pharaon, mais à la suite de circonstances dramatiques, il avait abandonné ce rang prestigieux pour devenir simple berger (voir Exode 2:11–25). Moïse reçut là une grande leçon d'humilité car il apprit à obéir à Dieu même dans les conditions les plus difficiles. Sa nouvelle situation lui permit de comprendre la signification extraordinaire de la révélation que Dieu lui fit, que « Je suis » est le nom de Dieu.

Cette compréhension nouvellement acquise transforma l'existence de Moïse en l'élevant au-dessus de sa simple condition de berger. Il devint alors un leader national, mais cette fois-ci sous l'autorité divine et non par l'intermédiaire d'un gouvernement humain. Or, Moïse n'avait ni prévu ni voulu ce nouveau rôle. Au contraire, ce qui était essentiel à ses yeux, comme cela devrait l'être aux yeux de chacun de nous, c'est qu'il avait appris à écouter les directives divines. Il vit que son existence n'était pas séparée de Dieu. En écoutant Dieu, Moïse découvrit qu'il avait pour raison d'être de délivrer le peuple juif de l'esclavage et de le conduire à la Terre promise, l'acte le plus extraordinaire jamais accompli dans toute l'histoire de l'Ancien Testament.

Ironie du sort, Moïse fut finalement considéré comme le plus humble des hommes. Quel magnifique exemple pour notre monde actuel où il semble que pouvoir et humilité fassent rarement bon ménage ! Moïse avait compris que Dieu ne lui avait pas simplement donné la vie. Il avait appris que Dieu était en train de « le vivre ». Ainsi toute l'attention se reportait sur Dieu et non sur lui. Cette vision des choses correspond à la définition que Mary Baker Eddy donne de Dieu dans Science et Santé: « Le grand Je suis; Celui qui sait tout, qui voit tout, en qui est toute action, toute sagesse, tout amour, et qui est éternel; Principe; Entendement; Âme; Esprit; Vie; Vérité; Amour; toute substance; intelligence. » (p. 587) Nous constatons que la définition inclut la « Vie » comme synonyme de Dieu, soulignant ainsi encore davantage le fait que Dieu est véritablement la vie de chaque être.

Que se passerait-il, à votre avis, si, en suivant l'exemple de Moïse, nous choisissions de nous écarter d'un modèle qui nous oblige à porter notre attention sur une identité physique quelconque (y compris sa personnalité, ses défauts, son patrimoine génétique, son histoire faite d'accidents et de conditionnements), pour commencer à percevoir que notre vie dépend exclusivement de Dieu ? J'ai la certitude que cette attitude susciterait pour chacun de nous une sorte de résurrection, une nouvelle vie.

Lorsque nous comprenons notre identité en partant de ce point de vue, c'est-à-dire du fait que Dieu est en train de « nous vivre », nous commençons, comme Moïse, à réexaminer tout ce qui concerne notre existence. Par exemple, si quelqu'un décidait d'écrire notre biographie, cette personne commencerait probablement par nos ancêtres, puis parlerait de notre famille, de nos études, puis de notre carrière professionnelle, et ainsi de suite. Cependant, ce dont nous avons réellement besoin, c'est d'écrire notre autobiographie « spirituelle », et ce dans notre conscience.

D'abord, nous commençons par corriger nos pensées au sujet de notre héritage: Nous voyons que Dieu est notre seul ancêtre réel, notre seule Mère et notre seul Père. Ensuite, nous voyons que nous avons grandi dans un environnement gouverné par Dieu, au sein duquel nous évoluons et progressons. Enfin, nous prenons conscience du fait que les qualités et les facultés dont nous avons hérité viennent directement de cette source, Dieu. Ce que nous avons coutume d'appeler notre force, notre beauté, notre agilité, notre sagesse sont en réalité des expressions de Dieu. En remplaçant la notion d'une existence séparée et individuelle par la prise de conscience que Dieu est en train de « nous vivre», nous découvrons une vitalité, une créativité et une inspiration renouvelées, qui ont toutes leur origine en Dieu.

Et qu'en est-il de la mort ? La mort est à la vie ce que l'obscurité est à la lumière. Elle ne met pas fin à la vie et elle ne la touche même pas. Bien au contraire. Là où la vie est exprimée, la mort est impossible. Bien entendu, ce concept va à l'encontre de la façon dont on considère généralement la vie parce que la plupart des gens regardent la vie dans le contexte de la mort. Pourtant, si nous admettons que la mort est simplement la croyance selon laquelle la vie est limitée, qu'elle diminue et se termine, alors nous admettons que la joie est limitée et que nos forces diminuent. Quand nous acceptons n'importe quelle limite, nous acceptons la notion absurde de la mort comme faisant inévitablement partie de la vie. C'est peut-être pour cela que le monde semble fasciné par la mort. Les scientifiques sont constamment à la recherche de solutions permettant d'en retarder l'échéance. Les philosophes et les théologiens se sont sans cesse interrogés. Que trouve-t-on au-delà de la mort ? Ou que signifie-t-elle ? Les réponses sont au mieux des hypothèses et elles sont toujours incomplètes.

Étant donné que le concept de la Vie immortelle, du « grand Je suis » (la seule vie que nous ayons) n'inclut pas la mort, nous pouvons employer bien plus efficacement notre temps et nos efforts à découvrir ce qu'est la Vie. Cet acte seul, s'en remettre à Dieu pour découvrir la Vie, est radical. Il signifie que l'ADN, et l'ensemble des facteurs qui prétendent déterminer notre identité, notre avenir, notre histoire, notre vie même, ne constituent pas la cause de ce que nous sommes réellement. D'un point de vue spirituel, cela n'a aucun sens d'accepter que notre vie puisse être déterminée, même dans la plus infime mesure, par autre chose que par Dieu. Quelle liberté ! Plus de liens avec le patrimoine génétique. Plus de limites imposées par l'éducation, les études, la pyramide des âges ou la physiologie sous toutes ses formes.

Mais comment atteint-on ce point de vue élevé ? Moïse était prêt à interrompre ce qu'il faisait, à délaisser totalement son activité habituelle et à écouter son sens spirituel avec la plus grande humilité. C'est ainsi qu'il entreprit ce parcours où il apprit que Dieu est sa vie. Nous pouvons et nous devons faire la même chose sur le plan intellectuel, spirituel et dans notre pratique quotidienne. Nous étudions des ouvrages comme la Bible et Science et Santé. Et en conséquence, nous comprenons Dieu de mieux en mieux. Cette compréhension approfondie nous conduit ensuite à développer notre sensibilité spirituelle de façon à ressentir la présence de Dieu. Et alors, dans la pratique quotidienne, nous mettons en action ces deux niveaux de compréhension, instant après instant.

Cette dernière action, la pratique quotidienne, paraît souvent la plus difficile. Or, Jésus nous a laissé des instructions très claires. Quand on lui a demandé ce qu'il fallait faire pour hériter la vie éternelle, il répondit qu'il nous fallait aimer, aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre force et de toute notre pensée, et aimer nos frères et sœurs, notre prochain, comme nous-mêmes. (voir Luc 10:25–27) En soi, ce sont des paroles très simples, mais leur mise en application représente le plus grand défi que nous aurons jamais à relever lorsque nous apprenons comment laisser Dieu « nous vivre ». On répond à cette exigence d'aimer davantage en commençant par aimer dès maintenant. Ainsi, nous changeons l'image que nous avons de nous-mêmes en tant qu'êtres physiques pour nous voir comme l'expression de la Vie divine, de la Vie illimitée et pour voir que nous coexistons avec notre source éternelle. En sachant cela, en comprenant cela, nous commençons à nous aimer nous-mêmes en tant qu'expression de la Vie. Et quand nous nous voyons ainsi, nous étendons tout naturellement ce point de vue à ceux qui nous entourent, pour voir chacun comme l'expression unique et immortelle de la Vie. Alors nous les aimons comme nous nous aimons nous-mêmes.

Ce point de vue offre un énorme contraste avec ce que le monde nous conseille de faire pour rester en bonne santé. Toutefois, il y a des voix dans notre monde actuel qui au moins font allusion aux idées avancées par Jésus concernant notre nature purement spirituelle. Bernie Siegal, un chirurgien de renom, note depuis de nombreuses années les effets bénéfiques qu'a sur ses patients atteints du cancer le fait d'apprendre à aimer pleinement. Dans son livre intitulé Peace, Love and Healing [Paix, amour et guérison], Siegal affirme: « La plus grande maladie de l'humanité, c'est le manque d'amour...» (Harper & Row, 2007) Et Deepak Chopra, le médecin indien qui a beaucoup écrit sur la spiritualité, explique qu'en aimant, on peut vaincre le vieillissement. Néanmoins, il explique que cet amour « n'est pas juste un sentiment ou une émotion » (entretien avec Veronica Hay, www.intouchmag.com, 18 mai 2007). Vivre pleinement, c'est aimer profondément, sans égoïsme, inconditionnellement. À propos de l'amour de Dieu, Mary Baker Eddy écrit dans un poème: « Nourris-nous de Ton pain vivant / Car la Vie est Amour; » (« Amour », Écrits divers 1883–1896, p. 387–388).

Quelqu'un va peut-être poser la question suivante: « Oui, penser que Dieu est notre vie et savoir que nous vivons en aimant, ce sont de belles idées, mais cela veut-il dire qu'on fait mine d'ignorer les besoins du corps ? Et dans ce cas, n'est-ce pas une attitude extrême ? » Nous répondons à cela que nous ne négligeons pas le corps. Nous continuons à le nourrir, à le vêtir et à l'abriter, à en prendre soin, en faisant d'ailleurs moins d'efforts qu'avant, parce que nous ne voyons pas en lui l'origine de notre vie. Et pourtant, tout en faisant preuve de bon sens dans la façon dont nous prenons soin de nous-mêmes, nous pouvons, en même temps, étudier les moyens de transformer notre façon d'envisager la vie. Ce faisant, l'inspiration nous vient, transforme peu à peu notre vie, et ce qui est essentiel, c'est que cela devrait immédiatement entraîner d'importants changements dans notre manière de penser. À mesure que nous apprenons à nous appuyer avec confiance sur le fait que Dieu est réellement notre vie, nous en venons aussi à comprendre qu'il ne pourrait jamais y avoir, qu'il ne peut y avoir, un moment où nous sommes séparés de Dieu.

La métaphore de la relation parentenfant n'est rien d'autre qu'une métaphore, mais c'est une métaphore puissante quand elle sert à décrire la relation que nous avons avec Dieu. Elle illustre notre dépendance totale envers notre vrai Père-Mère et Son amour qui subvient à tous les besoins de l'enfant (nous). La relation qui nous unit à Dieu, c'est exactement cela, mais en beaucoup plus intime. Nous sentons que Dieu est en train de « nous vivre » et nous sommes profondément conscients de la présence de Dieu comme étant notre pensée, notre action, notre amour.

Cette transformation de la pensée exige beaucoup de nous. Et oui, elle demande que nous fassions preuve d'une grande discipline. Or, nous sommes tous capables de rejeter mentalement la conscience de la mort, la crainte de voir la fin de toutes choses, qu'il s'agisse de notre bonheur, de nos amitiés, même de la santé de notre planète, menacée par de dramatiques changements climatiques. Mary Baker Eddy, dans sa réponse très courte à la question: « Qu'est-ce que la Vie ? » nous engage à voir la Vie ainsi: « L'éternité, non le temps, exprime la pensée de la Vie, et le temps ne fait pas partie de l'éternité. » Puis elle fait cette déclaration remarquable: « L'un cesse dans la mesure où l'autre est reconnue. » (Science et Santé, p. 468)

L'apôtre Paul décrit le lien qui nous unit à Dieu avec une simplicité magnifique: « Car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l'être. » (Actes 17:28) Pour moi, cet « être » que nous sommes, dont l'origine est dans l'Esprit, se résume à trois concepts: l'amour, la liberté et l'humilité. Nous aimons Dieu, la Vie même, et la création de la Vie, l'homme; nous savons qu'étant immortels, nous vivons sans être à la merci du temps, dans l'éternité; et nous reconnaissons que Dieu est le seul Je suis. C'est ça la vie !

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(Mary Baker Eddy, La Première Eglise du Christ, Scientiste, et Miscellanées, p. 353)

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