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Notre innocence: pure, incontestable, inaltérable

Tiré du Héraut de la Science Chrétienne de février 1987


Pour moi qui avais été élevé dans une religion chrétienne traditionnelle profondément ancrée dans les doctrines calvinistes, selon lesquelles l’homme est essentiellement pécheur, la vie semblait une montagne très haute, aux flancs glissants comme du savon. On s’élevait de quelques pas, en rampant plutôt qu’autre chose, et... patatras ! On se retrouvait au point de départ. Au sommet siégeait un père menaçant, les sourcils parfois froncés, très rarement souriant, qu’on appelait le « Dieu Tout-Puissant » ou « l’Éternel des armées ». Il tenait à la main un bilan sur lequel, j’en étais sûr, mes débits ne pouvaient qu’excéder de beaucoup mes crédits. Il n’est donc pas étonnant que le sentiment de culpabilité soit devenu prépondérant dans ma vie. Même lorsque j’embrassai la Science Chrétienne, des années plus tard, et bientôt suivis le cours de Science Chrétienne, je ne réussis que partiellement à me libérer, à ce moment-là, de ce sentiment de culpabilité.

Pourquoi ce sentiment est-il aussi prédominant ? L’une des raisons est que la société est constituée de groupes qui semblent passer une grande partie de leur temps à se juger, à se condamner et à se critiquer mutuellement. Trop fréquemment, cela se fait avec un grand ton de supériorité, ce qui garantit automatiquement que toute remarque sera rejetée. Les membres d’église se laissent trop facilement prendre à ce jeu, parfois de la manière la plus absurde.

Mais n’y a-t-il pas une raison plus profonde pour expliquer le fait que les critiques, les jugements et la culpabilité soient si répandus dans les affaires humaines ? Et comment peut-on se libérer de ce fardeau ?

Il y a quelques années, ayant une période de temps libre entre deux emplois, je me rendais chaque jour à la Salle de Lecture de la Science Chrétienne de ma localité, et m’étant assis à une table, je demandais: « Père, que dois-je étudier aujourd’hui ? »

Un matin, l’idée suivante me vint avec une extrême clarté: Étudie l’innocence de l’homme ! Je passai donc une journée exaltante à méditer ce que dit la Bible et ce qu’écrit Mary Baker Eddy à ce sujet dans Science et Santé. Pour la première fois de ma vie, je saisis réellement le sens révolutionnaire de passages bibliques tels que: « Je lave mes mains dans l’innocence » Ps. 26:6. et l’affirmation triomphale de Paul: « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. » Rom. 8:1

Ce soir-là, en rentrant chez moi, j’avais des ailes. Le lendemain matin, sur le chemin de la Salle de Lecture, la vision de l’innocence intégrale de l’homme s’imposa à moi avec tant de force que je ressentis l’envie de crier dans l’autobus et à tous les gens que je croisais dans la rue: « Vous êtes innocents, VOUS ÊTES INNOCENTS. » Aujourd’hui encore, je sens la puissance extraordinaire de cette déclaration qui est comme de la dynamite spirituelle pure dans un monde qui se débat sous les accusations de l’erreur, autrement dit de la conscience matérielle telle que la définit le douzième chapitre du livre de l’Apocalypse: « L’accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit. » Apoc. 12:10.

Qu’est-ce qui me rendait aussi conscient de l’innocence de l’homme ? Après tout, j’étais toujours sur terre et je continuais à mener une vie humaine assez normale. C’était la compréhension joyeuse que, dans notre identité spirituelle réelle, nous sommes, vous, moi et tout le monde, sans tache, irréprochables, purs, intacts, immaculés, inaltérés, sans marque, sans le moindre soupçon ni la moindre trace de culpabilité. Mary Baker Eddy explique: « Dieu crée l’homme parfait et éternel selon Sa propre image. L’homme est donc l’image, l’idée, ou la ressemblance de la perfection — un idéal qui ne peut déchoir de son unité inhérente avec l’Amour divin, de sa pureté immaculée et de sa perfection originelle. » The First Church of Christ, Scientist, and Miscellany, p. 262.

Cet homme parfait dont parle Mary Baker Eddy n’est pas un idéal platonicien auquel nous parviendrons un jour à la force du poignet et à la sueur du front ! Cet homme est votre être véritable maintenant même. Quand on le lit avec soin, Science et Santé fait ressortir avec une clarté manifeste qu’il n’y a qu’un homme l’homme de Dieu, l’homme parfait. Il n’y a pas deux types d’homme: les pauvres pécheurs en lutte aspirant à la perfection (catégorie comprenant la plupart d’entre nous) et quelques êtres abstraits, très spirituels (parmi lesquels certains praticiens et professeurs de Science Chrétienne très saints, et peut-être un ou deux Premiers Lecteurs). Non. Il y a seulement l’homme de la création de Dieu, spirituel, entièrement bon, rempli de lumière, libre. Cet homme est l’identité authentique de chacun de nous, vous, moi et même ceux dont la vie n’est pas aussi droite qu’elle devrait l’être, nous semble-t-il.

Pourtant il importe de souligner que saisir cette perfection — et donc notre innocence — est une chose, mais la démontrer de façon continue dans toute notre conduite en est une autre. Il est bien vrai que nous ne pouvons réaliser cette démonstration que si nous en avons eu la vision, mais il est également vrai que si la vision n’est pas suivie de la démonstration — démonstration qui, pour la plupart des gens, semble impliquer une croix à porter — cette vision est vide, c’est un don précieux gaspillé. Notre Maître, Christ Jésus, déclara que ceux qui agissent selon la vérité viennent à la lumière Voir Jean 3:21., impliquant peut-être que la revendication de notre innocence n’acquerra puissance et substance que lorsqu’elle s’exprimera par une vie qui rayonne de qualités telles que la pureté, la clarté, l’intégrité, la compassion désintéressée, la tendresse, l’amour exempt de timidité et la sincérité.

La parabole de l’enfant prodigue que nous a laissée Christ Jésus fait ressortir cette innocence avec une clarté toute particulière. Un étudiant de la Science Chrétienne comprit cela un jour, après avoir passé une mauvaise nuit en train, à lutter sans succès contre une difficulté physique. Il arriva dans une grande gare en France au petit matin et comme il devait attendre une heure avant qu’on ne vienne le chercher, il décida d’étudier la Leçon-Sermon Dans le Livret trimestriel de la Science Chrétienne. qui comprenait justement cette parabole. Dans un restaurant bruyant, sous la lumière aveuglante des néons, et sur un fond de musique de rock retentissante, diffusée par un juke-box, il se sentit soudain touché par quelque chose qu’il n’avait jamais saisi auparavant: dans la parabole, le père ne prononça pas un seul mot d’accusation ou de condamnation à l’égard de son fils cadet qui avait gaspillé son héritage en vivant dans la débauche.

Un enfant prodigue déchu, voilà le concept humain auquel font allusion les termes suivants de la parabole: « Mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé. » Luc 15:24. En examinant cette parabole du point de vue de la Science Chrétienne, nous pourrions dire que le fils prodigue avait perdu conscience de ce que signifie demeurer en compagnie du Père, de Dieu — mais cela, seulement du point de vue humain. La vision du Père était, est, et sera toujours la vision de l’innocence sans tache décrite dans ce passage de Science et Santé — un passage dont la pleine implication est absolument prodigieuse: « Pour la victoire remportée sur un seul péché, nous rendons grâce et nous magnifions l’Éternel des armées. Que dirons-nous de la puissante victoire remportée sur tout péché ? Le chant le plus haut, le plus doux qui soit jamais monté aux cieux, s’élève aujourd’hui plus clair et plus proche du grand cœur du Christ; car l’accusateur n’est pas là, et l’Amour fait entendre ses accords éternels et primordiaux. » Science et Santé, p. 568.

Dans la parabole du fils prodigue, le père fait au fils aîné une déclaration qui est à mes yeux la plus frappante de toute la Bible: « Mon enfant... tu es toujours avec moi, et tout ce que j’ai est à toi. » Luc 15:31. Que toutes les qualités de Dieu nous appartiennent par réflexion, n’est-ce pas là une chose absolument prodigieuse ? Toutes — non pas certaines, ou la plupart d’entre elles, de temps en temps. Non, toutes. Point final. Non pas demain, mais maintenant (bien que la démonstration effective de ce fait dans notre vie puisse demander du temps). Et cela inclut naturellement l’état d’innocence. La source ultime de notre innocence immaculée n’est pas notre bonne conduite, la moralité de notre vie, notre présence fidèle à l’église ou notre obéissance au Manuel de L’Église Mère par Mary Baker Eddy, aussi importantes soient-elles. La seule source de notre innocence est la nature de Dieu: parce que Dieu est innocent, étant Son expression, nous sommes innocents. Nous n’avons donc pas à gagner notre innocence par une conduite juste. Une conduite pure, pleine d’amour et de compassion est le résultat de notre innocence immaculée.

Certains pourraient objecter: « Mais alors, le pécheur le plus endurci peut béatement revendiquer son innocence ! » Il faut donc souligner que la conscience de notre innocence ne peut venir que par la repentance et la régénération. Mary Baker Eddy indique dans Écrits divers: « Trois points essentiels doivent être atteints avant que la pauvre humanité soit régénérée et la Science Chrétienne démontrée: (1) un juste concept du péché; (2) la repentance; (3) la compréhension du bien. » Écrits divers, p. 107.

Une des conséquences merveilleuses de notre sentiment de parfaite innocence originelle est que nous jugeons et critiquons les autres de moins en moins, que les commérages méchants, les critiques, les remarques acerbes et les jugements des autres ne nous touchent pas plus que l’eau ne pénètre les plumes d’un canard.

Une dernière remarque: Les accusations, les condamnations et la culpabilité impliquent le dualisme d’un accusateur et d’un accusé. Mais là où règne la conscience de l’unité parfaite — entre Dieu et l’homme, Son expression complète et absolument pénétrée de joie — il n’y a rien d’autre que l’omniprésence de l’Amour et son doux rayonnement.

Nulle image ou métaphore n’est adéquate à exprimer l’unité parfaite qui existe entre l’homme et sa source divine, parce que le langage dérive principalement de l’expérience humaine limitée. Mais il y a une image que j’ai trouvée utile, c’est celle d’un diamant aux facettes innombrables: chaque facette est unique et capte la lumière d’une façon particulière, et pourtant chaque facette ne fait qu’un avec le diamant.

Ami, pourquoi ne pas accepter d’être une facette de Dieu, pure comme l’eau d’un diamant ? Reflétez donc en toute joie Sa lumière infinie !

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(Mary Baker Eddy, La Première Eglise du Christ, Scientiste, et Miscellanées, p. 353)

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