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Faut-il croire ce que les yeux voient ?

Tiré du Héraut de la Science Chrétienne de décembre 2006


Dans la société moderne où la spiritualité est plurielle, le terme spirituel suggère autant de sens différents qu’il y a de personnes. Je pense que par spirituel, les gens entendent quelque chose de transcendant, une sorte de réalité qui existe au-delà de ce qui est évident à nos yeux dans la vie quotidienne.

Dans la classe que j’enseigne à l’école du dimanche, une classe composée d’élèves de lycée, nous parlons du fait que la réalité apparaît différente selon l’angle de vision sous lequel nous la considérons. Prenons par exemple deux amis artistes qui se promènent dans les bois; l’un d’eux est peintre, l’autre est musicien. Pendant leur promenade, le peintre distingue des motifs formés par l’ombre et la lumière, la texture de l’écorce des arbres, la couleur des feuilles, l’espace entre les branches. Quant au musicien, il remarquera des sons précis, le rythme des pas, le bruissement des feuilles de bouleau dans le vent, les accents du chant de la mésange. Ces perceptions n’ont rien en commun. Imaginez aussi ce qu’un chien retirerait de la même promenade, voire un lézard ! Pour chaque créature, la forêt représente une réalité différente. Et chacune de ces réalités est limitée. Si nous souhaitions avoir le tableau réel complet, il nous faudrait essayer de partir du plus grand nombre de perspectives possible afin d’élargir et d’enrichir notre perception.

Il arrive parfois que la perspective spirituelle, à savoir regarder au-delà de la réalité matérielle, soit considérée comme un angle de vue valable, parmi d’autres. Or je pense que la perspective spirituelle n’est pas une façon de plus de voir les choses. Pour moi, c’est là que se trouve réellement la vérité de tout ce qui existe. En ce qui concerne la compréhension de la perception spirituelle et de son rapport avec la réalité, nous pourrions bien en fait nous trouver au même stade où en était l’humanité il y a environ deux siècles concernant le phénomène de la lumière.

Vers le début du XIXe siècle, les savants recherchaient une relation entre la lumière et la chaleur, lorsqu’ils ont découvert le spectre du rayonnement électromagnétique. Ils se sont aperçu que la lumière visible n’était que la portion centrale d’un large spectre composé de lumière et de radiations invisibles, qui s’étendait au-delà de ce qu’on pouvait percevoir à l’œil nu. Nous savons à présent que cette lumière invisible prend la forme d’ondes radio, de micro-ondes, de rayons X, infrarouges, ultraviolets et gamma, voyageant à la vitesse de la lumière. La longueur d’onde et les niveaux d’énergie font l’unique différence entre toutes ces formes de lumière.

Récemment, à l’école du dimanche, la discussion a tourné autour de l’analogie entre la découverte du spectre électromagnétique et notre quête spirituelle pour savoir ce que nous sommes réellement. Nous sommes tombés d’accord sur le fait que, tout comme la lumière, nous sommes bien plus que ce que peuvent révéler nos sens physiques. Au-delà du spectre visible et tangible offert par les sens, il existe un vaste règne d’informations invisibles. Mais quelle est la nature de cette information ? Les chercheurs spécialisés en physique de haute énergie ont maintenant conclu que quatre-vingt-quinze pour cent de l’univers est fait de « matière sombre » et d’« énergie sombre » invisibles. Même si, pour le moment, il existe peu d’outils pour évaluer la nature de cette substance inconnue, les savants s’attendent à une révolution de la pensée au moins du même ordre que celle qui avait été initiée par Nicolas Copernic au XVIe siècle avec la publication de sa théorie sur un système planétaire centré sur le soleil.

En parallèle avec les physiciens impliqués dans cette recherche scientifique, l’humanité poursuit sa longue recherche spirituelle pour comprendre la nature de l’existence. C’est aussi le travail que nous faisons dans notre classe ! Nous avons parlé d’aspects du « spectre invisible » que connaissent déjà bien la plupart des gens: il s’agit de cette large bande d’amour que nous percevons et qui inclut les tons nuancés que sont le pardon, la bonté et la compassion. Nous connaissons l’existence de l’ordre, de la vérité, de l’inspiration et de la créativité. Ce sont là quelques-unes des choses invisibles que les gens sont à même de percevoir par le sens spirituel ou moral. Et il existe bien plus encore à découvrir au sujet de ce sens et sur la façon dont il nous donne des informations sur nous-mêmes et sur le monde.

Nous avons souvent parlé dans cette classe du dualisme apparent entre la matière visible et la spiritualité invisible, et du fait qu’il ne semble exister aucune connexion entre ces deux éléments irréductibles, puisque les choses dites spirituelles semblent fondamentalement différentes des matérielles, que nous pouvons voir et toucher. Nous en sommes arrivés à l’idée que, de même que l’ensemble du spectre électromagnétique est composé d’une seule substance appelée lumière, ainsi le monde et nous-mêmes sommes peut-être réellement faits d’une seule substance que l’on appellera pensée, ou idée, ou conscience. D’ailleurs, une école de pensée émergente dans le monde scientifique affirme que « l’élément constitutif fondamental de l’univers n’est pas l’atome ou même le quark, mais plutôt l’information elle-même. » William L. Duncan, The Quantum Universe: An Information Systems Perspective Si l’information est l’élément constitutif de l’univers, alors c’est la conscience ou entendement qui en est l’architecte, ou encore l’Entendement qui est Dieu.

Il s’avérera peut-être que le dualisme apparent entre matière et esprit n’est qu’une lacune temporaire dans la compréhension. De même que l’on a trouvé que le spectre lumineux visible est inclus dans le spectre électromagnétique plus large, ne pourrait-on pas imaginer que ce que nous percevons actuellement comme le monde visible n’est qu’une partie du spectre plus large de la conscience humaine ? Et une perception élargie de la réalité n’entraînerait-elle pas la modification ou l’ajustement de notre perception actuelle du monde visible ? Ce changement mental ne pourrait-il pas ouvrir la porte à un univers spirituel illimité et à une découverte spirituelle de soimême ?

À la suite de ces échanges à l’école du dimanche, j’ai lu avec une nouvelle compréhension une affirmation de Mary Baker Eddy qui, selon moi, parle directement du lien existant entre, d’une part la perception et l’information, et d’autre part la nature de la réalité: « ... pour une certaine conscience humaine, cette conscience que Dieu confère, les cieux et la terre sont spirituels, tandis que pour une autre, pour l’entendement humain non éclairé, la vision est matérielle. Cela montre indubitablement que ce que l’entendement humain appelle matière et esprit indique des états et des phases de conscience. » (Science et Santé, p. 573)

Il se produit dans la connaissance que nous avons de nous-mêmes et de l’univers, une révolution scientifique qui se déroule et évolue continuellement, réunissant des théories limitées en des systèmes plus élevés. De cette manière, la Science divine qui me semble être la découverte de l’information visible et sacrée, permet de relier l’idée d’univers à son sens latin d’origine « vers un seul ».

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– Heloísa G. Rivas, Le Héraut de la Science Chrétienne, janvier 1998

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