Skip to main content Skip to search Skip to header Skip to footer

L'universalité de la Vérité

Tiré du Héraut de la Science Chrétienne d’mai 2007


Pendant le procès de Jésus-Christ, Pilate, le gouverneur romain, lui demanda: « Qu'est-ce que la vérité ? » Il n'est indiqué nulle part dans ce récit biblique que Jésus lui répondit.

D'ailleurs, la réponse se trouvait déjà, ou tout au moins était-elle impliquée, dans la remarque de Jésus qui avait incité Pilate à poser sa question: « Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. » (voir Jean 18:38, 37) Quelle était cette vérité à laquelle Jésus était venu rendre témoignage? Simplement, que Dieu est le Gouverneur et le Législateur suprême, aux lois duquel on doit obéir. Les deux commandements qui contiennent en eux toute la loi consistent à aimer Dieu et à aimer son prochain comme soi-même. Le témoignage que rendit Jésus à cette vérité et à son corollaire, à savoir qu'agissant conformément aux lois de Dieu, nous sommes la véritable image ou reflet de Dieu, explique toute la mission de guérison qui l'avait amené ce jour-là aux pieds de Pilate.

Cette vérité était vraie à l'époque de Jésus, elle demeure vraie aujourd'hui, et elle sera vraie demain. Un dictionnaire définit la vérité comme étant ce qui est « conforme aux faits ou à la réalité ». Prenez, par exemple, ce qu'on entend parfois dans un procès, lorsque quelqu'un affirme que tout ce qu'il veut, c'est la vérité, c'est-à-dire les faits. Le passage du temps ne change pas les faits spirituels.

Une autre définition de la vérité est: « réalité idéale ou fondamentale en dehors de l'existence perçue et qui la transcende. » Cette définition se rapproche peut-être de ce que Mary Baker Eddy discernait quand elle a fait de la Vérité l'un des sept synonymes de Dieu. En comprenant cela dans une certaine mesure, on voit que les faits véritables concernant Dieu et l'homme doivent garder leur accessibilité universelle pour tous ceux qui en dépendent, de même qu'on assume que les lois de la physique opèrent uniformément dans l'univers.

Mes premières rencontres avec la Science Chrétienne, lors d'un service d'Actions de grâces, à L'Église Mère, à Boston, et plus tard, dans une église du Christ, Scientiste, d'une banlieue de Chicago, m'ont lassié une impression indélébile d'espaces immenses qui résonnaient de vérités spirituelles inconnues mais saisissantes, et de musique d'orgue retentissante.

Vous pouvez imaginer le contraste entre ces rencontres et mes visites à des églises de la Science Chrétienne en Allemagne, quand j'étais jeune soldat, pendant les années d'occupation de l'après-guerre. La première église où je suis allé était à Stuttgart, dans une ancienne boutique. Les gens s'asseyaient sur des chaises pliantes, dans une salle mal chauffée, pour écouter la lecture de la Leçon-Sermon. Pourtant, cela ne m'a pas paru si étrange que cela, puisque j'entendais des paroles de vérité, devenues familières, tirées de la Bible et de Science et Santé avec la Clef des Écritures de Mary Baker Eddy. Ainsi que je m'en suis mieux rendu compte plus tard, ces vérités trouvaient tout autant leur application dans mon existence, tandis que j'essayais de m'adapter aux exigences de la vie militaire, que dans l'existence d'autres gens qui travaillaient encore à la reconstruction, dans toute l'Europe, après des années de dévastation et de souffrances. Nous nous laissions tous guider par les mêmes faits, les mêmes vérités.

Pour moi, les leçons de base de la Science Chrétienne, sa métaphysique, n'étaient pas difficiles à comprendre; d'un point de vue intellectuel, j'admettais que Dieu était omnipotent et omniprésent. Cependant, il m'a fallu un certain temps pour comprendre ce que cette vérité signifiait réellement: que seul l'Esprit est omniprésent. Si Dieu est omnipotent, la matière ne peut être la réalité ultime. Si Dieu est Amour, la haine et la crainte ne peuvent être des réalités de notre vie. Si Dieu est Entendement (un autre des sept synonymes de Dieu que Mary Baker Eddy trouva dans la Bible), alors l'intelligence nous appartient, puisque nous sommes Son reflet. Et il ne s'agit pas d'avoir juste assez d'intelligence pour pouvoir se débrouiller, mais d'avoir l'intelligence et la perspicacité infinies. Si Dieu est la Vie, nous ne pouvons pas craindre pour notre vie, et nous avons le pouvoir de protéger et d'enrichir aussi la vie d'autres gens.

Des vérités comme celles-ci sont à la portée de chacun, à tout moment. Cependant, pour qu'elles deviennent des réalités, il nous faut les exprimer. Sinon, elles constituent une sorte de connaissance intellectuelle ou de dogme religieux, au lieu d'être des faits vivants de notre existence. Paul écrivit que « la lettre tue, mais l'esprit vivifie » (II Corinthiens 3:6). Lorsque nous mettons en pratique ce que nous savons de la vérité spirituelle, cette vérité prend vie et joue un rôle essentiel dans notre existence quotidienne. Il est vital de pouvoir s'accrocher aux faits, à savoir la vérité spirituelle et la réalité de l'être. Ceci dit, s'accrocher simplement aux mots, n'est pas la même chose que mettre en pratique ce qu'ils signifient.

Dans Le jeu des perles de verre, le roman de Hermann Hesse, prix Nobel de littérature en 1946, le héros appartient à un ordre d'élite qui tente de préserver l'intégralité de la culture occidentale. À un moment donné, désespérant de son savoir, il demande au Grand Maître de l'ordre: « Existe-t-il une vérité ? N'y a-t-il aucune doctrine réelle et valable ? » Le Maître lui répond: « Il y a la vérité, mon garçon. Mais la doctrine que tu désires, le dogme absolu, parfait, qui seul donne la sagesse, n'existe pas... La vérité est vécue, non enseignée. »

D'ailleurs, dans la même veine, Mary Baker Eddy écrivit un jour à une église filiale: « Dieu est universel; Il n'est limité à aucun lieu, défini par aucun dogme, monopolisé par aucune secte. Pour tous sans distinction, Dieu est démontrable en tant que Vie, Vérité et Amour divins; et Son peuple est formé de ceux qui Le reflètent – qui reflètent l'Amour. » (Écrits divers, p. 150)

Tout cela n'est pas sans rapport avec une conversation que j'ai eue un jour avec une praticienne et professeur de la Science Chrétienne, à Londres. J'ai dû dire quelque chose qui semblait indiquer qu'on ne pouvait trouver la vérité que dans la Science Chrétienne. Elle m'a répondu sur un ton presque brusque: « Ne pensez pas que vous possédez toute la vérité, simplement parce que vous êtes scientiste chrétien. » Sa réponse m'a interloqué, jusqu'au moment où j'ai réalisé ce qu'elle voulait me faire comprendre. Toutes les religions majeures du monde ont donné à leurs adhérents une ligne directrice, une voie à suivre, sinon elles n'auraient pas survécu. Chacun pense peut-être que, quelle que soit sa foi, elle est la meilleure ou même la seule valable. Or, ce qui compte, c'est à quel point on vit conformément aux faits et aux exigences associés à cette foi.

Les chrétiens ont peut-être le sentiment d'avoir tout particulièrement « prise » sur la vérité, parce qu'ils ont comme modèle la vie et l'exemple de Jésus. Et il est certain que Jésus a révélé le pouvoir de Dieu à travers ses enseignments moraux, ses guérisons et l'humilité et l'abnégation extraordinaires dont il fit preuve. Or, simplement croire quelque chose au sujet de Jésus ne démontre pas la vérité de manière pratique dans notre vie. Si l'exemple de Jésus signifie quelque chose pour nous, nous recevrons d'immenses bienfaits en laissant l'inspiration que nous puisons dans cet exemple nous guider pour faire face aux difficultés dans lesquelles nous nous trouvons. Mary Baker Eddy écrivit aussi: « La Vérité est le pouvoir de Dieu qui guérit les malades et les pécheurs, et elle est applicable à tous les besoins de l'homme. Elle est l'idée-Christ universelle, intelligente, illustrée par la vie de Jésus, et par "ses meurtrissures... nous sommes guéris".» (ibid., p. 259)

Dans une certaine mesure, c'est en voyant et en reconnaissant l'universalité de la vérité, qu'il nous est plus facile d'apprécier également l'activité de la vérité chez les autres, et même dans d'autres systèmes de croyance. La conscience-Christ, le vif sentiment de la présence de Dieu avec l'humanité que Jésus démontra constamment, est une conscience universelle, parce qu'elle représente l'activité éternelle de l'Entendement divin qui s'exprime. Attendons-nous à en voir davantage la manifestation partout, et chez toutes les personnes que nous rencontrons. Dans la mesure où notre vécu démontre l'absence de crainte et un déroulement harmonieux venant de l'Entendement, nous pouvons nous attendre de plus en plus à ce qu'on nous pose des questions sur ce qui se cache derrière notre engagement spirituel.

Mary Baker Eddy se servait du langage avec précision. Dans un court article qu'elle écrivit pour le premier numéro du Christian Science Monitor, elle montra qu'à ses yeux, le message de la Science Chrétienne était universel. À propos de ce quotidien, elle écrivit qu'il avait pour but de « diffuser intégralement la Science qui opère sans jamais s'épuiser ». Et en parlant du Héraut en langue allemande, Der Herold der Christian Science (le premier des nombreux Héraut internationaux qui seront publiés par la suite), elle dit qu'il a pour but de « proclamer l'activité et l'accessibilité universelles de la Vérité » (The First Church of Christ, Scientist, and Miscellany, p. 353). Dans aucune de ces deux déclarations, il n'est fait allusion à un confessionnalisme étroit. Au contraire, elles assurent que la Science qu'elle avait découverte était pour tous, parce que ce qui est vrai de Dieu et de l'homme est universellement vrai.

Où que nous soyons sur la planète Terre, il est encourageant de savoir que la conscience-Christ est toujours disponible et que Dieu nous donne la faculté de discerner la vérité dont nous avons besoin.

ACCÉDEZ À DES ARTICLES AUSSI INTÉRESSANTS QUE CELUI-CI !

Bienvenue sur Héraut-Online, le site du Héraut de la Science Chrétienne. Nous espérons que vous apprécierez l’article qui vous est envoyé.

Pour avoir le plein accès aux contenus du Héraut, activez le compte personnel qui est associé à tout abonnement au Héraut papier ou abonnez-vous à JSH-Online dès aujourd’hui !

More in this issue / mai 2007

La mission du Héraut

« ... proclamer l’activité et l’accessibilité universelles de la Vérité toujours disponible... »

(Mary Baker Eddy, La Première Eglise du Christ, Scientiste, et Miscellanées, p. 353)

En savoir plus sur le Héraut et sa mission.