Skip to main content Skip to search Skip to header Skip to footer
Articles originaux web

Suivre les directives divines

Du Héraut de la Science Chrétienne. Publié en ligne - 23 avril 2019


Le 12 décembre 1943, premier jour vraiment froid de l’hiver, je me trouvais sur le plus important chantier naval de la Nouvelle-Angleterre où j’étais employé comme soudeur-monteur pendant la guerre. Cela faisait plusieurs jours que j’installais des couvercles sur les cuves à carburant d’un grand navire de guerre. Ces cuves étaient réparties au fond de la coque, là où il restait de la place, et elles étaient séparées les unes des autres par des cloisons étanches et ignifugées.

La répartition de ces cuves rendait mon travail difficile et fatigant parce que cela m’obligeait à ramper dans des endroits exigus et à passer par de nombreuses petites ouvertures, appelées « bouches d’échappement ». Je devais tirer un câble de soudage électrique, long de trente mètres, jusqu’aux nombreux compartiments nécessitant la pose des couvercles. De plus, je devais transporter mon casque de soudeur, ainsi qu’une rallonge électrique pour la lumière et un sac d’outils.

Après avoir installé trente-neuf couvercles, je pensais avoir fini mon travail mais, en vérifiant ma liste des tâches à accomplir, j’ai constaté que j’avais oublié d’en installer un quelque part. C’était très décourageant parce que, étant déjà engourdi par le froid pour avoir dû me coucher sur le métal glacé, j’étais pressé de sortir pour effectuer un autre travail, qui me permettrait d’être debout et d’avoir une liberté de mouvements.

J’étais tenté de ne pas mettre ce dernier couvercle et de laisser quelqu’un d’autre s’en charger quand on s’apercevrait que le travail n’était pas fini. Toutefois, j’avais l’habitude de terminer la tâche qui m’avait été donnée avant d’en démarrer une autre. J’ai alors parcouru tout le fond du navire à la recherche de la cuve oubliée et j’ai découvert que c’était celle dont j’aurais dû m’occuper tout au début puisqu’elle se trouvait très loin en avant, près de la proue du navire.

Je me suis mis à installer le couvercle, ce qui m’obligeait à entrer dans la cuve par la « bouche d’échappement », une ouverture de trente-huit centimètres sur cinquante-huit, parce que les couvercles, une fois installés, s’ouvraient vers l’intérieur des cuves.

Je devais souder la charnière de basculement du couvercle sur la surface interne de la cuve et sur le couvercle. Pour bien positionner la charnière et pour que le couvercle s’ouvre et se ferme facilement, on m’avait appris à toujours boulonner le couvercle avec les trente-six boulons nécessaires pour le maintenir, avant de souder la charnière.

J’ai essayé de fixer la première vis tout en soutenant de l’autre main le couvercle au-dessus de ma tête, mais j’étais tellement engourdi par le froid et tellement fatigué d’avoir rampé avec mon matériel qu’il m’a fallu huit tentatives pour réussir cette simple opération. Finalement, les filets de la première vis ont mordu à l’écrou et, rapidement, j’ai pu fixer suffisamment de boulons pour que le couvercle reste en place. Quand j’ai voulu prendre ma clé anglaise pour serrer les écrous, j’ai constaté que je l’avais perdue en route. J’avais alors le choix soit de dévisser le couvercle et de retourner à quatre pattes au fin fond du navire pour retrouver ma clé anglaise, soit de continuer à serrer les écrous à la main aussi bien que possible, puis de souder la charnière. J’ai opté pour cette dernière solution.

Alors que le soudage était terminé et que j’étais prêt à partir, satisfait d’avoir fait du bon travail, j’ai découvert que les écrous que j’avais serrés avec les doigts étaient bloqués. Le soudage avait déformé l’acier, cela avait entraîné une tension, et je me retrouvais prisonnier à l’intérieur de la cuve par ma faute.

Me rendant immédiatement compte de la gravité de la situation, j’ai vu qu’il me fallait démontrer les vérités que j’avais l’habitude de déclarer. De nombreuses suggestions mentales agressives se sont présentées. J’ai affronté chacune d’elles en revendiquant le fait opposé. La première pensée scientifique qui m’est venue était le sujet de la Leçon biblique qui allait être lue, le lendemain, dans toutes les églises de la Science Chrétienne : « Dieu, le conservateur de l’homme ».

Je suis resté attaché à cette vérité et j’ai travaillé mentalement selon l’enseignement que j’avais reçu. Quand Satan a suggéré : « Tu es seul et personne ne viendra à ton secours », je savais que Dieu est infini, toujours présent et que, par conséquent, je n’étais pas seul. Une autre suggestion est venue : « Il fait moins quinze degrés et c’est samedi après-midi. Si tu n’es pas sorti avant trois heures de l’après-midi, tu resteras ici jusqu’à lundi matin. Crois-tu que tu vas survivre ? » Cette vérité s’est alors imposée à ma pensée : « Dieu est ta Vie, tu ne peux pas mourir. »

Une lutte mentale acharnée avait lieu dans ma conscience alors que j’étais à l’intérieur de la cuve froide. Lutte longue et difficile. Les suggestions agressives essayaient de me dominer par la crainte. Toutefois, grâce à Dieu, je connaissais la vérité correspondant à chaque mensonge.

Parallèlement, je m’efforçais de retirer les boulons à la main, l’un après l’autre. M’éclairant de ma lampe électrique, j’ai remarqué des lambeaux de chair collés à la tête des boulons. En regardant mes doigts, j’ai vu qu’ils étaient abîmés. Je n’avais rien senti. La crainte de rester enfermé était si forte qu’elle avait occulté la douleur.

Le diable m’incitait à crier, à taper contre les parois d’acier, à chercher une autre ouverture, à faire fondre les boulons avec la baguette de soudure. Mais je savais bien que personne ne pouvait m’entendre. À l’arrière, le bruit que faisaient les riveteuses sur la coque était assourdissant. Je me suis mis à ramper pour entrer dans l’autre compartiment de la cuve, mais j’ai dû y renoncer quand je me suis rendu compte que je serais privé de lumière et qu’il n’y avait pas d’autre bouche d’échappement. La sagesse m’a dit : « Tu n’as jamais essayé de débloquer un boulon en le brûlant. C’est possible mais tu ne sais pas comment faire. Si au lieu de le brûler complètement, tu ajoutes de la soudure au boulon, tu seras alors définitivement enfermé. »

J’ai continué malgré tout à retirer les boulons. Finalement j’ai compris qu’il fallait arrêter ces efforts humains et mettre toute ma confiance en Dieu. Cela demandait un sérieux effort physique de retirer mes mains des boulons pour les mettre sur mes genoux, mais j’ai réussi à le faire. Puis parlant à Dieu, je Lui ai dit : « Père, je T’écoute. » Un changement merveilleux s’est produit. Un message m’est venu à l’esprit. C’est une phrase qui se trouve dans un article écrit par Adam H. Dickey, intitulé « La divine loi d’ajustement » : « Si un homme était en train de se noyer au milieu de l’océan, loin de tout secours humain, la loi de Dieu pourrait le sauver s’il savait y faire appel. ».

Cette pensée m’a apporté un calme total, un sentiment de paix, la certitude de la proximité de Dieu, l’assurance d’être délivré. J’ai attendu et cette directive m’est venue : « Retire la tige de la charnière. » Alors que je me préparais à obéir, une pensée sombre m’a chuchoté : « A quoi bon ? Ce sont les boulons, et non la charnière, qui maintiennent le couvercle. » Toutefois, il n’y avait pas lieu à discuter. Je savais à quelle voix obéir.

J’ai enlevé la tige de la charnière puis j’ai attendu, les mains sur les genoux. Un nouveau message est venu : « Retire le boulon à gauche ». Mes doigts l’ont saisi et se sont efforcés de le desserrer. Il a bougé. Je l’ai saisi à nouveau et tourné de toutes mes forces jusqu’à ce qu’il parte. J’ai retiré les boulons l’un après l’autre, sauf un qui demeurait bloqué.

J’ai attendu à nouveau, les mains sur les genoux. Les paroles d’un de mes cantiques favoris décrivent bien ce que j’ai ressenti en voyant le problème se résoudre pas à pas :

Dans le passé, je ne voulais pas dire :
   « Oh ! guide-moi ! »
J’aimais choisir ma route,
   me suffire, mais à présent dirige-moi !
(John Henry Newman, Hymnaire de la Science Chrétienne, No. 169, traduction © CSBD)

Une pensée-ange m’est venue : « Abaisse le couvercle. » Je l’ai tiré de toutes mes forces, dégageant en partie l’ouverture. J’allais tenter de me faufiler à travers le passage mais cette pensée m’a arrêté à temps : « N’essaie pas de sortir, tu seras coincé dans l’ouverture à un moment donné, et il te sera impossible d’avancer ou de revenir en arrière. Tire encore le couvercle. » Cette fois-ci, la force qui m’animait dépassait celle des muscles. Le filetage de la vis a été arraché et le couvercle a atterri sur mes genoux. J’étais libre ! En scrutant le fond sombre du bateau, j’ai aperçu mon câble de soudage et le cordon de ma lampe électrique qui me montraient par où passer pour arriver à la sortie centrale et, de là, rejoindre le pont du navire. Je voulais m’assurer que la voie était libre.

Je suis alors resté dans la cuve un moment, louant Dieu dans mon cœur et me réjouissant de ce que la Science Chrétienne donne un tel pouvoir aux hommes. J’ai passé en revue les nombreux bienfaits reçus, tout particulièrement le cours Primaire de Science Chrétienne que j’avais suivi. Ma gratitude envers Mary Baker Eddy était immense et indicible.

J’ai fini d’installer correctement le couvercle sur la charnière et j’ai quitté le navire. Quand je suis arrivé à la maison, ma femme m’a dit : « J’ai prié toute la journée pour que tu reviennes sain et sauf. » Elle avait senti que j’avais besoin d’aide et avait prié en sachant ce qui était vrai et en déclarant avec persistance la vérité concernant l’homme. J’étais tellement débordant de gratitude qu’il m’a fallu des heures avant de pouvoir raconter mon aventure.

En aucune autre circonstance je n’avais eu le sentiment d’être si proche de Dieu. J’ai senti Sa présence et j’ai suivi la voix de Ses anges. Je pense avoir appris à reconnaître les directives divines.

Roland H. Allen
West Newton, Massachusetts, Etats-Unis

ACCÉDEZ À DES ARTICLES AUSSI INTÉRESSANTS QUE CELUI-CI !

Bienvenue sur Héraut-Online, le site du Héraut de la Science Chrétienne. Nous espérons que vous apprécierez l’article qui vous est envoyé.

Pour avoir le plein accès aux contenus du Héraut, activez le compte personnel qui est associé à tout abonnement au Héraut papier ou abonnez-vous à JSH-Online dès aujourd’hui !

Plus d’articles web

La mission du Héraut

« ... proclamer l’activité et l’accessibilité universelles de la Vérité toujours disponible... »

(Mary Baker Eddy, La Première Eglise du Christ, Scientiste, et Miscellanées, p. 353)

En savoir plus sur le Héraut et sa mission.