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Article de couverture

LES INFOS ... ET LE POUVOIR DU BIEN

Changeons le monde

Tiré du Héraut de la Science Chrétienne de juillet 2009


Lors d'un voyage en avion, j'ai mis quelques pièces de monnaie dans une enveloppe portant la mention « Changeons le monde », qui était placée dans la pochette du siège devant moi. « Quelle belle initiative ! » ai-je pensé. Cette collecte de dons de l'UNICEF, en partenariat avec des compagnies aériennes, a permis de recueillir plusieurs millions de dollars au profit des enfants, de la part de gens qui, comme moi, prennent l'avion.

Le nom donné à cette campagne m'a frappée. Cela m'a incitée à réfléchir à cette idée de changement. Très souvent, le changement semble représenter une menace, voire un bouleversement, et dans ce cas, il n'est certainement pas le bienvenu. Est-il possible de le considérer comme une bonne chose?

Peut-être faudrait-il commencer par réfléchir aux idées suivantes: Dieu est uniquement bon, Il ne change pas, Son tendre amour et Sa sollicitude vigilante s'expriment de façon naturelle et constante dans toute Sa création. Cela demeure vrai quels que soient les événements.

L'un de mes cantiques préférés comporte cette strophe:

Quand l'heure paraît obscure,
Sa tendresse est là toujours,
Nous montrant Sa clarté pure.
Dieu est sagesse et Amour. Hymnaire de la Science Chrétienne, no 79, John Bowring.

Cette idée d'une bonté qui ne change pas exprime la constance de l'amour de Dieu.

La création de Dieu est spirituelle, elle est l'expression et l'objet mêmes de Son amour, ce qui nous inclut tous, sans exception. Il est impossible d'être séparé de cette source céleste de bonté, d'où la possibilité de se réjouir du changement au lieu de se sentir déstabilisé.

La joie et le changement ne semblent pas toujours faire bon ménage. Mais qu'est-ce qui s'y oppose? Les enfants apprennent des choses nouvelles tous les jours, et ils sont ravis de développer davantage d'aptitudes. Peut-être pourrions-nous en tirer une leçon. Comme l'écrit Mary Baker Eddy, la fondatrice de ce périodique, « la bonne volonté de devenir semblable à un petit enfant et d'abandonner l'ancien pour le nouveau dispose la pensée à recevoir l'idée avancée. Le bonheur d'abandonner les fausses limites et la joie de les voir disparaître, voilà la disposition d'esprit qui aide à hâter l'harmonie ultime » (Science et Santé avec la Clef des Écritures, p. 323-324).

La bonne volonté de changer est une marque de confiance en Dieu, dans le bien. Au contraire, résister au changement, c'est comme dire que le bien s'arrête aux limites du connu ou se recroqueviller dans son coin en pensant: « Je sais ce que j'aime, et j'aime ce que je connais ! » La crainte, qui concerne toujours l'avenir et l'inconnu, va de pair avec cette résistance. Mais Dieu est l'Amour qui « bannit la crainte », Il est omniscient et omniprésent, Il connaît déjà ce qui nous semble inconnu, Il est déjà présent là où Il nous conduit. (voir Rétrospection et Introspection de Mary Baker Eddy, p. 61)

Je trouve sain d'examiner ma propre réaction face à l'éventualité d'un changement, en me demandant si je suis: rigide ou flexible; craintive ou confiante; rétrograde ou novatrice; négative ou positive.

De Moïse, qui marcha dans la mer Rouge, à Copernic, qui osa affirmer que la terre tournait autour du soleil, tous ceux qui se sont engagés en territoire inconnu ont fait face à ce genre d'alternatives. Mais on peut penser en toute équité que ceux qui ont amélioré le sort de l'humanité étaient plutôt flexibles, confiants, novateurs et positifs, lorsqu'ils firent face au changement ou qu'ils le provoquèrent.

Prenons l'exemple d'Abraham, qui vécut plusieurs siècles avant Moïse. Sa vie est racontée dans le livre de la Genèse (chapitres 12 à 25). Voilà un homme qui mène une existence aisée dans la ville chaldéenne d'Ur. Or un jour Dieu lui dit: « Va-t'en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai.» Contre toute attente, Abraham obéit et part avec toute sa famille!

L'histoire d'Abraham est une véritable épopée, riche en événements imprévisibles et en bouleversements. Tout est nouveau. Dans ce genre de voyage où rien n'est organisé d'avance, personne n'est là pour vous dire le temps qu'il va faire, ni pour vous informer des comportements amicaux ou inamicaux des tribus que vous allez rencontrer en chemin. Mais au cours de son voyage, Abraham apprend à connaître Dieu et à Lui faire confiance en voyant en Lui le Dieu unique véritable, le Créateur, un Dieu aimant aux qualités à la fois maternelles et paternelles. Dieu promet à Abraham qu'il sera le père d'une grande nation. Sa femme conçoit effectivement un fils, Isaac, alors que tous deux ont depuis longtemps passé l'âge de procréer. Par la suite, alors qu'Abraham se croit obligé de sacrifier Isaac sur l'autel de sa foi en Dieu, il apprend que cette pratique cruelle n'a jamais été la volonté de l'Amour divin immuable.

Cette nouvelle compréhension de Dieu est le plus grand des changements survenus dans la vie d'Abraham. C'est non seulement sa façon de vivre et d'adorer Dieu qui change, mais également celle de tout un peuple. Près de 2000 ans plus tard, ses descendants se souviendront de lui: « C'est par la foi qu'Abraham, lors de sa vocation, obéit et partit pour un lieu qu'il devait recevoir en héritage, et qu'il partit sans savoir où il allait. » (Hébreux 11:8) Mary Baker Eddy écrit qu'Abraham « prouva par l'exemple le dessein de l'Amour de créer la confiance dans le bien et démontra le pouvoir de préserver la vie, que donne la compréhension spirituelle » (Science et Santé, p. 579).

Inhérente à la vie, la capacité de s'adapter au changement découle tout naturellement de la confiance que l'on a dans le lien indéfectible qui unit l'homme à Dieu. Le fait de savoir que, « en lui nous avons la vie, le mouvement, et l'être » (Actes 17:28), confère à la fois la stabilité et la capacité de naviguer sur des eaux agitées sans perdre le cap.

Bien des « rites de passage » impliquent le changement: aller à l'école pour la toute première fois, quitter le lycée pour la faculté, avoir un premier emploi, se marier, prendre sa retraite, etc. Chaque fois, c'est l'occasion de surmonter la peur du changement ou la résistance à ce qui est nouveau. La certitude que l'Amour divin est toujours présent prépare la victoire, non la défaite, quelle que soit l'ampleur des difficultés rencontrées durant cette période d'instabilité.

Le changement qui reflète l'action de l'Entendement divin est un facteur de développement et de progrès; il ne doit jamais faire peur. La prière apporte la tranquille assurance que Dieu est au gouvernail et que, sous Sa conduite protectrice, les événements auront un dénouement forcément heureux.

L'un de mes amis en est un bel exemple. Il approchait de l'âge de la retraite quand un jour les bénéfices qu'il devait normalement retirer de son entreprise familiale ont été réduits à néant à cause de décisions imprudentes prises par des tiers. Pour mon ami, il était impensable d'être privé des fruits de toute une vie de travail. Mais je me souviens surtout de sa capacité exceptionnelle de faire front, de tourner la page, sans regarder en arrière. Il était sûr que le bien a sa source en Dieu et qu'il est permanent et immuable. Il a accepté la fonction de lecteur dans une filiale de l'Église de la Science Chrétienne, tout en effectuant au même moment un travail temporaire utile à un grand nombre de gens. Plus tard, il est parti vivre dans un pays à l'autre bout du monde avec une partie de sa famille. Là, il a accepté un emploi qu'il n'avait jamais exercé auparavant. Aimant sincèrement sa nouvelle vie, il n'a jamais repensé à son passé avec rancœur. Il a continué de travailler bien longtemps après l'âge normal de la retraite, sans jamais se départir de son optimisme et de son enthousiasme juvéniles face à de nouvelles expériences.

Parfois, loin d'être redouté, le changement semble ardemment désiré. Une de mes amies en a fait l'expérience lorsqu'elle a obtenu son premier poste d'enseignante dans un quartier difficile d'une grande ville anglaise. Malgré son enthousiasme et ses espérances, elle s'est retrouvée dans une classe déchirée par la violence. Cela surgissait sans crier gare: les élèves se mettaient à cracher et à s'injurier, et ils renversaient chaises et tables. Cette situation contrastait fortement avec l'existence paisible qu'elle avait l'habitude de mener. Elle ne pouvait reprendre le contrôle de la classe en s'opposant de front à ses élèves, mais il était clair que, pour le bien de tous, il fallait à tout prix que les choses changent. Elle était intimement convaincue du pouvoir qu'à Dieu de guérir, et elle avait le sentiment d'avoir été guidée à accepter ce poste.

Un jour, alors qu'une nouvelle tempête se préparait dans la classe, elle a pu prendre du recul, et ces mots tirés de Science et Santé lui sont venus à l'esprit: « ... l'homme est libre "d'entrer dans le lieu très saint" – le royaume de Dieu. » (p. 481) Pendant quelques instants, elle a oublié le chaos environnant. Elle a soudain eu la certitude que les élèves et elle étaient gouvernés par Dieu, que seuls Ses enfants étaient présents dans la classe. À sa grande surprise, lorsqu'elle est « revenue » dans la classe, tout le monde était tranquillement assis et attendait ce qu'elle allait dire.

Son cours a connu de nouvelles perturbations au cours des semaines suivantes, mais elle a réagi chaque fois en priant de la même façon. Ses collègues étaient étonnés qu'elle ne se laisse jamais déstabiliser par cette classe. Par la suite, il lui a été possible d'enseigner avec des méthodes novatrices, et certains élèves ont même pu s'orienter vers des voies qui leur avaient semblé fermées. Les remarquables qualités d'enseignante de mon amie ont été reconnues, et elle a reçu une bourse pour étudier et enseigner aux États-Unis. Elle a continué de dispenser son enseignement à de jeunes élèves pendant vingt ans, toujours avec le même succès.

Mais certains changements semblent particulièrement difficiles à accepter. C'est le cas lorsque par exemple les applications de nouvelles découvertes qui s'imposent à la société rendent désuètes les compétences de certains. Comment alors ne pas se sentir dépassé! Mais en vérité les enfants précieux de Dieu ne sont jamais victimes du progrès. Notre véritable valeur n'est jamais dépréciée par un paysage changeant. Les scribes du Moyen Âge ne sont pas devenus moins utiles avec l'apparition des presses typographiques, tout comme les horlogers du fait de l'utilisation du cristal de quartz, ou les mineurs à cause de la découverte de nouvelles formes d'énergie. De même, la technologie informatique n'a pas rendu obsolètes les savoir-faire qui ne relèvent pas de cette technologie. Mais des changements aussi radicaux que ceux-là exigent quelque chose de la part de chacun, qu'il soit jeune ou plus âgé. Ils incitent à évoluer dans ses habitudes et donnent l'occasion de progresser à ceux qui sont prêts à aller de l'avant.

Enfin, il existe des formes de changement qui semblent à l'opposé même du bien. Explorant ce sujet, Mary Baker Eddy décrit ainsi les éléments tumultueux qui semblent menacer le genre humain: « Ce monde matériel devient dès à présent l'arène où luttent des forces en conflit. » (Science et Santé, p. 96) Cette phrase introduit un passage évoquant « la famine et la peste, la misère et le malheur, le péché, la maladie et la mort ». On pourrait y inclure des bouleversements personnels inattendus comme le divorce ou la faillite d'une affaire, ainsi que des catastrophes planétaires telles que tremblements de terre, inondations ou famine. L'auteur dit en outre: « D'un côté il y aura la discorde et l'effroi; de l'autre il y aura la Science et la paix. » Et elle conclut: « La croyance peut changer, mais la compréhension spirituelle ne change pas. » Mary Baker Eddy était pleinement consciente de ce processus en exposant ses idées au monde. Elle comprenait que sans la capacité de progresser mentalement et spirituellement l'humanité risquait de rester dans l'ignorance de la Science, ou connaissance du Christ, seule capable de sauver le genre humain du désespoir et de la destruction.

C'est pourquoi il est très important, non seulement pour soi mais également pour le monde entier, de développer la capacité de voir au-delà des apparences négatives, de percevoir les faits spirituels de la création et d'aller de l'avant. Cette capacité n'est pas personnelle. Dans son sens le plus élevé, elle reflète l'amour et la bonté immuables de Dieu, et elle conduit à la guérison, au rétablissement, au renouveau, au développement et au progrès.

C'est ainsi que le monde s'améliore, moment après moment, une idée après l'autre, de vie en vie.

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(Mary Baker Eddy, La Première Eglise du Christ, Scientiste, et Miscellanées, p. 353)

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