Skip to main content Skip to search Skip to header Skip to footer

LA VIE

Tiré du Héraut de la Science Chrétienne d’avril 1918


[Ce sermon, dont le manuscrit est entre les mains du Conseil d'Administration de la Science Chrétienne, fut préparé par Mrs. Eddy, il y a plus de trente-cinq ans, et devait évidemment être prononcé oralement; il s'ensuit que le style littéraire en est quelque peu différent de celui de ses écrits plus récents.

Afin de conserver complètement le pouvoir et l'originalité de cet énoncé important, le texte du manuscrit original est imprimé ci-dessous exactement tel qu'il fut écrit. On a ajouté la ponctuation, on a fait la vérification des références Bibliques, et on a mis les majuscules selon la règle de Mrs. Eddy. Quelques mots qui avaient été omis ont été ajoutés entre parenthèse, et dans les deux endroits où le lecteur est renvoyé à Science et Santé, des omissions manifestes dans le manuscrit ont été suppléées et l'on s'est autorisé pour cela du livre de texte de la Science Chrétienne.—Rédacteur.]

Jean 14:6. Je suis le chemin, la vérité et la vie; personne ne vient au Père que par moi.

1o. Qu'est ce "Je" dont il est question dans le texte?

2o. La Vie est-elle à la fois matière et Esprit?

3o. Qu'est-ce que la Vie?

4o. Qu'est-ce que la mort, et qu'est l'état de I'homme après la mort?

1o. Le "Je" dont il est question dans le texte n'est pas une personne, c'est un Principe. Ce n'est pas un homme, c'est Dieu. Jésus dit: "Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même." Jésus était un homme; pour commencer, c'est en tant que bébé qu'il devint visible aux sens personnels et ses cris enfantins se mêlèrent aux bêlements des chèvres et aux mugissements des bœufs, dans une province reculée de la Judée. Au temps de Josèphe il y avait plusieurs individus qui portaient le nom de Jésus—le Jésus [incarné] Science et Santé avec la Clef des Écritures, 333:32. n'était pas le Christ; le nom Christ n'était qu'un autre nom représentant Dieu, et c'était un titre d'honneur qui fut conféré à Jésus en raison de sa grande bonté. Selon les textes originaux le terme Dieu tira son origine du mot bon,—d'où le terme Christ Jésus, un homme bon.

Dans le passage: "Je suis le chemin, la vérité et la vie" le "Je" dont il parlait était Dieu—le divin Principe de I'homme Jésus et c'était ce qui dirigeait sa voie dans la Science. A différentes époques on a appliqué à cette intelligence divine les termes Divinité, Jéhovah, Christ et Dieu. On devrait comprendre que ces termes expriment Dieu en tant que substance et intelligence divines qui n'appartiennent ni à I'homme, ni à une personne, mais qui sont un Principe infini. Il fallait au grossier matérialisme qui marquait le début de I'ère Chrétienne un homme très spirituel pour enseigner un divin Principe, et pour montrer par sa propre démonstration ce qu'est ce Principe ainsi que les résultats découlant de la compréhension de ce Principe.

Jésus était I'homme qu'il fallait à ce siècle; c'est lui qui savait le mieux expliquer la Vie en tant que Dieu, mais ses règles et leur illustration furent mésinterprétées. Le Dieu-Principe de I'homme ne fut pas compris; s'il l'avait été, le monde eût admis que la démonstration de Jésus prouvait son Principe, et que son Principe expliquait sa démonstration. La Vérité et la Vie, comprises, chassent l'erreur, guérissent les malades, ressuscitent les morts, et cette démonstration met en lumière la Vérité de la Vie, et la Vie de la Vérité. Dans I'histoire de Jésus un fait est clairement manifeste, à savoir, que son Principe, sa règle et sa méthode de guérison étaient Entendement, non matière, qu'il n'avait besoin ni de drogues, ni de dogmes, ni de doctrines pour l'aider dans son travail.

Il exigeait seulement qu'on purifiât la source pour que les ruisseaux soient purs; selon lui il fallait rectifier l'entendement pour rectifier le corps, connaître le Principe de I'homme et mieux comprendre Dieu—voire même, posséder la Science de la Vie, car sans elle, la démonstration de la Vie ou Vérité ne saurait se faire. La Science exige un entendement sain et un corps sain,—un entendement qui serait sain parce qu'il serait imbu de Vérité, et un corps qui serait sain parce qu'il serait gouverné par cet entendement. Toute la teneur des enseignements de Jésus montre qu'il fallait: 1o, rectifier la pensée par la Vérité de l'être; 2o, apprendre à gouverner le corps par cette Vérité; 3o, le gouverner ainsi. C'est entraver la compréhension de ce divin Principe et sa démonstration que de croire que Dieu est une personne. Nous ne saurions démontrer une personne, donc une personne n'est pas le pouvoir qui guérit les malades dans la Science; nous pouvons demander à une personne de soigner nos maladies et de pardonner nos péchés, et c'est là tout ce que nous pouvons attendre d'une personne, mais nous pouvons faire plus que cela avec un Principe, nous pouvons nous-mêmes en user à cette fin, et, obéissant à sa règle divine, nous pouvons grâce à elle détruire la maladie, le péché et la mort, conformément aux Écritures: "Travaillez à votre salut ... car c'est Dieu qui opère en vous." La Vérité détruit l'erreur comme la lumière détruit les ténèbres. Le péché, la maladie et la mort sont une erreur; ce sont des croyances, et ce fait, mis en lumière, les détruira finalement. La Vérité produit la vie, en tant que résultat d'elle-même, car la Vérité est immortelle, et la vérité de la Vie détruirait la mort. Mais cette intelligence vient lentement. Ce n'est pas tâche facile d'apprendre que la matière n'a pas de sensation, bien que cette simple donnée soit évidente en soi.

Dans le texte: "Je suis le chemin, la vérité et la vie; personne ne vient au Père que par moi," nous nous demandons naturellement: Quel est ce chemin dont il est question? Nous n'arrivons au chemin menant à l'harmonie et à la démonstration de ce chemin que par la compréhension de son Principe grâce auquel nous pouvons produire l'harmonie. Il ne suffit pas de croire à une personne,—le chemin, par conséquent, c'est la Science, et personne ne vient au Père, c'est-à-dire, ne pourra comprendre le Principe de l'être sauf par la Science. C'est par la Science seule que nous pouvons apprendre la Vie et en démontrer la compréhension par la Vie, non par la mort.

Les Écritures nous disent que "L'Amour parfait bannit la crainte," mais nous n'avons recours à ce premier commandement qu'en dernier ressort; même on nous a appris à craindre Dieu, tandis que c'est la Science d'aimer la bonté à tel point, qu'elle nous donne le pouvoir du bien pour guérir et sauver. Si nous comprenions Dieu, nous n'aurions aucunement lieu de Le craindre, nous saurions qu'Il ne punit jamais l'homme pour avoir fait le bien, qu'Il ne promulgue jamais une loi qui puisse produire un ramollissement du cerveau par suite de tendances trop humanitaires, ou d'un amour parfait, et la crainte d'une telle loi et de ses conséquences, serait bannie par l'idée juste de Dieu. Bien que je vous entretienne de la métaphysique, de son divin Principe, de sa règle et de son application, une fois par semaine, ceci ne vous donnera guère la perception de la Vie par laquelle j'ai appris la métaphysique et par laquelle il vous faudra l'apprendre. Ce culte hebdomadaire peut tout au plus nous indiquer le chemin comme le ferait une borne. L'apôtre dit: "Comment en entendront-ils parler, s'il n'y a personne qui le prêche? Et comment le prêchera-t-on, s'il n'y en a pas qui soient envoyés?" Paul savait que des exercices théoriques et un travail ardu en scolastique ne constituent pas la préparation nécessaire pour produire un enseigneur moral. Il savait que l'inspiration vient de la Vérité, de l'Esprit, non de la lettre. Un enfant, dont la force motrice est Dieu, est plus capable de déclarer dans sa douce simplicité la Vérité et le pouvoir de l'Amour qu'un simple théologien fabriqué, d'où l'Écriture: "Tu as tiré ta louange de la bouche des petits enfants." Nous reconnaîtrons tous l'opération de la Vérité dans la Science, car elle guérira nos maladies et mettra fin à nos péchés. Dans la mesure exacte où nous comprendrons la Vérité elle nous guérira, entendement et corps, et dans la mesure où nous adopterons l'erreur celle-ci produira le péché, la maladie et la mort.

2o. La Vie est-elle à la fois matière et Esprit? La Vie est ainsi considérée; même les Écritures en parlaient ainsi aux temps enténébrés des holocaustes et des sacrifices. Il est dit dans la Genèse 9.4: "Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme [vie], c'est-à-dire son sang." Mais c'était là du ritualisme, une religion matérialiste qui inonda la terre de sang. Dans l'évangile plus spirituel du Christianisme, nous apprenons la Vie d'une autre façon. Nous lisons dans l'épître aux Romains 8.6: "L'affection de la chair produit la mort, mais l'affection de l'esprit produit la vie et la paix." Ésaïe 38.16: "Seigneur, c'est en cela qu'est la vie; c'est dans de tels sentiments que mon esprit trouve la vie!" Romains 8.2: "Parce que la loi de l'esprit de vie m'a affranchi, en Jésus-Christ, de la loi du péché et de la mort." II Tim.: "... Christ lequel a détruit la mort et mis en évidence la vie et l'immortalité par l'Évangile."

C'est de la Science que nous tirons nos conceptions de la Vie en tant qu'Esprit, et elles exaltent le but, consacrent les mobiles, et purifient les affections; mais nos conceptions de la vie en tant que matière sont dépravantes, subjuguantes, et font de nous des mortels. La seule évidence que nous ayons de la vie matérielle est fournie par les cinq sens personnels; et que sont ces sens sinon matière? Les nerfs et le cerveau sont matière tout autant que le sont un lacet de soulier ou une gelée. Nous ne pouvons gagner le moindre sens de la Divinité par l'optique, l'olfactif ou le tympan; nous ne pouvons ni voir, ni entendre, ni goûter, ni sentir la Vie, donc il est évident en soi que la Vie ne demeure pas en ce qui ne peut en aucune façon gagner la moindre idée de la Vie.

L'anatomie voudrait nous faire croire que le sang et les nerfs nous fournissent des renseignements justes sur la vie de l'homme, quand il est évident que la Vie est Esprit et que la matière ne peut prendre connaissance de l'Esprit. Nous affirmons aussi que les nerfs reconnaissent la vie et que la vie est organique, mais comment les nerfs sentiraient-ils ou reconnaîtraient-ils la vie plus que ne le ferait une pierre ou quelque autre forme de la matière? La seule vie connue des sens personnels est celle qu'ils connaissent par l'entendement mortel et par la croyance à une structure que l'accident pourrait détruire selon une autre croyance. La Vie est Esprit, elle n'est jamais matière, elle ne peut être structurale vu qu'elle est infinie. De plus, nous affirmons que les nerfs admettent que la vie commence et finit, depuis la fleur qui se fane jusqu'au monde qui tombe, depuis la mort de l'herbe jusqu'à la mort de l'homme. Mais pendant que les nerfs portent ce faux témoignage sur la vie et la mort, quelque chose dit perpétuellement: "Je vis, je suis, et ce qui plus est, je suis en train d'apprendre que la Vie est Entendement, non matière, et que l'Entendement forme ses propres idéaux de toutes choses; que l'entendement mortel peuple le règne végétal, animal et minéral de ses propres créations, prêtant à chacun les contours, la forme et la couleur mortelles qui lui sont propres, tandis que les formations de l'Entendement immortel ou Dieu sont indestructibles, harmonieuses et éternelles."

Le côté de la nature qui selon les sens paraît être la matière, n'est que le voile qui cache la réalité de l'être; l'univers visible n'est que l'image des idées de l'entendement, l'expression des pensées, le record en hiéroglyphes de l'art et de la méditation de la Divinité. Starr King a dit: "Il n'est pas de planète qui décrive en tournant sur elle-même son petit cercle autour de la flamme dont elle dépend, pas de soleil qui répande son effulgence constante sur les profondeurs ténébreuses de l'espace qui l'environne, pas de comète qui se précipite dans sa folle course, pas de constellation parmi toutes celles qui pendent, semblables à des lustres fantastiques dans la voûte des cieux, qui ne soit l'énoncé visible d'une conception qui demeure dans l'Entendement Omnipotent. C'est par l'injonction silencieuse de l'Entendement que la lumière du matin éclate, telle une vague de gloire, sur l'univers ordonné."

3o. Le matérialiste sent que la terre est solide sous ses pieds, mais le Scientiste reconnaît avec plus de certitude la solidité de la Vérité. Le côté éternel et permanent des choses est invisible pour les sens. Un homme peut avoir autant de vie qu'il désire en avoir, s'il y travaille comme il le devrait. Nous accumulons la vie en la comprenant de même que nous développons les muscles en les exerçant. Nous avons juste autant de vie que nous possédons de Vérité, de bonté, de vertu, etc. Qu'est-ce que la Vie? C'est l'Esprit. Qu'est-ce que l'Esprit? Dieu. Qu'est Dieu? L'Entendement,—l'Entendement infaillible, infini et éternel. Mais Dieu est-Il la vie qui, tel un clou insensible, est enfoncé dans et retiré de la matière? La matière peut-elle maîtriser la Vie, Dieu, et la Vie, Dieu, ne se défendra-t-elle point? Avons-nous attendu l'autorisation ou l'interdiction de l'Entendement avant de naître sous forme de petits enfants ou de mourir sous forme de vieillards décrépits? Que l'entendement proteste contre ces événements importants ou qu'il y consente, on n'y fait pas plus attention qu'au chien qui hurle à la porte! Mais la Science n'envisage pas ainsi les prérogatives de l'Entendement; elle couronne bien plutôt l'Entendement de Vie, de puissance, de majesté et d'immortalité.

Je ne suis pas panthéiste, je ne crois donc pas que Dieu est dans la matière, étant donné que moins l'homme est matériel, plus il se rapproche de l'Esprit, Dieu, et que ce n'est que lorsqu'il sera dépouillé de toute matière, que ce divin Principe l'enveloppera de félicité et de gloire. La santé, la vie et la moralité n'atteindront jamais leur maximum avant que nous renoncions à la croyance que la matière a un rapport quelconque avec la Vie. Nous affirmons dans la physique que la vie est emprisonnée dans ses propres formations, que la vie est sujette à la germination, à la croissance, à la maturité et à la décomposition; mais ici l'ancienne question se pose: Lequel est le premier, de l'œuf ou de l'oiseau? de la fleur ou de sa graine? Si l'œuf est le premier, d'où est venu l'œuf, et si l'oiseau est le premier, d'où l'oiseau a-t-il tiré son origine? S'il n'y avait pas eu de fleur, d'où serait venue sa graine, car vous dites que sans la graine il ne saurait y avoir de fleur, bien que les Écritures nous informent qu'Il fit toute plante avant qu'elle fût dans la terre. L'Entendement, le seul Entendement, est le créateur. La Science grave profondément la leçon qu'il y a dans le monde de l'Entendement et de ses créations un seul pouvoir causal et une seule stabilité, dont le matériel n'est que la représentation transitoire; toute chose que nous touchons ou que nous voyons n'est que la forme et la couleur de la pensée qui gît derrière elle. Nous apprenons dans la métaphysique que la vie est dans la pensée, non dans la chose qu'elle manifeste, et que cette pensée n'a d'immortalité que dans la mesure où elle est juste; que la Vie n'entre jamais dans ses propres formations, car la Vie est infinie; que l'Entendement ne pénètre jamais les limites de ses propres pensées, car la Vie et l'Entendement ne font qu'un.

Je suis heureuse qu'il n'y a qu'un Dieu, qu'une Vie, et que celle-ci se manifeste en ordre, en beauté et en bonté. Je suis heureuse que le mal n'a ni vie ni immortalité, que les sources d'où proviennent la souffrance mortelle ne sont que des choses de croyance, des rêves, non des réalités, les chimères de la pensée mortelle, non de l'immortelle; et que le jour viendra où l'on saura ces choses et le corps sera libre comme les ailes d'un oiseau, et tout sens de faiblesse ou de douleur disparaîtra.

4o. Qu'est-ce que la mort et quel est l'état de l'homme après la mort? Cette question Voir aussi Miscellaneous Writings, page 42. a déjà trouvé sa réponse dans les réponses ci-dessus données à d'autres questions, mais si je puis élucider la métaphysique par un exposé sur la mort, en traitant de rien comme si c'était quelque chose, je parlerai brièvement de ce mystère inexploré des sens. Pouvons-nous exiger une révélation plus impressionnante du fait que seule la Vérité et la pensée sont permanentes, que la simple conception de la mort de la matière? Car nous savons qu'en réalité il n'y a pas de mort, que l'Entendement ne saurait mourir, que tout ce qui est éternel est l'Entendement et ses idéaux. Mais il se peut que cet âge ne soit pas prêt à accepter ce fait, il n'est jamais prêt à accepter au premier abord les premiers faits d'un Principe. Mais malgré tout cela, il faut quand même que je répète les faits jusqu'à ce qu'ils soient compris. Les douleurs et les plaisirs du corps ne sont que des croyances nourries par les pensées mortelles, car la matière ne peut ni souffrir ni jouir. Si l'entendement dit: Je suis heureux, il en résultera la félicité, et inversement, car rien ne saurait parler plus haut que l'entendement. L'argile ne saurait demander au potier: Pourquoi m'as-tu façonné ainsi? La matière ne saurait dire: Je suis faible, je suis malade, je suis malheureuse, je me meurs, ou je suis morte. Il est vrai que la croyance erronée et mortelle peut dire ces choses concernant ce qu'elle appelle la matière mais la matière ne saurait le dire. Quand nous affirmons que la matière est morte, elle est aussi vivante qu'elle l'a jamais été, et elle est tout aussi morte quand nous disons qu'elle est vivante.

Il n'y a point de mort, l'entendement ne peut mourir, et la matière n'a pas de vie, donc il ne reste rien à quoi la mort puisse prétendre. Paul vit ceci et dit: O mort, où est ta victoire? O mort, où est ton aiguillon? Or, l'aiguillon de la mort, c'est le péché; et la puissance du péché, c'est la loi." Il considérait les angoisses de la mort comme simplement une croyance mortelle, une souffrance de la pensée, non du corps, et la pensée mortelle comme auteur de cette loi de souffrance.

Un cœur aimant a demandé: Nous reconnaîtrons-nous là-bas? et où se trouve cette rive radieuse, ne la chercherons-nous pas pour que tarissent nos pleurs? Depuis le moment où j'investiguai la métaphysique et que je traversai librement le domaine de l'Entendement, je me suis appliquée à ne pas estimer trop haut mes découvertes, ou à ne pas énoncer ce que je ne comprenais pas encore moi-même. Je n'ai pas démontré l'état actuel de l'existence de l'homme au delà des limites de ce dont nos sens peuvent prendre connaissance, et ce n'est qu'en raisonnant par déduction qu'il est possible de définir cet état. Une hypothèse quelconque qui irait plus loin que cette conclusion et qui présupposerait que la condition des défunts est pleinement comprise, est une vaine conjecture qui n'est appuyée ni par la raison ni par la révélation.

Nous savons, par des faits qui sont évidents pour la compréhension et que nous avons glanés de la Science de l'Ame, que l'homme est immortel, et que l'ombre que nous appelons la mort n'est qu'une phase de la croyance mortelle. Aucun changement ne s'est produit lorsque quelqu'un dit: "Mon ami vient de mourir;" cet ami en pleine connaissance de son existence et dans le même milieu où il était auparavant dit: "Je ne suis pas mort. Ce n'est là qu'un rêve que j'ai fait; car la vie continue pour moi comme auparavant. Je ne suis pas esprit; cependant je suis autant chair et os que je l'ai jamais été; la seule chose qui ait changé, c'est que je ne puis pas communiquer avec mes amis,—et pourquoi? Parce qu'ils ne me comprennent plus. Ils m'appellent esprit, mais je ne le suis pas; ils disent que je suis mort, mais je ne suis pas mort; ils ne savent ni ce que je suis, ni où je suis, ni le but que je poursuis. Je ne serai pas esprit avant d'avoir perdu toute limitation; mes amis ont perdu toute évidence de ma présence en raison de leurs sens personnels, étant donné qu'ils ont dit que j'ai changé, que je suis mort; leurs vues erronées de la vie nous ont séparés; leur croyance que la vie s'était terminée pour moi, ou qu'elle avait revêtu une nouvelle forme, les a empêchés de comprendre la réalité de mon existence actuelle,—d'où il résulte que nous sommes séparés par ces croyances contraires et par nos états opposés. Nous ne pourrons plus avoir aucune communication avant que leur croyance change en suivant pas à pas le sentier par lequel ma croyance a changé, et avant qu'elle devienne comme la mienne. On appellera ce changement la mort, mais c'est là leur croyance le concernant, non la nôtre, car nous avons déchiré le voile qui cache le mystère d'un moment."

Oui, nous nous reconnaîtrons là-bas; nous aimerons et nous serons aimés, nous ne perdrons jamais notre identité; mais nous la trouverons de plus en plus dans son ordre, sa beauté et sa bonté. Les hommes prétendent savoir que la douleur est un fait, bien qu'elle soit invisible; ils devraient savoir que la paix et la félicité sont des faits plus grands et que ce monde est le voile qui nous cache la gloire plus resplendissante de l'au-delà.

C'est ainsi que les diverses phases et conditions de l'existence flottent devant la mémoire, que l'erreur disparaît graduellement et que la Vérité commence d'être comprise. Réjouissons-nous que la Vie, telle un bouton qui s'entr'ouvre, développe dans notre conscience la félicité de l'être, car toutes choses saintes t'appartiennent, ô Vie, forte et divinement libre, toi qui apportes à ceux qui ont perdu les leurs les dons de la sagesse et de l'amour châtié, toi qui les recouvre toujours, telle la colombe, de tes ailes, toi qui es éternellement douée pour donner la liberté. Attendez patiemment, vous tous qui êtes privés d'une idole terrestre, souvenez-vous que les joies terrestres n'émettent qu'une mélodie brisée, mais que l'espérance a un but plus élevé. Nous nous reconnaîtrons là-bas. L'amitié deviendra alors un oracle plus heureux, une compréhension plus claire, une lumière plus constante. La musique plus parfaite de la Vie émettra des sons plus joyeux lorsque le cœur reverra celui qu'il aime, lorsque tout don beau et pur sera déposé sur l'autel où il convient de l'offrir. La joie a une source vive, une félicité perpétuelle. Le cœur a soupiré en vain: Que sera l'avenir? Ton avenir, le voici: le ciel t'appartiendra, mais nul homme ne sait quand la Vie du ciel te viendra, pas même "le Fils mais seulement le Père." Nos péchés ne sont pas pardonnés [alors que nous ne les avons pas abandonnés] Science et Santé avec la Clef des Écritures, 201:20; 497:9. ici-bas ou dans l'au-delà; car il y a pour tout péché une juste mesure de peine, et la mort ne peut ni avancer notre joie, ni nous rendre plus sages, meilleurs, ou plus purs. La Science de tout être devra être apprise avant qu'on atteigne à cela. La félicité n'est pas le don d'un court moment. Après que le voile sera tombé, nous devrons apprendre de même que maintenant le chemin menant au ciel, par des pas lents et solennels, car nul ne vient au Père que par la Vérité et l'Amour.

Copyright, 1918, par The Christian Science Publishing Society

ACCÉDEZ À DES ARTICLES AUSSI INTÉRESSANTS QUE CELUI-CI !

Bienvenue sur Héraut-Online, le site du Héraut de la Science Chrétienne. Nous espérons que vous apprécierez l’article qui vous est envoyé.

Pour avoir le plein accès aux contenus du Héraut, activez le compte personnel qui est associé à tout abonnement au Héraut papier ou abonnez-vous à JSH-Online dès aujourd’hui !

More in this issue / avril 1918

La mission du Héraut

« ... proclamer l’activité et l’accessibilité universelles de la Vérité toujours disponible... »

(Mary Baker Eddy, La Première Eglise du Christ, Scientiste, et Miscellanées, p. 353)

En savoir plus sur le Héraut et sa mission.