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Rien ne vant une belle histoire

Comment Jésus se servait de paraboles pour faire passer son message

Tiré du Héraut de la Science Chrétienne de janvier 2005


L'un de mes professeurs d'études bibliques disait qu'on peut beaucoup apprendre de la Bible, quelle que soit sa vérité historique.

Quelle importance, nous disait-il, qu'il s'agisse de faits indiscutables ou simplement de formidables récits fictifs ? Si les personnages peuvent vous faire ressentir leurs joies et leurs peines, puis influencer votre vie et l'améliorer, c'est cela qui compte. Le point de vue de mon professeur n'était pas juste laïque ou humaniste, car il était rabbin. Il vénérait les Écritures.

La puissance de la Bible vient de ce qu'elle transcender l'historique et transformer le moi intérieur de son lecteur. Elle montre que certains problèmes de la vie — et peut-être même leurs solutions inspirées par Dieu — sont universels, et que le lecteur a le droit de ressentir la puissance de la parole écrite, que ce soit dans les proverbes, les histoires, ou tous les autres types de texte biblique.

Jésus devait penser cela; il enseignait en se servant de paraboles. Il le faisait si souvent, en fait, que l'Évangile selon Marc dit: «Il ne leur parlait point sans parabole.» (Marc 4:34) Parmi elles, les préférées: le bon Samaritain (voir Luc 10:25-37), l'enfant prodique (voir Luc 15:11-32), le semeur et sa semence (voir Marc 4:1-20). Et puis les moins connues: les serviteurs fidèles et infidèles (voir Matthieu 24:45-51 et Luc 12:42-48), l'invité arrogant (voir Luc 14:7-11) et le repas de noces (voir Mathieu 22:1-14 et Luc 14:16-24).

Mais qu'est-ce qu'une parabole, au juste ? Les chercheurs qui étudient la Bible ne sont pas tous d'accord entre eux. Certains disent que seules les histoires doivent être considérées comme paraboles. A l'opposé, il y a l'idée que tout ce qui est non-narratif, c'est-à-dire les analogies, aphorismes, métaphores — bref, tout ce qui illustre un message à l'aide d'une comparaison — représente autant de paraboles dignes de ce nom. Les paraboles varient aussi par leur longueur. Des érudits pensent que certaines paraboles des Évangiles seraient des raccourcis de longues histoires que Jésus aurait mis plusieurs heures à raconter, The Anchor Bible Dictionary (New York: Doubleday, 1992), Vol.5, p. 149. tandis que certaines comparaisons tiennent en à peine plus d'une phrase.

Les images que Jésus employait de manière caractéristique pour illustrer son message peuvent constituer un trait commun à ces différentes formes rassemblées sous le terme parabole. Il faisait allusion à des situations simples de l'époque, évoquant des bergers et leurs moutons, des mariées et des mariés, des semeurs et des semences.

Dans la parabole du bon berger, par exemple (voir Jean 10:1-18), Jésus parle à ses disciples de l'amour qu'un berger a pour ses brebis, et il évoque le lien de confiance qui existe entre eux. Quand le berger veut faire sortir ses brebis de l'enclos, il se présente au portier de la bergerie. Mais celui qui entre par un autre endroit, dit Jésus, n'est pas le berger des brebis, c'est un voleur et un brigand. Quand le berger appelle les brebis par leur nom, elles reconnaissent sa voix et le suivent dans les champs. C'est parce que les brebis reconnaissent uniquement la voix de leur berger qu'elles ne suivraient jamais un voleur.

Quand il explique la parabole, Jésus introduit deux métaphores qui se rapportent toutes deux à lui. Il se présente comme étant à la fois le berger et la porte (probablement la porte de la bergerie). On pourrait se demander pourquoi Jésus se représente par deux métaphores dans la même histoire.

Tout d'abord, un mot à propos des parcs à moutons. Selon le chercheur David Guzik, David Guzik, «Study Guide for John Chapter 10», Blue Letter Bible, March 1, 1996, www.blueletterbible.org. il existait au premier siècle en Palestine deux sortes de parcs: des bergeries en zone urbaine et des enclos en zone rurale. Dans les villes, plusieurs bergers gardaient leurs troupeaux ensemble dans une seule bergerie, et chacun s'adressait au portier pour récupérer son troupeau. Dans ce cas, on peut comprendre que Jésus se soit comparé à un berger — la seule personne que les brebis connaissent et en qui elles aient confiance.

Les enclos dans la campagne étaient conçus quant à eux pour un seul troupeau. C'était le berger lui-même qui faisait office de porte humaine pour protéger ses brebis, bloquant l'entrée de l'enclos, ou parfois d'une grotte. Donc, ce que le lecteur croit tout d'abord être deux métaphores très différentes ne l'est pas en réalité. On s'aperçoit dans les deux cas que Jésus est le berger qui aime et protège son troupeau.

Toutefois, le sens plus profond d'une parabole est moins spécifique à un auditoire, et plus universel. Outre les petits détails qui aident à éclairer le lecteur moderne, la leçon plus large qu'on peut tirer d'une parabole est très importante, même si elle est parfois plus difficile à comprendre.

Dans sa parabole du semeur et de la semence, par exemple, Jésus raconte l'histoire d'un fermier qui sème des graines sur quatre sols différents: le chemin (ou la route), un endroit pierreux, un terrain jonché d'épines, et de la bonne terre. Les graines semées sur la route n'ont aucune chance de survie car les oiseaux les mangent rapidement. Sur le sol pierreux, les graines lèvent à peine et meurent vite car elles ne peuvent pas prendre racine. Les épines étouffent le troisième lot qui vient juste de commencer à mûrir. La bonne terre s'avère être le seul terrain où les graines puissent pousser et parvenir à maturité.

Quand les proches de Jésus lui demandèrent la signification de la parabole, il l'interpréta pour eux. La semence représente la Parole, dit-il. Chaque terrain indique la capacité de différentes personnes à assimiler la Parole de Dieu et à la faire grandir dans leur vie. Les lecteurs peuvent tirer leurs propres conclusions, mais le contexte montre que ceux qui étaient assez intéressés pour poser à Jésus des questions sur cette parabole constituent des exemples de «bonne terre».

C'est peut-être cela que les lecteurs d'aujourd'hui peuvent retirer des paraboles de Jésus. Si quelqu'un désire protéger et encourager la croissance de la Parole — quoi que cela implique pour chacun: amour, humilité, inspiration divine — cela vaut beaucoup plus qu'une compréhension littérale des tenants et aboutissants historiques de telle ou telle histoire.

Il est possible que nous ne sachions jamais quelles parties de la Bible constituent des faits historiques. Mais, une fois encore, cela n'a peut-être pas d'importance, car la méthode d'enseignement par paraboles de Jésus prouve que le récit est vrai sans être nécessairement historique. Je pense que je comprends maintenant ce que voulait dire mon professeur.

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(Mary Baker Eddy, La Première Eglise du Christ, Scientiste, et Miscellanées, p. 353)

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