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Article de couverture

Comment j’ai arrêté de tourner en rond

Tiré du Héraut de la Science Chrétienne de octobre 2002


La place de la Concorde à Paris passe pour être une des plus belles places du monde. Et elle l’est réellement, pour moi, surtout la nuit avec toutes ses lumières. A une époque de ma vie, c’était le seul endroit où j’aimais être la nuit. J’en faisais le tour en voiture indéfiniment...

J’étais alors jeune mariée avec deux enfants en bas âge, et sans rien dire à personne, je prenais la voiture et fonçais tourner sur cette place. Pourquoi ? Parce que j’avais l’impression d’avoir tout raté: ma vie et mon mariage. J’avais perdu mon père quelques années auparavant et ma mère venait de décéder pratiquement dans mes bras. J’étais en pleine dépression et ne voyais aucune issue pour m’en sortir. A un certain point, j’ai même fait une tentative de suicide. Alors, lorsque je me sentais trop mal, j’allais tourner place de la Concorde car cela me rassurait. Comment en étais-je arrivée là ? Alors que j’étais étudiante en première année, j’avais dû interrompre mes études pour me marier parce que je me suis trouvée enceinte. Dans d’autres circonstances, je ne crois pas que ce jeune homme et moi nous nous serions mariés. Nous avions été tous les deux élèves dans une école du dimanche de la Christian Science*. A l’époque, je ne savais pas que c’était justement cela qui allait nous sauver.

J’avais pris contact avec un praticien de la Christian Science pour lui confier tous mes malheurs et lui demander de prier. Avec beaucoup de patience et d’amour, il m’assurait que Dieu ne m’avait jamais abandonnée, que j’étais dans les bras de l’Amour divin. Mais à l’autre bout du fil, je ne ressentais pas du tout cet Amour, j’étais au fond d’un tunnel bien noir et sans issue. Je me souviens d’avoir pleuré à chaudes larmes en lisant le passage suivant dans Science et Santé avec la clef des Écritures de Mary Baker Eddy: « L’existence vous semblerait-elle vide sans amis personnels ? Alors le temps viendra où vous serez dans l’isolement, privé de toute sympathie; mais ce qui semble être un vide est déjà comblé par l’Amour divin. » (p. 266) Le vide était évident, mais qu’il soit « ... déjà comblé par l’Amour divin », c’était à mes yeux IM-POS-SI-BLE !

Et pourtant !

Comment la Christian Science at-elle pu me guérir complètement de cette dépression et sauver notre couple ? Cela ne s’est pas réalisé en un clin d’œil, loin de là ! Il est vrai que, dans un premier temps, ma bouée de secours était le praticien à qui je téléphonais chaque matin, même quelques minutes.

J’aimais sincèrement les vérités enseignées par la Christian Science. J’appréciais particulièrement le passage suivant où Mary Baker Eddy explique que « Dans la Science, l’homme naît de l’Esprit. Le beau, le bon et le pur constituent son ascendance. Son origine n’est pas, comme celle des mortels, dans l’instinct animal, et il ne passe pas non plus par des états matétriels avant d’arriver à l’intelligence. L’Esprit est la source primitive et ultime de son être; Dieu est son Père, et la Vie est la loi de son être » (Science et Santé, p. 63).

Dans des moments, disons de lucidité, j’étais rassurée par le fait de savoir que ma vie ne dépendait que de Dieu, mon Père-Mère; que la source primitive et ultime de mon être n’était en aucun cas cet état de dépression quasi permanent, mais bien Dieu en tant qu’Esprit et Amour infinis toujours présents. J’avoue que ces vérités me soutenaient, mais à d’autres moments, j’envoyais tout balader et allais me réfugier place de la Concorde !

Je me souviens d’un matin où mon mari était dans son bain, les enfants jouaient dans leur chambre. Je me sentais tellement mal que j’ai eu envie de voir ma sœur, qui avec ma tante restait ma seule famille. En deux secondes et sans rien dire à personne, j’ai pris la décision de partir, et je suis partie immédiatement. Mon fils a dû le sentir car il s’accrochait à moi en pleurant. Ma sœur habitait en Italie à cette époque. Durant trois jours, mon mari m’a cherchée sans savoir où j’étais. Je mesure avec le recul combien de patience et d’amour il avait envers moi. Durant ces années « noires », il m’aimait sincèrement et il faisait tout pour m’aider, mais je n’en étais pas du tout consciente. Finalement, au bout de quelques jours, je suis rentrée, et ce sans aucune solution ni changement dans mon état.

Petit à petit, ce que je découvrais, c’est que la Christian Science n’allait pas m’apprendre à devenir enfant de Dieu en partant d’une femme malheureuse, perdue, incomprise et insatisfaite. Elle m’apprenait que, malgré les apparences, nous sommes déjà et depuis toujours l’expression complète et parfaite de Dieu. Tous les problèmes que nous voyons ou vivons — comme dans mon cas à cette époque — ne sont qu’un mensonge au sujet de l’être réel créé par Dieu, comme un voile qui viendrait couvrir notre vrai visage.

Comment cela peut-il être possible ? Si Dieu est infini, comme nous l’enseigne la Bible, Il remplit tout l’espace. Par conséquent il ne peut y avoir autre chose que Dieu, le bien. Cela exclut toute possibilité de mal sous une forme quelconque. Et ce n’est que dans la mesure où nous acceptons, dans notre pensée, ce bien infini, que nous laissons pénétrer la lumière qui nous rend conscients de la présence de Dieu en tant que Vie et Amour. Et tout ce qui n’est pas conforme à ce bien infini disparaît.

J’étais toujours en relation avec le praticien, et un jour, après avoir bien réfléchi et pesé le pour et le contre, je lui ai annoncé que j’avais trouvé « la » solution ! Comme avec mon mari nous n’avions aucun point commun, j’avais décidé de divorcer afin de retrouver mon équilibre et redémarrer à zéro. Le praticien, avec beaucoup de gentillesse et d’amour, m’invita à venir quelques jours chez lui afin que nous puissions en discuter. Sa femme prit soin de mes enfants, car visiblement je n’arrivais pas y faire face. Lors de nos échanges, j’ai découvert petit à petit que finalement la première chose à faire était de « divorcer » des faux concepts que j’entretenais au sujet de mon mari et de moi-même. Le praticien m’avait montré que nous vivons dans un monde que nous fabriquons au moyen de nos propres pensées. Nous croyons que les situations de notre vie existent en dehors de nous-mêmes, et qu’il suffit de s'en séparer pour résoudre les problèmes. J’ai appris que le bonheur était en moi-même et ne pouvait en aucun cas dépendre des autres ou d’événements extérieurs. En réalité, nous vivons dans la conscience du bien qui est Dieu. Tout ce qui n’est pas conforme à cette conscience du bien n’est qu’un mensonge qui n’a aucune réalité possible, bien que paraissant terriblement réel et tangible.

Dans mon couple, je constatais avec dépit que notre seul point commun portait sur la manière d’élever nos enfants. Mais je ne trouvais aucun écho quant à mon amour des concerts de musique classique ou d’opéra, de la littérature, de l’art ou du cinéma. Il me semblait légitime et logique de divorcer et de trouver quelqu’un ayant au moins les mêmes goûts que moi.

Le bonheur était en moi-même et ne pouvait en aucun cas dépendre d’événements extérieurs.

Le praticien m’assurait que Dieu me guiderait dans la meilleure voie possible. Durant de nombreux mois, j’ai été persuadée que la solution restait le divorce. Mais pas à pas, et malgré moi, j’ai commencé à découvrir et à apprécier toutes les qualités de mon mari; j’ai alors pu avec patience et amour lui faire partager mes goûts.

Aujourd’hui nous avons beaucoup de plaisir à assister à des concerts ou à aller au cinéma, chose complètement impensable à cette époque. Une fois encore, cela n’est pas arrivé en un jour. Ce n’est que dans la mesure où je devenais de plus en plus consciente que mon être réel était en Dieu, que je ne pouvais m’attendre qu’au bien et à l’harmonie, qu’effectivement je voyais ce bien et cette harmonie se manifester dans mon expérience et dans ma vie de tous les jours.

Ainsi, dans ce que je croyais être mon malheur, des éléments positifs se mettaient en place. J’ai pu démarrer des études à l’Université, car je désirais par-dessus tout avoir un métier. Finalement, après avoir emprunté différentes voies, j’ai obtenu des diplômes qui m’ont conduite à devenir iconographe, profession dont je ne soupçonnais même pas l’existence, et que j’ai exercée de nombreuses années avec bonheur.

Il y a eu encore des hauts et des bas, lorsque je cédais à la tentation de croire que j’étais totalement séparée de Dieu, que je vivais en dehors de Son Amour. Mais j’ai pu à chaque fois remonter la pente et découvrir la relation indestructible qui nous lie à Dieu.

Puis vint le jour où j’ai pu ressentir une joie intérieure profonde, constante et être réellement heureuse dans mon couple, sans me forcer d’aucune manière.

Durant toutes ces années, je me suis tournée uniquement vers la Christian Science pour trouver la solution. J’assistais régulièrement aux services d'une église filiale de la Christian Science dont j’étais membre. J’avais tellement le désir d’être aidée, de m’en sortir. Le rôle du praticien a été important également pour moi dans ma recherche de Dieu. Son rôle était parfois même capital car il me tenait la tête hors de l’eau. Mais à aucun moment, il ne m’a donné de conseils et il n’a pas non plus essayé de m’influencer pour que j’aille dans telle ou telle direction.

Aujourd’hui, et en toute honnêteté, quand je repense à toutes ces années, je ne peux trouver que des résultats positifs: nous connaissons une entente et une complicité réelles dans notre couple, notre étude et notre pratique de la Christian Science s’en sont trouvées renforcées, nos deux enfants, maintenant adultes, sont bien équilibrés, sans séquelles dues à cette période, et, par-dessus tout, j’ai acquis la profonde certitude que Dieu prend soin de chaque instant de ma vie.

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L'explication divinement inspirée que donne Mrs. Eddy de la mission du Héraut de la Science Chrétienne, créé en 1903, est devenue un symbole des activités du mouvement de la Science Chrétienne, qui englobent le monde entier. Ses paroles, gravées au frontispice de La Société d'Édition de la Science Chrétienne, sont les suivantes: « proclamer l’accessibilité universelles de la Vérité toujours disponible ». Le Héraut est une manifestation tangible du souci qu'avait notre Leader de partager avec toute l'humanité la précieuse connaissance de la Science de la Vie. Elle avait conscience que le Consolateur était venu pour « la guérison des nations ».

—Alfred F. Schneider, Le Héraut de la Science Chrétienne, juillet 1978

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