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Le don du baptême

Tiré du Héraut de la Science Chrétienne d’avril 2003


où j'ai grandi, on ne parlait pas beaucoup de religion à l'école. Je n'étais donc pas préparée aux discussions théologiques qui m'attendaient à la faculté. La religion était en effet l'un des grands sujets de conversation à l'heure des repas ou lorsque nous nous retrouvions entre étudiants après les cours.

Mes efforts pour expliquer les concepts propres à ma religion, la Christian Science, se heurtaient souvent à des regards perplexes. Je me suis rendu compte que j'utilisais les termes religieux de façon un peu différente d'eux et que j'employais des mots que les autres n'avaient pas l'habitude d'entendre dans un tel contexte.

Les différentes confessions chrétiennes, comme toutes les religions du monde, ont leur vocabulaire spécifique avec des connotations qui leur sont particulières. Une connaissance minimum de ces différences sémantiques est nécessaire pour se comprendre. Autrement, chacun parle et écoute à travers un filtre, sans vraiment communiquer.

A la faculté, ma première camarade de chambre était une étudiante qui voyait en Jésus son sauveur personnel. Nous passions des heures à discuter de nos croyances religieuses. Elle était devenue tout à fait experte dans l'art d'expliquer aux autres ce que j'essayais de dire lors de nos conversations théologiques. Elle traduisait mes mots en des termes plus familiers aux oreilles de nos camarades. Elle m'a donné ainsi une précieuse leçon en matière de communication. J'ai compris combien il était important que je puisse répondre aux questions de mes amis chrétiens dans des termes qui aient un sens pour eux.

C'est peut-être ce que voulait dire l'apôtre Pierre lorsqu'il déclara: « Soyez toujours prêts à répondre à tous ceux qui vous demandent des explications au sujet de l'espérance qui est en vous. Mais faites-le avec douceur et respect. » (I Pierre 3:15, La Bible en français courant.) Pour moi, cela signifie à présent: « Pour répondre aux questions sur la foi, soyez capables d'employer des mots que vos auditeurs comprendront. »

Mes amis semblaient avoir particulièrement du mal à comprendre mes explications sur le baptême. De nombreux chrétiens sincères pensent que, pour être vraiment baptisés, les croyants doivent s'immerger littéralement dans l'eau ou être aspergés de quelques gouttes par un ministre du culte. Faute de quoi ils ne sauraient être sauvés, mais seraient condamnés à la damnation éternelle, au lieu d'aller au ciel. J'essayais d'expliquer à mes amis qu'en tant que scientiste chrétienne, je mettais en pratique l'esprit du baptême, sans avoir besoin de ladite cérémonie. Science et Santé, le livre d'étude de la Christian Science, comporte un chapitre intitulé « L'expiation et l'Eucharistie », qui présente le baptême comme un sacrement de grande valeur. Remarquant que Jésus ne baptisait pas d'eau, l'auteur donne cette explication: « Il savait que les hommes peuvent être baptisés, prendre part à l'Eucharistie, soutenir le clergé, observer le sabbat, faire de longues prières, tout en étant sensuels et pécheurs. » (p. 20)

Pour remédier à mon problème de communication, je devais étudier plus en profondeur la signification et la pratique du baptême dans la Bible.

Et pourtant mes amis s'attendaient à ce que tout chrétien réponde par un simple « oui » aux questions: « Es-tu baptisé ? » « Es-tu lavé du péché originel ? » Je voulais leur parler de la richesse et de la profondeur spirituelle du baptême tel que je le concevais dans sa logique symbolique, mais la moindre hésitation, la moindre réserve de ma part était aussitôt interprétée comme un « non ». J'ai compris que pour remédier à ce problème de communication, je devais étudier plus en profondeur la signification et la pratique du baptême dans la Bible.

Le baptême est mentionné pour la première fois dans l'Évangile selon Matthieu. Jean, le cousin de Jésus, savait qu'il était chargé de préparer les Juifs à accepter le Christ. Il les incitait à se repentir, c'est-à-dire à changer d'état d'esprit, car le royaume des cieux était « proche » (voir Matth. 3:2). Ceux qui acceptaient son message venaient se faire baptiser dans le fleuve du Jourdain après avoir confessé leurs péchés. Ce baptême public signifiait un changement de cœur. Comme l'eau est un symbole quasi universel de purification, le fait de s'immerger dans de l'eau, même trouble, représentait le désir de changer de mobiles et de se laver des erreurs passées. Ce rituel symbolisait la repentance et laissait espérer une réforme du caractère.

En s'efforçant ainsi de transformer la pensée et l'existence de ses contemporains, Jean connut un tel succès qu'on le surnomma Jean-Baptiste.

La Bible utilise en fait deux termes grecs pour « baptiser ». Le premier, bapto, signifie « plonger ou immerger », tandis que baptizo veut dire « submerger ». Loin de lancer un débat futile sur la façon la plus appropriée de procéder au baptême, ces termes font une distinction utile entre la ferveur momentanée et la transformation définitive de la pensée et du caractère.

Cette distinction est décrite ainsi dans un magazine biblique: « L'exemple le plus clair du sens de baptizo est donné dans un texte du poète et médecin grec Nicander, qui vécut vers l'an 200 av. J.-C. C'est une recette de cornichons et elle est fort utile, car elle emploie les deux termes [traduits par « baptême » dans le Nouveau Testament]. L'auteur explique que, pour faire macérer des légumes dans du vinaigre, il faut d'abord les "plonger" (bapto) dans de l'eau bouillante puis les "baptiser" (baptizo) dans la solution vinaigrée. Les deux verbes concernent l'immersion des légumes dans le liquide. Mais le premier est temporaire, tandis que le second produit un changement définitif. Tel qu'il est utilisé dans le Nouveau Testament, ce mot se rapporte plus souvent à notre union et à notre identification au Christ qu'au baptême de l'eau. Ainsi lit-on dans l'Évangile selon Marc (16:16): "Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé." Le Christ déclare qu'un simple consentement intellectuel ne suffit pas. Il faut s'unir à lui, il doit y avoir un vrai changement, comme les légumes au contact prolongé du vinaigre ! »  James Montgomery Boice, tiré de Thayer's electronic lexicon in PC Study Bible, mai 1989.

L'important n'est donc pas l'usage rituel de l'eau – par aspersion ou par immersion – mais le rejet d'une existence matérialiste et le désir de suivre le Christ. Ceci dit, la repentance et le désir sincère ne suffisent pas pour s'unir véritablement au Christ. En effet, la pensée et les actes doivent être purifiés en profondeur jusqu'à ce que la personne mène une vie entièrement conforme au Christ.

Jean évoquait ce deuxième stade du baptême quand il déclarait aux foules: « Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. » (Matth. 3:11) Il faisait naturellement allusion au ministère de Jésus, dont le début était imminent.

Qu'est-ce que le baptême du Saint-Esprit ? Le terme « Saint-Esprit » vient du grec et désigne l'inspiration du sens spirituel qui apporte la compréhension spirituelle. Jésus reçut le Saint-Esprit quand Jean le baptisa. Comme il est dit dans les Écritures: « Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l'eau. Et voici, les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. » (Matth. 3:16) Le baptême de Jésus ne symbolisait pas tant la repentance — celui-ci était sans péché et n'avait donc pas besoin de se repentir — que le lien spirituel permanent qui l'unissait au divin.

Le baptême de Jésus-Christ est une spiritualisation complète de la pensée et de l'existence, aboutissant à la vie éternelle.

C'est ce baptême que Jésus a apporté à ses disciples. Ils furent baptisés du Saint-Esprit le jour de la Pentecôte, dix jours après l'ascension de Jésus.  Voir Actes 1:3 et Actes 2. L'ascension de Jésus eut lieu quarante jours après sa résurrection. On célèbre la Pentecôte cinquante jours après Pâques. Ce baptême des disciples ne s'accompagna d'aucun rituel. La prière suffisait. Mais tous surent qu'ils avaient reçu le Saint-Esprit, car leur vie fut radicalement changée. Les apôtres entrevirent des lueurs du divin. Ils découvrirent une spiritualité plus profonde et comprirent que le baptême de Jésus-Christ était une spiritualisation complète de la pensée et de l'existence, aboutissant à la vie éternelle.

Le baptême du Saint-Esprit est symbolisé par le feu. Ce feu est lui-même symbolique. Au lieu de consumer des objets matériels, le feu de la compréhension spirituelle brûle tout ce qui relève de la crainte, de l'apathie, de la volonté personnelle ou de la vanité. De même que l'or fondu est épuré par le feu, le baptême du Saint-Esprit touche toutes les facettes de notre existence et élimine ce qui est dissemblable à Dieu. Ce baptême se poursuit jusqu'à ce que le feu n'ait plus rien à consumer. Lorsque toute trace d'égoïsme, d'immoralité, de malhonnêteté, d'ignorance, de maladie, de haine, etc., a été éliminée par l'inspiration et la compréhension spirituelles, le baptême est complet.

Le sacrement du baptême comprend le baptême de Jean, ou baptême de la repentance, symbolisé par l'eau, et le baptême de Jésus, ou baptême du Saint-Esprit, symbolisé par le feu. Dans son article « L'étang et le but », Mary Baker Eddy parle également des degrés du baptême. Sa description du premier stade, celui de la repentance, commence ainsi: « Le baptême de la repentance est véritablement un état de conscience humaine en proie à l'affliction, dans lequel les mortels acquièrent une conception sévère d'eux-mêmes; c'est un état d'esprit qui déchire le voile cachant la difformité mentale. » (Écrits divers, p. 203) Passant au deuxième stade, elle écrit: « Le baptême du Saint-Esprit est la purification de tout péché par l'esprit de la Vérité; celui-ci donne aux mortels des mobiles nouveaux, des buts nouveaux, des affections nouvelles, tous dirigés vers les hauteurs. [...]

« En purifiant la pensée humaine, cet état mental imprègne d'une harmonie accrue tous les menus détails des affaires humaines. » (ibid., p. 204) Enfin elle conclut en décrivant le stade ultime du baptême, qui implique la disparition de tout péché et de toute maladie: « Le baptême de l'Esprit, ou immersion finale de la conscience humaine dans l'océan infini de l'Amour est la dernière scène du sens corporel. Cet acte omnipotent fait tomber le rideau sur l'homme matériel et la mortalité. Ensuite, l'identité ou conscience de l'homme ne reflète que l'Esprit, le bien... » (ibid., p. 205)

Cette sorte de baptême n'est donnée ni par une église ni par un membre du clergé. C'est le don de Dieu qui vient par la grâce. C'est là le baptême de la repentance, de la spiritualisation des pensées et de l'union finale au Christ que célèbrent les scientistes chrétiens.

Lorsque j'étais étudiante et que mes amis me demandaient si j'étais baptisée, j'hésitais à leur répondre, parce qu'ils faisaient allusion à une cérémonie à laquelle je n'avais pas participé. Aujourd'hui, quand une personne me pose la même question, je réponds par un oui catégorique. Oui, je reconnais en Jésus le Christ, le Fils du Dieu vivant, et je me suis engagée à faire tout mon possible pour vivre conformément au Christ. Si mes amis veulent savoir ce qu'il en est du baptême dans l'Église de la Christian Science, je réponds que nous le pratiquons effectivement, mais sans faire usage d'eau.

Il arrive qu'on me demande: « Comment savez-vous que vous êtes baptisés s'il n'y a aucun rituel ? » Je réponds que notre vie témoigne de la sincérité de notre engagement et de notre transformation. Et nous pouvons tous recevoir ce don incomparable de Dieu avec les bienfaits qui l'accompagnent.

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(Mary Baker Eddy, La Première Eglise du Christ, Scientiste, et Miscellanées, p. 353)

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