Skip to main content Skip to search Skip to header Skip to footer

Les deux jardins

Tiré du Héraut de la Science Chrétienne d’novembre 1977


On trouve dans la Bible deux récits où il est question de jardins, l'un étant mythique, l'autre ayant eu une réalité historique. Avec le jardin d'Éden du premier livre de l'Ancien Testament, nous voyons pour la première fois s'affirmer la fable d'une volonté mortelle. Dans le jardin de Gethsémané du Nouveau Testament, nous assistons à la lutte la plus prodigieuse, la plus terrible de toute l'histoire de l'humanité, contre le magnétisme exercé par cette force de volonté mortelle, mythologique et imbue de soi-même.

A la suite de la description divinement inspirée de la création spirituelle donnée au premier chapitre de la Genèse, où Dieu, le Principe créateur, est présenté comme le créateur de tout, faisant l'homme à Sa propre image, et créant tout bon, on trouve une tentative d'explication de l'existence mortelle dans laquelle une conception mortelle du créateur connaissant et voulant à la fois le bien et le mal, forme l'homme qu'il crée de la substance de la poussière, cet homme trouvant sa plénitude dans un être semblable également fait de cette même substance.

Nous nous trouvons là devant un double contraste, entre les deux jardins, Éden et Gethsémané, et entre les deux récits bibliques de la création, le mortel et le spirituel.

Combien il est vital pour chacun de nous de comprendre la vraie nature de l'homme ! Une telle compréhension constitue la base même de la connaissance de soi, qui a été de tout temps un besoin fondamental pour chaque être humain. Peut-être n'a-t-on jamais été aussi conscient de ce besoin qu'à notre époque. Il est nécessaire que nous nous connaissions nous-mêmes avant de pouvoir être nous-mêmes et accomplir notre raison d'être.

La Science du christianisme que Christ Jésus a enseignée et démontrée nous met à même de pouvoir distinguer entre le spirituel et le mortel, et de trouver ainsi la clé d'une connaissance scientifique de soi-même et de comprendre comment y parvenir nous aussi. L'Évangile de Jean dit à propos du maître Chrétien: « A tous ceux qui l'ont reçue [la lumière], à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu. » Jean 1:12, 13; A mesure que nous acceptons individuellement Christ Jésus pour notre Guide, nous sommes conduits à reconnaître et à démontrer notre filialité spirituelle.

Il en découle que nous nous connaissons nous-mêmes d'abord en arrivant à percevoir que l'homme est le fils, le rejeton ou l'œuvre de Dieu, dont il est la ressemblance spirituelle; ensuite en reconnaissant comme faux et bon à être rejeté le sens mortel du moi, négatif et voué à souffrir parce que né de la volonté et des désirs de la chair. Tout au long de la Bible, le sens mortel de l'être est lié au rêve adamique, et le mortel à celui qui rêve, comme dans les paroles familières d'Ésaïe: « Cessez de vous confier en l'homme, dans les narines duquel il n'y a qu'un souffle: car de quelle valeur est-il ? » Ésaïe 2:22;

Comment s'y prendre pour effacer ces témoignages de la mortalité qui ne sont que des rêves, et pour démontrer notre filialité spirituelle ?

Divinement, l'unité scientifique entre Dieu et l'homme, entre Père et fils, existe, elle est le fait; humainement cette unité doit être démontrée. Parce qu'elle est, nous pouvons la démontrer !

Pratiquer notre unité avec Dieu dans la vie journalière, c'est démontrer Dieu, notre Principe divin, c'est démontrer notre coïncidence avec notre source divine. La coïncidence implique une correspondance de nature et de caractère. Donc, là où il paraît y avoir un mortel qui lutte, il y a le fils de Dieu, qui correspond en nature et en caractère à sa source divine. Dans le livre d'étude de la Science Chrétienne, Science et Santé, Mrs. Eddy nous dit: « L'unité scientifique qui existe entre Dieu et l'homme doit être démontrée dans la pratique de la vie, et la volonté de Dieu doit être faite universellement. » Science et Santé, p. 202;

Y aurait-il une autre volonté que la volonté de Dieu ? Nous répondons peut-être sans hésiter: « Non ! » Mais par contre, qu'il y ait une prétendue volonté en dehors de la volonté divine, nous en avons parfaitement conscience. Cette prétendue volonté mortelle correspond à l'auto-affirmation d'un faux ego, d'un faux sens du moi qui proclame avec arrogance: « C'est moi, et il faut tenir compte de moi ! » Nous reconnaissons tous sa protestation familière: « Je veux ce que je veux, et quand je le veux ! » Ce « moi » est de toute évidence la volonté humaine, plus précisément la volonté mortelle, le faux sens personnel du moi et il est bien vrai que l'on doit compter avec lui ! Ici encore les paroles de Mrs. Eddy énoncent le fait: « C'est contre la force de volonté mortelle qui veut s'imposer que vous devez vous garder. » Miscellaneous Writings, p. 281;

Cela nous fait voir quelles sont les leçons à apprendre des deux jardins. Dans le premier jardin, nous assistons à la désobéissance à la volonté de Dieu, dans le second à l'obéissance à cette même volonté. Dans le premier, il y a faiblesse, dans le second, force divine. Éve s'est complue à satisfaire le sens personnel. Pour Jésus, sa nourriture était de faire la volonté de son Père (voir Jean 4:34). Adam et Éve mangèrent le fruit défendu de l'arbre mythologique de la connaissance du bien et du mal; Jésus connaissait son Père, Dieu, comme étant la Vie.

Les deux mortels bernés du jardin mythique s'attirèrent la malédiction par laquelle ils en furent chassés après avoir été dépouillés, pour aller chercher au dehors ce que dans son unité avec Dieu l'homme a déjà en lui. Jésus a pris consciemment possession de ce dont l'homme ne peut être dépossédé — de son unité avec son Père-Mère Dieu. Ce qui avait été confisqué dans le premier jardin fut restitué humainement dans le second. La première suite d'événements impliquait une idée de séparation; la seconde démontrait l'unité. La première illustrait la domination de la volonté mortelle; la seconde démontrait la maîtrise de la volonté divine. La première dépeignait un mortel déchu; la seconde aboutissait à un Sauveur ressuscité. La première se terminait avec le pécheur Adam et sa descendance; la seconde révélait l'idée-Christ de la filialité divine.

A Gethsémané notre Maître béni accomplissait son propre salut, nous montrant en même temps, et en tant que notre Guide, le chemin afin de démontrer notre unité avec Dieu. Le Christ, l'idée de la filialité divine de l'homme, était l'individualité spirituelle de Christ Jésus; ainsi le fait spirituel absolu est la véritable individualité, ou nature divine, de chacun de nous dès à présent. Quand nous le comprenons, cela nous confère la maîtrise sur ce qui est mortel et vulnérable. Le divin est la seule réalité. Il n'y a pas en fait de « moi » mortel, pas de volonté mortelle voulant s'imposer. En voyant cela et en refusant de nous identifier nous-mêmes comme étant dans la chair, nous démontrons la maîtrise que Dieu nous donne sur les croyances de la chair.

Qu'est-ce qui est requis de nous dans la démonstration de notre pouvoir sur la volonté de la chair ou sens mortel du moi ? Ce qui est nécessaire, c'est la spiritualisation de la pensée. C'est le processus d'affinage par lequel le divin affirme son ascendant sur le mortel dans la nature humaine. C'est mettre nos pensées en accord avec la Vérité — avec le réel, et rejeter le mortel, l'irréel. L'homme n'est pas le produit, l'outil ou la victime de la volonté mortelle, mais le résultat de la volonté divine. Les qualités caractérisant la nature divine constituent les éléments de la volonté divine. Les caractéristiques du sens personnel, tel l'égoïsme, l'orgueil, la crainte, l'envie, la haine, sont les composantes de la volonté mortelle. La spiritualisation de la pensée, par conséquent, consiste à surmonter sans relâche ce qui prétend être des sentiments et des défauts mortels en revendiquant les qualités de notre nature divine et en les mettant en œuvre. C'est la condition préalable à la compréhension de notre moi réel qui nous met à même d'être en toute circonstance ce que nous sommes et de remplir ainsi notre rôle individuel.

Dans le domaine spirituel, il n'existe bien entendu pas de défis. Chaque individu étant complet dans son unité avec Dieu, quand nous avons à faire face à quelque chose, ce n'est jamais par l'acquisition de ce que nous ne posséderions pas déjà. Par contre nous avons à prendre possession de la force venant de Dieu, qui est déjà en nous. Cela veut dire de rester purs quand nous serions tentés d'être impurs, de conserver notre intégrité quand nous sommes tentés d'être malhonnêtes ou de transiger avec notre conscience, d'aimer quand nous sommes tentés de ressentir de l'envie ou de la haine, d'avoir du courage quand nous sommes tentés d'éprouver de la crainte. Nous prenons possession de nos ressources spirituelles principalement dans la communion avec Dieu, comme le faisait Jésus au cours des heures innombrables qu'il passa avec son Père, à l'écart. En faisant nôtre sa prière et en vivant cette prière, nous développons en nous de la vigueur mentale et de l'endurance spirituelle.

Mrs. Eddy, dont l'existence prouve qu'elle avait su surmonter les épreuves de Gethsémané, nous donne un nouvel aperçu de la nature de la prière de Jésus quand elle écrit: « Lorsque l'élément humain en lui luttait avec le divin, notre grand Maître dit: “Que Ta volonté soit faite, et non la mienne !” — c'est-à-dire: Que l'Esprit, non la chair, soit représenté en moi. » Science et Santé, p. 33.

Dans la mesure où nous vivrons cette prière, nous atteindrons à notre unité scientifique avec Dieu et nous recueillerons les fruits de cette unité. Nous verrons que, la volonté de Dieu étant la seule volonté, Sa volonté est la nôtre.

Le magnétisme animal — la croyance en un entendement ou une vie en dehors de Dieu — affronté par l'idée-Christ à Gethsémané, fit ressortir chez les disciples leur faiblesse mortelle. Chez Jésus le même affrontement suscita une force divine. Les disciples se laissèrent submerger par l'apathie; Jésus aimait assez pour vaincre l'apathie.

Jésus savait qu'il était le Fils bien-aimé de son divin Père, subordonné à la volonté divine. Comme il savait que Dieu est l'unique Dieu, la seule Vie, le seul Entendement et par conséquent sa propre Vie et son propre Entendement, en toute humilité il revendiqua et démontra l'Entendement qui ne pouvait être mesmérisé, la Vie qui ne pouvait être détruite, l'Amour qui était invincible.

Une expérience révélatrice qui s'est produite il y a plusieurs années m'a rendu ces idées très nettes. Un matin où je m'étais réveillée bien avant l'aube, je songeais, encore couchée, à ce qu'est la situation dans le monde aujourd'hui, à la responsabilité incombant à l'Église du Christ, Scientiste, et à ses membres, au défi qui leur est lancé, ainsi qu'au rôle qui me revenait dans tout cela et à la manière dont je m'en acquittais. La pensée qui me vint fut: « Mais c'est par un Gethsémané que l'humanité est en train de passer ! » Comme je l'avais déjà souvent fait, je me représentais à nouveau la scène de ce combat spirituel mémorable, avec les disciples endormis de chagrin, et je me comparais catégoriquement à Pierre, à Jacques et à Jean, dépassés par les événements. Soudain il me vint une idée qui me fit redresser d'un seul coup: « Qui donc aujourd'hui occupe la place du Maître en lutte ? Qui donc aujourd'hui a la responsabilité de porter témoignage du Christ, d'accomplir la volonté et le dessein de Dieu ? » La réponse me vint ainsi: « Mais c'est toi ! »

Il est bien évident que personne ne saurait prendre dans l'histoire humaine la place revenant au Guide bien-aimé de l'humanité; mais ceux qui ont acquis en le suivant une compréhension démontrable du Christ, de la filialité spirituelle de l'homme, ont un but tout tracé devant eux. La responsabilité d'un disciple est liée à la reconnaissance de cette filialité.

Jésus a dû, dans un certain sens, faire l'expérience de bien des Gethsémané, des crucifixions, des résurrections et des ascensions de moindre importance qui le préparèrent au Gethsémané final, à la dernière crucifixion, à sa résurrection et à son ascension ultimes. Nous aussi, à chaque instant, nous avons à décider si nous laisserons la chair — le sens mortel — ou bien la nature et la volonté divines s'exprimer par nous. Dans toute vie d'homme il y a des Gethsémané, des combats décisifs pour faire un choix entre nous identifier au « moi » mortel qui cause sa propre perte et n'a d'autre autorité que la sienne, ou bien laisser la volonté du grand Je suis s'affirmer à travers nous; quand nous faisons un choix entre la faiblesse propre au mortel et la force du divin, entre l'esclavage de la chair et la maîtrise sur la chair, quand nous choisissons entre le plaisir d'un moment et la joie éternelle et satisfaisante que rien ne peut entamer.

Nous devrions toujours nous rappeler que le serpent du sens mortel est incapable de réaliser une seule de ses promesses, tandis que le sens spirituel, le sens divin, nous ouvre les yeux sur le fait que nous possédons maintenant tout ce qui est bon par suite de notre unité avec notre divin Père. Telle est Sa volonté pour chacun de Ses fils.

ACCÉDEZ À DES ARTICLES AUSSI INTÉRESSANTS QUE CELUI-CI !

Bienvenue sur Héraut-Online, le site du Héraut de la Science Chrétienne. Nous espérons que vous apprécierez l’article qui vous est envoyé.

Pour avoir le plein accès aux contenus du Héraut, activez le compte personnel qui est associé à tout abonnement au Héraut papier ou abonnez-vous à JSH-Online dès aujourd’hui !

More in this issue / novembre 1977

La mission du Héraut

« ... proclamer l’activité et l’accessibilité universelles de la Vérité toujours disponible... »

(Mary Baker Eddy, La Première Eglise du Christ, Scientiste, et Miscellanées, p. 353)

En savoir plus sur le Héraut et sa mission.