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L'art apporte la plénitude

Tiré du Héraut de la Science Chrétienne d’décembre 1968


Il y a trois moyens de participer à toute activité artistique, soit en créateur, soit en interprète, soit en spectateur; ou bien alors combiner, dans une certaine mesure, ces trois moyens. Humainement parlant, il existe toute une gamme d'arts différents, depuis celui qu'occupent les émotions temporelles de l'entendement charnel, jusqu'à l'inspiration éternelle de l'Entendement divin, Dieu Lui-même.

Atteindre à la plénitude c'est « accomplir ou manifester pleinement ». Quelque atrayants qu'ils puissent provisoirement paraître, ce n'est pas au moyen des éléments de l'entendement charnel que l'on arrive à la plénitude. L'art basé sur l'entendement charnel est de nature temporelle et n'amène aucun sens de satisfaction durable, ni à l'artiste ni au spectateur.

Quand on arrive à manifester au plus haut degré possible les qualités divines, alors on atteint à la vraie plénitude. On n'arrive donc pas à la satisfaction totale si on néglige ces qualités artistiques qu'inclut l'être de Dieu, ces attributs de l'Ame, synonyme de Dieu.

On peut penser à l'Ame comme étant l'aspect artistique de Dieu. L'Ame nous donne le vrai sens de l'identité de l'homme, voire, de tout ce qui est utile et beau. Si nous essayons de mieux comprendre les arts en tant que créateur, interprète ou spectateur, il va de soi que nous ne pouvons guère ni reconnaître ni exprimer des qualités dont nous ne sommes pas conscients. Puisque notre Père céleste est également notre Entendement infini, nous sommes à même de trouver tout ce qui nous est nécessaire comme expression artistique dans cette conscience dont nous sommes divinement doués. L'homme véritable, le véritable vous et moi, manifeste actuellement le caractère infini des attributs artistiques de l'Ame. Cependant, au point de vue humain, nous n'exprimons ces attributs de l'Ame que dans la mesure où nous en sommes conscients.

Au cours de nos recherches, en vue d'arriver à un degré d'excellence artistique, nous devons, dès le début, faire la distinction entre les sens et l'Ame, entre les erreurs de l'entendement charnel ou sens physiques d'une part, et les vérités qu'exprime l'Entendement divin de l'autre, vérités que l'homme saisit grâce au sens spirituel. Dans son livre Unité du Bien Mrs. Eddy nous donne un aperçu de la nature faussement séduisante de l'art quand il ne reflète en fait aucun des attributs de l'Ame, en dépit du charme apparent de sa forme: « Les sens, non Dieu, l'Ame, créent la nature de la beauté du mal aussi bien que les prétendus modes de la matière consciente en soi qui présentent le mensonge sous l'apparence de la beauté. » Un., p. 52;

Sur la route qui va du sens à l'Ame, à mesure que nous comprenons et que nous exprimons mieux les qualités divines, nous voyons que nous portons moins d'intérêt au voile de beauté dont le mal est paré et que nous en portons davantage à l'expression de l'éternelle beauté de Dieu, le bien. Notre étude de la Science Chrétienne mettra, dans notre conscience, ces qualités de l'Ame en lumière. Il n'y a pas de moyen meilleur ou plus rapide pour en apprendre davantage sur les attributs de l'Ame que de se servir des Concordances des écrits de Mrs. Eddy. En découvrant ce que la Science Chrétienne explique au sujet de l'Ame, de nombreux attributs divins qui accompagnent toutes les formes de grand art seront mis en lumière.

Voici une liste de certains termes dont Mrs. Eddy se sert, ajoutés à d'autres mots du même genre, que l'auteur de cet article a trouvé très utiles pour une telle étude:

Forme: qualité, identité, disposition, symétrie; héroïque.

Substance: quantité, poids, masse, solidité, intégralité, caractère tangible; permanent.

Contour: tracé, grâce, délicatesse, description, phrase.

Couleur: spectre, coloris, nuance ou teinte, contraste ou mélange, illumination, fraîcheur, chaleur.

Rythme: impulsion, répétition régulière, accent.

Harmonie: combinaison de notes ou de couleurs; rapport des formes et des masses en peinture, architecture, musique et danse; fondement de la musique.

Mélodie: ligne mélodique ou voix, qui est parfois manifeste dans un ballet ou en dansant; la superstructure de la musique.

Expression: action, liberté, spontanéité, improvisation, mouvement, éloquence, précision; dynamique, attrait.

Inspiration: ferveur, bonheur, gloire, rayonnement, sublimité, merveille, joie.

Beauté: élévation de l'âme ou de l'esprit, attirance, charme, splendeur, printemps, renouveau, verdure éternelle, soleil, fraîcheur, goût; enchanteur.

Équilibre: symétrie, proportion, stabilité, dignité, élégance; plastique.

Pureté: innocence, indépendance morale, paix, essence, sainteté, perfection.

En cherchant à élargir la compréhension qu'il a des attributs artistiques de l'Ame tout étudiant de la Science Chrétienne entreprenant peut allonger cette liste considérablement. La plupart de ces termes se réfèrent au domaine du spirituel, de l'éternel. Ils représentent des qualités permanentes. Les créations artistiques qui incarnent ces qualités spirituelles constituent des œuvres d'art durables. Elles ne sont point de ces œuvres éphémères qui disparaissent avec leur temps mais s'élèvent et demeurent bien au-delà de cette époque qui les a vu naître.

C'est du niveau de l'inspiration que dépend la grandeur de l'art. Tout chef-d'œuvre incarne davantage que ne le fait une œuvre moindre les qualités éternelles de l'Ame. Mais aucune œuvre d'art ne peut dépasser le niveau de l'inspiration de l'artiste qui la crée. Par conséquent l'artiste qui cherche l'inspiration divine doit s'astreindre à trouver la consommation de son art en manifestant les qualités de l'Ame qui sont déjà présentes en sa conscience véritable.

Ce qui est vrai quand on pratique ou que l'on excelle en tel art est également vrai de tous les autres; on en compte sept: la peinture (ou dessin), la sculpture, l'architecture, la poésie (ou littérature), la musique, la chorégraphie et le théâtre (scène ou film). Que ce soit en qualité de créateur, d'exécutant ou d'amateur, dans la mesure où nous manifestons sciemment les qualités de l'Ame à un degré supérieur, nous élevons l'art de notre choix. Nous ne sommes pas tous appelés à être des créateurs artistiques puisque, comme l'indique Paul, « il y a diversité de dons ». I Cor. 12:4; Mais nous pouvons en tout cas manifester nos qualités de l'Ame en tant que collectionneurs ou amateurs.

Le goût est une qualité de l'Ame; c'est en vérité l'un des sens de l'Ame. Humainement parlant, avoir du goût, c'est savoir choisir; et nous aurons meilleur goût en matière d'art quand nos idées sur la beauté de l'Ame se seront affinées. Mrs. Eddy résume tout cela en déclarant: « A mesure que nos idées concernant la Divinité deviennent plus spirituelles, nous les exprimons par des objets plus beaux » L'idée que les hommes se font de Dieu, p. 14;

Le style est la manière particulière dont l'artiste manifeste son art. En un sens, son style, c'est sa marque. On reconnaît immédiatement la plupart des grands artistes à leur style. Cependant, il arrive souvent qu'un artiste, avant d'arriver à trouver son propre style, passe des années à chercher, à imiter, à tâtonner.

En Science Chrétienne, quand un artiste créateur comprend mieux sa véritable nature en tant qu'expression individuelle de l'unique Entendement, cette période peut être abrégée. Puisque l'Ame infinie, unique, s'exprime en individualité infinie, chaque enfant de Dieu a un caractère en propre qui est unique, un style, si l'on peut dire, dont il n'existera jamais un deuxième exemplaire. L'artiste à la recherche de l'inspiration de manière à exprimer son individualité particulière est à même de se dispenser d'années de tâtonnements humains et il pourra promptement mettre en lumière le style qui lui est propre.

Il verra aussi que son éducation artistique peut être écourtée dans la mesure où il comprend que l'Entendement infini et unique, le seul véritable Entendement de l'homme, sait déjà tout ce qu'il faut savoir vraiment au sujet de l'art. Christ Jésus avait certainement réussi à écourter les différentes phases de son éducation; en quelques années il était arrivé à la pleine expression de son individualité. Comme disaient un jour les gens qui l'entouraient: « Comment connaît-il les Écritures, lui qui n'a point étudié ? » Jean 7:15; Au cours d'une interview, Walt Whitman fit une fois une déclaration remarquable à propos de Christ Jésus: « Jésus, dit-il, a exprimé sa propre individualité peut-être davantage que n'importe qui: c'est pourquoi il exerce une influence plus considérable que quiconque. » Complete Writings of Elbert Hubbard, vol. 1, p. 271;

Pour l'artiste créateur qui est Scientiste Chrétien, nul besoin de se détourner de ce qu'on pourrait appeler, en terminologie artistique, le conflit dramatique; nul besoin d'essayer d'éviter ce heurt de forces intérieures et extérieures qui fournit à toute œuvre son thème particulier, son caractère. Le conflit dramatique représente, d'une manière générale, les forces du bien face à celles du mal, la moralité devant l'immoralité, la spiritualité opposée à l'animalité, à la matérialité.

Faire des efforts continuels afin d'éviter le conflit dramatique aurait tendance à priver l'œuvre artistique de sa force morale et spirituelle, de la valeur qu'elle aura pour instruire et élever la conscience humaine. L'artiste devrait être prêt à montrer les aspects changeants et les points faibles du cœur humain, tout en dépeignant la souveraineté morale et spirituelle qui s'exerce sur eux; lecteurs, spectateurs, auditeurs s'en trouveraient par là instruits, élevés, inspirés. L'art consommé, c'est l'expression de la coïncidence de l'humain et du divin où l'on comprend que la divinité embrasse l'humanité.

La vie des très grands compositeurs tels que Bach, Mozart, Beethoven, Brahms a amplement fourni la preuve qu'ils estimaient que Dieu Lui-même était la source de leur inspiration. Ils n'ont pas commis l'erreur de faire de leur art une religion ainsi que de nombreux artistes l'ont fait et le font encore. Certains d'entre eux sont arrivés à un énorme succès en embrassant leur art comme s'il s'agissait d'une religion; mais dans la mesure où ils ont dédaigné le Premier Commandement: « Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face », Ex. 20:3; l'expression de leur art s'en est trouvée amoindrie, car il témoigne davantage du temporel que de l'éternel. Et s'ils estiment être des auteurs personnels, des créateurs indépendants, ils risquent alors de se voir tout à fait privés de la source divine d'inspiration.

Le Scientiste Chrétien qui est un artiste créateur, ne devrait pas oublier qu'il est avant tout un Scientiste Chrétien. Dans la mesure où il ressent son intimité avec le Père, il apprend que jamais il ne peut être séparé de l'inspiration que son Père infini, l'Entendement, lui communique sans cesse. Il peut travailler en partant du même point de vue que celui de Christ Jésus qui déclara: « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; et le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les œuvres. » Jean 14:10;

Il y a, de nos jours, de plus en plus d'étudiants de la Science Chrétienne qui récoltent un vif succès dans le domaine des arts. Un jeune pianiste avait participé trois fois au concours le plus important des États-Unis et trois fois il avait été refusé. La plupart de ses amis lui déconseillèrent d'essayer une quatrième fois, le mettant en garde contre un nouveau refus qui pourrait porter définitivement préjudice à sa carrière artistique.

Il pria afin d'être guidé et sentit qu'il devait continuer. Alors qu'il travaillait en Science Chrétienne juste avant l'audition finale avec orchestre, cette pensée lui vint: « Dieu est le grand exécutant et l'homme, la grande œuvre qu'il exécute. » Avec cela en pensée, il traversa la scène et se mit au piano, sans penser à lui-même en tant qu'exécutant humain: et il joua sans contrainte, et avec autorité. Ayant obtenu le premier prix, il partit bientôt à l'étranger, et là, il remporta également le premier prix au concours de piano le plus important d'Europe occidentale. Il était lancé; et, depuis, sa carrière n'a été qu'une suite de succès.

Serge Prokofiev, le plus grand compositeur soviétique du siècle, utilisa certaines des vérités qu'il avait apprises en Science Chrétienne pour l'aider à trouver les directives et l'inspiration créatrices. En 1959, on a trouvé les lignes suivantes écrites de sa propre main, parmi certains papiers qu'il avait laissés à Paris: « Puisque je suis l'effet de la grande et unique Cause, j'ignore tout ce qui ne provient pas de cette Cause... Je suis l'image de l'Entendement; voilà qui m'amène constamment à exprimer des pensées inspirées... Puisque je suis l'expression de l'Ame, je ressens le besoin d'exprimer la beauté. » Prokofiev par Claude Samuel, Editions du Seuil, Paris, France, p. 128;

Grâce aux qualités de l'Ame qu'il exprime, l'artiste créateur ou l'exécutant qui atteint à la plénitude, apportera la guérison au moyen de son art. Ce devrait être là son aspiration majeure. A différentes reprises, je me suis vu guéri de troubles physiques, en assistant à un récital de chant donné par un artiste de la plus haute distinction. Mrs. Eddy désigne le chemin quand elle nous dit: « En Science Chrétienne, l'art consommé, c'est d'être un Scientiste Chrétien; et pour cet art, il faut être plus qu'un Raphaël. » Miscellaneous Writings, p. 375.

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(Mary Baker Eddy, La Première Eglise du Christ, Scientiste, et Miscellanées, p. 353)

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