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« L’odeur du feu »

Du Héraut de la Science Chrétienne. Publié en ligne - 9 juillet 2014

Publié à l’origine dans le Christian Science Journal de mars 1920.


Il n’existe peut-être pas de récit plus cher au cœur des scientistes chrétiens que celui de la délivrance des trois jeunes Hébreux jetés dans la fournaise ardente sur l’ordre de Nebucadnetsar. Si nombreux sont ceux qui connaissent cette histoire, y compris les lecteurs occasionnels de la Bible, qu’il n’est pas nécessaire de la rappeler ici. Elle comporte cependant un point qui, même s’il est souvent remarqué, a particulièrement intéressé un scientiste chrétien récemment : après que Schadrac, Méschac et Abed-Nego furent libérés, non seulement leurs vêtements n’avaient pas été endommagés, leurs cheveux n’avaient pas brûlé, mais même « l’odeur du feu ne les avait pas atteints ». 

« L’odeur du feu » ! Pour ceux qui s’efforcent de comprendre les Ecritures dans leur signification et leur portée spirituelles véritables, il y a là matière à réflexion. En effet, que signifie, d’un point de vue métaphysique, l’odeur du feu ? N’est-ce pas le souvenir que l’on en a, son âpreté, la rancœur que l’on en garde ? « L’odeur du feu » symbolise l’admission de la réalité d’un mal antérieur. Cela signifie que le mal a une histoire et que même si le feu est maintenant éteint, il a existé à un moment donné, et que nous étions dans le brasier. Ce dernier argument semble s’attacher avec tant d’insistance à la conscience que l’odeur de la fumée suit pendant des années ceux d’entre nous qui ont été au beau milieu des flammes ! En pareil cas, peut-on dire qu’à l’instar des trois anciens Hébreux, nous sommes sortis indemnes de l’épreuve ?

Ne permettons pas à l’erreur de s’attacher à nous sous quelque forme ou de quelque manière que ce soit. L’erreur prétend avoir eu, par le passé, une activité, une présence, un pouvoir, une cause, une intelligence et une loi, ce qui est faux et fallacieux ! Il faut considérer et traiter cette prétention uniquement comme un effort ultime et désespéré de la part de l’erreur, quand toutes ses autres tentatives ont échoué, pour se perpétuer en tant qu’une croyance à un souvenir. Refusons de lui donner vie, même sous cette dernière forme. Refusons d’admettre que le mal ait jamais eu un commencement ou une fin. Refusons d’admettre qu’il ait jamais existé, ne serait-ce qu’un seul malheureux instant. Bien entendu, cela ne signifie pas qu’il faut éviter d’exprimer notre sincère gratitude d’avoir été délivrés de cette croyance quand il le fallait et là où il le fallait, ni de venir en aide à une personne qui se trouve peut-être dans la même situation. Mais cela souligne le fait que « l’odeur du feu » ne partira pas plus facilement de nos vêtements si nous en gardons le souvenir partout où nous allons, en en ressassant inutilement l’histoire dans notre cœur, en en parlant inconsidérément autour de nous et en paraissant prendre un vague plaisir à en relater des détails désagréables. Un tel comportement peut-il faire diminuer un peu plus chaque jour notre croyance au mal ?

Dans cette guerre qui est entièrement spirituelle, il ne devrait pas y avoir d’ancien combattant blessé qui attire l’attention sur ses cicatrices avec fierté, pour la bonne raison que, si le combat a été bien mené, il n’y a aucune cicatrice à montrer. « Les épreuves font voir la sollicitude de Dieu », peut-on lire dans Science et Santé avec la Clef des Ecritures de Mary Baker Eddy (p. 66). Effectivement, il n’est pas conforme à la nature de l’Amour qu’au moment même où il nous donne la preuve de sa tendre sollicitude, l’empreinte de la souffrance passée se grave à jamais en nous. Les voies de Dieu sont sans douleur, aisées, douces et naturelles. C’est notre refus de tirer les leçons, ô combien nécessaires, de l’expérience qui entraîne toute souffrance. Les petits enfants ne vont pas souffrir ni être marqués à vie sous prétexte qu’ils vont passer du stade préscolaire à celui où ils apprennent à lire. Refusons d’être des scientistes chrétiens couverts de cicatrices. Nous n’avons aucune raison de l’être. Soyons simplement des scientistes chrétiens qui ont tiré les leçons d’une expérience vécue et ont pu s’élever davantage grâce à elle.

Ce qui toutefois entretient le plus souvent « l’odeur du feu », c’est l’apitoiement sur soi. Nous nous plaignons de ce qui nous est arrivé, oubliant que nous incitons ainsi les autres à s’apitoyer sur notre sort, puisqu’il est rare de ne pas récolter ce que nous avons semé. Jésus dit : « Le prince du monde vient. Il n’a rien en moi. » Lorsque « le prince du monde » se présente à la porte de la conscience humaine, il ne peut s’y frayer un chemin si rien ne l’y invite. Il aura beau revenir sans cesse, s’il ne trouve aucun écho, il ne tardera pas à se lasser. Le temps durant lequel les faussetés les plus assidues frappent à une porte verrouillée en prévision de leurs assauts, n’est pas illimité. Alors faisons en sorte de lasser l’erreur, au lieu de nous faire avoir à l’usure !

Quant à la pitié des autres à notre égard, il n’existe presque rien nous rendant plus tristement apathiques que le mesmérisme de la sympathie. La sympathie humaine tend à étrangler sa victime dans les anneaux de python de ce qu’elle appelle effrontément « amour ». Sous son influence, même ce sentiment pur et saint qu’est l’« amour maternel » a parfois été travesti en ce qu’il serait plus juste d’appeler de l’« amour étouffant ». Et pourtant, on s’y laisse souvent prendre à son insu, car cette phase du mal – celui qui se présente au nom du bien – semble plus difficile à déceler, et il fait baisser la garde aux scientistes chrétiens plus rapidement que toute autre chose. Le mal qui vient au nom du mal combat à visage découvert. Nous le voyons sous toutes ses facettes hideuses, nous le reconnaissons pour ce qu’il est, et nous agissons en conséquence. Mais le mal qui vient au nom du bien porte l’uniforme du ciel, se présente à la sentinelle dans cet accoutrement volé, donne le mot de passe « amour » et se glisse dans le camp incognito.

L’un des meilleurs antidotes à l’apitoiement sur soi, si jamais on risque de s’y laisser aller, est donné par notre Leader dans Ecrits divers : « … tu reconnaîtras que tu es uniquement l’enfant spirituel de Dieu, et tu reconnaîtras l’homme véritable et la femme véritable, “le mâle et la femelle”Bible anglaise tout harmonieux, comme étant d’origine spirituelle, le reflet de Dieu, donc comme enfants d’un seul et même Parent ; de ce fait et par là même, Père, Mère et enfant sont le Principe divin et l’idée divine, voire le “Nous” divin – un dans le bien, et le bien en Un. » (p. 18) A coup sûr, cet énoncé inspiré dépouille en un instant l’erreur de son déguisement, la laissant tremblante et honteuse devant la Vérité ; car une fois que nous avons reconnu notre identité et notre être véritables, que reste-t-il qui puisse faire pitié ou que l’on puisse plaindre ? L’enfant spirituel de Dieu est-il jamais un objet de commisération ? Sommes-nous mortels ou immortels ? Bien sûr, nous pouvons choisir de nous croire mortels. Personne ne nous en empêchera ; l’entendement mortel sera même ravi de nous encourager sur la voie de cette illusion. Cependant, ni cette fausse image de soi ni la fausse image que le monde a de nous ne pourront jamais changer un seul instant le fait éternel que « nous sommes maintenant les enfants de Dieu ».

Mais il n’y a pas que l’apitoiement sur soi qui contribue à entretenir « l’odeur du feu », et je veux parler là du sentiment qui pousse à se condamner soi-même. Chacun de ces sentiments est déjà à lui seul suffisamment fâcheux, mais lorsqu’on les cumule, comme c’est souvent le cas, autant retourner dans la fournaise ardente et y rester un peu plus longtemps, car la démonstration n’a pas été faite. Est-ce que cela vous semble décourageant ? Peut-être à première vue ; mais quand on professe « la vérité dans la charité », comme l’écrit si bien l’apôtre, nul ne peut s’en trouver plus mal pour avoir entendu cette vérité. Soyons vigilants à l’égard de l’erreur qui nous pousse à nous condamner. Comme sa complice, l’apitoiement sur soi, la condamnation de soi présuppose que le mal a une histoire et que nous en avons fait partie. La ruse consiste d’abord à nous faire admettre qu’il y a bien eu une fournaise ardente chauffée à notre intention « sept fois plus qu’il ne convenait de la chauffer ». Une fois cela établi, elle prétend que nous nous sommes trouvés à un moment dans cette fournaise, que nous en sommes finalement sortis, mais pas de façon aussi rapide, aussi gracieuse et aussi spectaculaire que nous aurions dû, ou que toute autre personne l’aurait fait à notre place.

Refusons d’accepter le moindre argument qui perpétue la croyance à un passé matériel. Commenter l’erreur après coup, c’est admettre tacitement qu’elle a existé à un moment donné. Pourquoi ne pas oublier « ce qui est en arrière », comme le recommande l’apôtre, et aller de l’avant ? Fermons la porte à la condamnation, de l’intérieur comme de l’extérieur. Ce que disent les autres à notre sujet a peu d’importance, pour autant que Dieu comprenne. A moins d’avoir été à nos côtés jusqu’au bout dans la fournaise, ceux qui nous critiquent ne sont pas en mesure de juger à quel point le feu était brûlant.

Ce serait merveilleux si tous ceux qui ont connu une épreuve difficile pouvaient en sortir indemnes, la tête haute, le regard brillant, avec un amour plus grand pour Dieu et pour l’homme, une gratitude plus profonde, une foi plus forte et une compassion plus grande envers tous ceux qui sont affaiblis et épuisés par leurs erreurs et leurs luttes ! Quelle bonne compagnie feraient ces cœurs purifiés, s’ils poursuivaient leur chemin en silence parmi nous, paisibles, ennoblis, châtiés, humbles, le visage encore rayonnant de la joie ressentie lors de la démonstration !

Sachant que notre Leader a écrit que « ceux-là seuls qui sont mis à l’épreuve dans la fournaise reflètent l’image de leur Père » (Ecrits divers, p. 278), ne devrions-nous pas nous rappeler de telles expériences en éprouvant uniquement de la gratitude ? Puisant dans les profondeurs de sa propre expérience, l’apôtre Pierre écrit : « Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez vous aussi dans la joie et dans l’allégresse… parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu repose sur vous. » (I Pierre 4:12, 13, 14)

« L’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu » ! Pour le recevoir, ne vaut-il pas la peine de supporter quelques tourments, voire un grand nombre, si nécessaire ? N’oublions jamais que c’est au beau milieu des flammes que les captifs des temps bibliques eurent la vision du Christ. Se trouvant dans une situation extrême, ils s’élevèrent à une hauteur mentale née de l’urgence de l’heure, et virent l’homme tel qu’il est réellement, c’est-à-dire spirituel, et non matériel ; ils perçurent cette vérité salutaire avec une telle intensité que, malgré son regard borné, Nebucadnetsar eut, en les apercevant, la même vision. « N’avons-nous pas jeté au milieu du feu trois hommes liés ? », s’écria-t-il avec stupéfaction. « Eh bien, je vois quatre hommes sans liens, qui marchent au milieu du feu, et qui n’ont point de mal ; et la figure du quatrième ressemble à celle du Fils de Dieu. » (Daniel 3:24, 25 ; d’après la version King James)

Cet aperçu céleste de la réalité divine, cette claire compréhension de l’homme tel qu’il est réellement, c’est-à-dire « le Fils de Dieu », s’acquiert moins souvent dans nos moments de confort que dans ces temps d’épreuve où le magnétisme animal semble mettre tout en œuvre pour détruire l’idée-Christ que nous défendons. Aussi réjouissons-nous, même si cette vision a été acquise à travers de grandes tribulations, car une fois que nous aurons entrevu « la figure du quatrième », nous ne pourrons jamais l’oublier, et nous ne retournerons jamais plus où nous étions avant d’en connaître la splendeur et la gloire. Le feu à présent éteint, les satrapes, les intendants, les gouverneurs, les conseillers s’en allèrent stupéfiés et furieux. Nebucadnetsar proclama publiquement qu’« il n’y a aucun autre dieu qui puisse délivrer comme lui », et ceux sur qui « le feu n’avait eu aucun pouvoir » retournèrent tranquillement à leurs affaires.

Si la démonstration a été parfaite, claire, permanente, incontestable, voici ce que dira tout naturellement celui qui vient d’être délivré, si on l’interroge sur ce qu’il a vécu (et s’il s’exprime en toute vérité et en toute sincérité, il saura avec certitude que même « l’odeur du feu » s’est dissipée) : « Etait-ce difficile ? Je ne sais pas. La vision était si belle que j’en ai oublié tout le reste. »

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(Mary Baker Eddy, La Première Eglise du Christ, Scientiste, et Miscellanées, p. 353)

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