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Revirements

Tiré du Héraut de la Science Chrétienne d’avril 1990


Lorsque Paul « vit la lumière » sur le chemin de Damas1, il connut ce que nous appellerions aujourd’hui un revirement. En très peu de temps, il renonça à son objectif principal, qui était de faire disparaître le christianisme, pour participer activement à sa croissance vigoureuse. Jusque-là, il avait fait ce qu’il pensait être bien, fondant le sens qu’il en avait sur son éducation religieuse de juif pharisien cultivé. Maintenant, ayant acquis un concept du bien radicalement différent, il renonçait aux opinions inculquées par l’éducation pour l’Entendement du Christ.

Mais Saul ne fut pas le seul à faire volte-face. La lumière qui l’aveugla temporairement était l’illumination soudaine de sa conscience par le Christ, la Vérité impartiale, qui, ainsi que le prouva Christ Jésus, détruit la maladie et le péché, et œuvre pour renverser toute forme d’asservissement qu’un sens matériel de l’existence tend à imposer à l’humanité. Et le Christ, la Vérité, qui amena Paul à accepter humblement un renouvellement de ses objectifs, dut également agir puissamment sur les chrétiens de son époque, renversant l’idée qu’ils s’étaient faite de Paul lorsqu’il les persécutait.

Divinement poussé à se rendre auprès de Saul, Ananias exprima d’abord de la répugnance, sentiment certainement partagé par la plupart de ses coreligionnaires. Trois jours plus tôt, Paul était un ennemi redouté du christianisme, résolu à capturer et à faire juger tous ceux qui suivaient les enseignements de Jésus. Ananias devait-il à présent secourir un homme qui avait causé tant de souffrances aux chrétiens et qui, selon toute apparence, risquait à tout moment de recommencer à les persécuter ? Mais changeant, lui aussi, radicalement d’opinion sous l’action du Christ impartial qu’il servait, Ananias alla docilement voir Saul, et celui-ci fut guéri de sa cécité. Par la suite, même la mésentente entre Saul et les chefs chrétiens fut également dissipée. Les chrétiens acceptèrent leur ancien ennemi, sous son nom de Paul, comme leur frère et le chef de la mission auprès des païens.

L’histoire de la conversion de Paul n’est pas seulement l’exemple spectaculaire du pouvoir qu’a le Christ de vaincre le pharisaïsme sur le plan individuel, mais elle contient également un important message sur la nature universelle du Christ. Élevant la pensée au-dessus des points de vue partisans qui semblent si naturels aux mortels, le Christ nous fait prendre de l’altitude: il nous conduit au véritable concept de l’homme, l’image et la ressemblance de Dieu, la Vérité et l’Amour divins. Un revirement suscité par le Christ — un rejet du sectarisme en obéissance aux exigences plus élevées de l’Amour universel — ne se limite ainsi jamais à la personne la plus directement touchée. La Vérité, acceptée et comprise, peut non seulement régénérer cette personne, mais également contribuer au réveil spirituel de ceux qui sont inclus dans le domaine de sa pensée, touchant même les nations ainsi que les générations à venir.

Le revirement de Paul apporta à l’humainté d’immenses bienfaits. Cédant docilement à une conception plus spirituelle du bien, il devint le missionnaire le plus efficace de son temps. Respirant la vigueur de cette vision inspirée, ses écrits et ses œuvres ont, tout au cours des siècles, exercé une influence puissante en faveur du bien.

Quel enseignement pouvons-nous tirer aujourd’hui de ce que Paul et ses compagnons chrétiens ont appris il y a si longtemps ? Dans un monde qui semble plus que jamais divisé par le sectarisme, le besoin de connaître le Christ, qui opère impartialement pour le bien de tous, est évident. Percevant l’incapacité des négociations humaines à résoudre à elles seules les différences d’opinions considérables, nombreux sont ceux qui, dans le monde entier, se tournent vers Dieu en prière pour connaître la paix; et leur attitude n’est guère différente de celle des premiers chrétiens qui ont certainement dû prier pour être délivrés des persécutions que leur valut le pharisaïsme qui animait Saul avant sa conversion.

La prière qui reconnaît le pouvoir qu’a le Créateur de maintenir la création en harmonie avec Sa loi universelle nous permet de comprendre que, selon les termes de Paul, « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein »  Rom. 8:28.. Mais la prière qui reconnaît la toute-puissance du Créateur doit également abandonner tout sectarisme afin de conformer l’existence humaine à la justice divine et reconnaître l’impartialité absolue de la loi divine, la Science divine.

Mary Baker Eddy écrit: « Les changements dans la croyance peuvent se succéder indéfiniment, mais ce ne sont là que les produits de la pensée humaine et non la conséquence naturelle de la Science divine. » Elle poursuit dans le paragraphe suivant: « En Science divine, où les prières sont mentales, tous peuvent se prévaloir de Dieu comme d’un “secours qui ne manque jamais dans la détresse”. L’Amour est impartial et universel dans son adaptation et dans ses dispensations. » Science et Santé, p. 12.

L’Amour infini, Dieu, ne mélange pas les points de vue corrects et les points de vue erronés. Pour être infini, Dieu ne peut qu’être unique. Il ne peut connaître et maintenir que Son propre point de vue: Sa connaissance absolue de la perfection de la création. Sa toute-puissance, appréciée et reconnue, chasse de l’existence humaine les manifestations erronées d’une séparation d’avec Dieu et Son harmonie universelle — manifestations que les mortels en sont venus, à tort, à croire réelles. La confiance absolue en la capacité qu’a cette véritable idée de la nature et du pouvoir de Dieu de se manifester apporte la guérison. Cette confiance affaiblit et finira par détruire le faux concept d’une réalité dans laquelle les choses ne « concourent [pas] au bien »: une « réalité » mortelle qui divise, oppose et résiste aux efforts entrepris en faveur de l’harmonie et de l’unité. Si le salut est individuel, une telle prière et la régénération qu’elle inspire provoque des revirements, en nous et chez les autres ainsi que chez les nations et les chefs d’État du monde entier — des revirements qui apporteront des changements justes, forçant le pharisaïsme à céder à la volonté de Dieu.

La mortalité est une image fausse et inversée de la réalité immortelle de Dieu. Mary Baker Eddy explique: « Dieu crée et gouverne l’univers, y compris l’homme. L’univers est rempli d’idées spirituelles que Dieu développe, et elles obéissent à l’Entendement qui les crée. » Elle poursuit plus loin: « Les mortels ne sont pas comme les immortels, créés à la propre image de Dieu; mais l’Esprit infini étant tout, la conscience mortelle cédera finalement au fait scientifique et disparaîtra, et le vrai sens de l’être, parfait et à jamais intact, apparaîtra. » Ibid., p. 295.

La régénération exige de nous bien des sacrifices à mesure que nous rejetons la mortalité pour l’immortalité. Mais assurément, aucun sacrifice n’a autant de valeur ni n’est aussi fécond que l’immolation de notre propre pharisaïsme: le renoncement à ces opinions purement humaines quant aux motivations, aux buts et aux désirs d’autrui, opinions qui peuvent paraître extrêmement justifiées mais être totalement fausses.

A mesure que les idées préconçues céderont en faveur du point de vue du Christ universel, la conscience purifiée contribuera à susciter ces revirements — ce renouvellement des conceptions et des buts spirituels — et les luttes nécessaires pour se réformer, qui réveillent progressivement l’humanité à la réalité spirituelle. Et à mesure que ce qui est parfait se manifestera, nous nous sentirons prêts à pardonner les erreurs et le sectarisme du passé — en nous aussi bien que chez les autres — et à encourager le développement régulier du caractère chrétien chez ceux que nous considérions autrefois comme nos ennemis.


Extrait d’une lettre écrite, en 1942, par une jeune femme juive victime de l’Holocauste:

« Ici, j’ai été forcée de comprendre à quel point le monde est rendu encore plus inhospitalier par chaque atome de haine qui s’y ajoute. Et je crois aussi, d’une façon puérile peut-être mais avec une ferme conviction, que notre planète ne redeviendra plus habitable que grâce à l’amour décrit par le juif Paul dans le treizième chapitre de la première épître qu’il adressait aux habitants de Corinthe. »

Extrait de Letters from Westerbork de Etty Hillesum, page 36. Reproduit avec l’autorisation de Pantheon Books, à Random House, Inc.

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(Mary Baker Eddy, La Première Eglise du Christ, Scientiste, et Miscellanées, p. 353)

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